J02 CHA
A Teglise, au concert, au tliéâtre, le clianteur exe'cute la partie destinée au genre de voix qu'il possède.
Parmi toutes les personnes qui se mêlent de chanter dans nos concerts et sur nos théâtres lyriques, on compte îjien peu de chanteurs.
Chanteuse , s. f. Ce mot est le féminin de cliantevr, selon l'Académie; il devrait par conséquent avoir la même signification : le vocabulaire musical la lui refuse, et ne permet de le prendre qu'en mauvaise part. La musicienne ambulante , qui mêle sa voix au bruit discordant de l'orgue de Barbarie , est une chanteuse ; celle qui parvient à fixer dans sa tête les airs de Grétry ou de Dalayrac , à force de les entendre racler par un aigre violon, est encore une chanteuse ; mais nous appelons ca72/«^rzc^« les personnes qui réunissent à une belle voix la doctrine musicale et la connaissance parfaite de l'art du chant.
Chantre , s. m. Ecclésiastique ou séculier qui }>orte alors l'habit ecclésiastique, appointé dans les < liapitres pour chanter le plain-chant dans les offices.
Chapeau chinois. {Voyez Pavillon chinois.)
Chapelle, s. f. Ce mot signifie plusieurs choses : 1° Le lieu de l'église où l'on exécute la musique; 2° Le corps même des musiciens qui exécutent cette musique; et, par extension , tous les musiciens qui sont gagés par im souverain , quand même ils n'exécutent jamais de musique dans les églises : c'est aussi de là que vient le terme de Maître de chapelle»
CHA. io3
Comme l'étymologin qu'on donne ordinairement au mot chapelle est assez singulière , nous la rapporterons ici.
Les rois de France et leurs généraux avalent coutume de porter avec eux , à la guerre , la cape de saint Martin de Tours, qui avait été soldat. Or, comme ils faisaient dire la messe dans la tente où l'on gardait cette cape, on appela cette tente ca pelle ou chapelle; ensuite on a donné ce nom à toutes les églises particulières que les grands seigneurs avaient dans leurs maisons, et enfin à tout ce qui ressortissait de ces églises ou chapelles.
Charge , s. f. Air militaire des trompettes , des fifres et des tambours , qu'on exécute quand l'armée est prête à charger l'ennemi. On dit sonner la charge pour les trompettes , battre la charge pour les tambours. Le mouvement de la charge est à deux temps très-vite ; les tambours en marquent le rbythme , en frappant sur chaque temps , et en voulant ensuite pendant quelques mesures.
Chasse, s. f. On donne ce nom à certains airs, à certaines fanfares de cors ou d'autres instrumens , dont la mesure, le rhythme, le mouvement rappellent les airs que ces mêmes cors donnent à la chasse.
On appelle aussi chasse une symphonie, une ouverture , dont les divers motifs sont des airs de chasse, et dont les effets tendent à imiter l'action d'une chasse; telle est l'ouverture du Jeune Henri, On donne aussi le caractère et le mouvement d une chasse à un chœur,
io4 CHE.
à un air : les opéras de Didon , des Bardes , roratorio des Saisons en fournissent la preuve. {^Voyez ToNS