‹ Dictionnaire de musique moderne (volume 2)Chapitre 48 sur 111 · CL A · texte numérisé non relu

CL A

Chrome. Ce mot vient du grec chroma et signifie couleur. En italien une croche se nomme crontà , parce qu'en la figure avec une blanche colorée, ( ^Oy, BiSCROME. )

Chronomètre. ( ^oj. Métronome. )

Circonvolution , s. f. Terme de plain - chant. C'est une sorte de piériélèse , qui se fait en insérant entre la pénultième et la dernière note de rinlonation d'une pièce de chant , trois autres notes ; savoir , une au-dessus et deux au-dessous de la dernière note , lesquelles se lient avec elle et forment un contour de tierce avant que d'y arriver : comme si vous avez ces trois notes mi fa mi pour terminer l'intonation , vous y interpolerez par circonvolution ces trois autres fa ré ré , et vous aurez alors votre intonation terminée de cette sorte , 7ni fa fa ré ré mi , etc. ( Ployez PériélÈse. )

Clairon , Clarino , s. m. C'est le même instrument que la trompette. ( P^oy, Trompette. )

Dans le st^de poétique on appelle clairon tout instrument à embouchure propre à exciter l'ardeur belliqueuse des soldats. Mais il faut bien se garder de donner ce nom à la petite claîrinelte en fa ou en mi, le clairon n'ayant rien de commun aVec cet instrument.

Clairon , jeu d'ergue de la ck$sé des jeux d'anches ; il est d'étain , et sonne l'octave de celui de trompette avec lequel il a de grands rapports.

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Clarinette , s. f. lustrumcul de musique à vent, à bec et à anche.

La clarinette a été inventée à Nuremberg il y a environ cent ans. C'est de tous les instrumens à vent celui dont Tinvention est la plus récente : aussi sa structure n'a-t-elle pas atteint toute la perfection que l'on remarque dans la llûte , le hautbois et le basson. Les principaux vices de cet instrument conslster.t en ce que le son change de caractère et de timbre à chaque octave ; que certains tons sont faux , et que la position des clefs forçant l'exécutant à déplacer plusieurs doigts et même la main toute entière pour sauter d'un ton à un autre , rend certains passages, certains coulés , certains trilles impraticables. Pour remédier de quelque manière à cet inconvénient , faire disparaître une partie des diiBcultés que le changement de ton aonenait , et conserver à la clarinette un système uniforme et simple , on imagina de faire autant de clarinettes qu'il y a de tons dans la gamme , en donnant à chacim de ces instrumens une proportion plus petite à mesure que Ton tendait à l'aigu. Ainsi à partir de la clarinette en sol qui est la plus longue de toutes , jusqu'à celle enja qui est la plus courte , l'instrument perd graduellement la moitié environ de sa longueur et de son diamètre.

Les clarinettes en la , en si v et en ut sont les seules admises à l'orchestre ; on regarde la seconde comme ayant les sons les plus flatteurs ; presque tous les solos sont écrits dans les tons de mi b et de «i b. La clarinette en la est la plus fausse de toutes, attendu que j. 8

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l'on obtient le système de la au moyen d'un corpal de rechange substitué à une seule partie de la clarineit^ en si b , ce qui allonge le corps de l'instrument dans des proportions ine'gales. Quoique cet instrument présente beaucoup de de'fauts graves ^ ^le maître habile a toujours su les corriger, et les Lefèvre , les Gambaro , les Dacosta ont réuni la pureté du son' à une exécution aussi rapide que brillante.

La clarinette est le fondement des orchestres militaires; elle y tient le même rang que le violon dans la symphonie ou dans la musique dramatique. Plusieurs clarinettes en ut jouent le chant, tandis qu'un nombre égal forme le second dessus , et qu'une cla^ rinette en fa porte l'octave de la mélodie ou exécute des passages en volubilités. Si les grandes clarinettes sont en «i b 5 on emploie une clarinette en mi b , qui concorde parfaitement avec ce système. Dans certains corps de musique , on remarque deux petites clarinettes en fa ou en mi b qui sont d'un bon effet. La, seconde sert à remplir l'intervalle quelquefois trop grand qui se trouve entre le chant à l'octave et les seconds dessus.

Un instrument aussi utile ne pouvait rester plus long -temps dans cet état d'imperfection. Plusieurs facteurs ont cherché à aplanir les difficultés qu'il présente aux exécutans, en le perçant d'après de nouveaux calculs acoustiques : celui qui a obtenu le plus de succès est sans contredit M. Iwan MùUer. Son instrument, armé de treize clefs , donne les moyens de jouer dans tous les tons et de rendre toute sorte de traits avec

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*iîrê <;gale facilité. La clarinette- alto, dont il est aussi l'inventeur, peut être d'un grand secours pour la musique militaire 5 elle sonne la quinte au-dessous de la clarinette ordinaire , et tient dans l'échelle mélodique la même place que le basset-horn , ou Corno di hassetto. Comme la clarinette en si b a. les proportions les plus favorables pour obtenir un beau son , M. Millier l'a choisie de préférence à toutes les autres. 11 est inutile de faire observer que les parties de clarinette en si b sont toujours notées un ton plus haut que celles des autres instrumens , le si b remplaçant Vut et le fa le sol dans le système adopté pour la clarinette. Nos plus fameux clarinettistes se servent maintenant de l'instrument de M. Mûller dont ils ont reconnu l'excellence et la supériorité. Il est à désirer que cet exemple soit suivi par tous les virtuoses qui cultivent la clarinette.

Les parties de clarinette ont leur place au-dessous de celles des flûtes et des hautbois qui tiennent les hautes régions de l'harmonie. Cet instrument fait résonner la quarte au-dessous du sol à vide du violon ^ et possède trois octaves et demie. Les compositeurs emploient avec succès son octave basse , vulgairement Sippelée chalumeau , depuis que l'on a su la rendre juste. Je citerai à ce sujet le trio des masques dans Don Juan et le quintette de la /Vfe du Village *voisin, Gluck est le premier qui ait introduit la clarinette dans la musique dramatique , et encore ne la plaçait-il que dans les airs de ballet. Elle est maintenant d'un usage universel 5 il y a même peu de

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morceaux en mi b et en si b qui ne doivent une bonne wart de leurs charmes à la voix mélodieuse de cet instrument.

On note gp'néralement les parties de clarinette sur la clef de sol ; les Italiens emploient celle d'w« sur la quatrième ligne pour la musique destine'e à la clarinette en si b , attendu que cette clef convient pour la transposition d'un ton qu'il faut faire subir à cette musique , quand on l'exécute sur un autre instniment , tel que le piano , le violon , etc.

On a soin d'indiquer en tête d'un morceau le ton dans lequel les clarinettes doivent jouer : clarinettes en si b , eji la, en ut, ou clarine tti in B , in \A ^ in C. Lorsqu'il n'y a aucune indication de ton , on se sert de la clarinette en ut dont le système s'accorde parfaitement avec celui des autres instrumens de l'orchestre.

Clarinette , jeu que l'on obtient sur les nouvelles orgues , en réunissant les jeux de flûtes traversières et de flûtes coniques au jeu de trompette.

Clarinettiste , s. des 2 g. Musicien qui joue de la clarinette.

Clarté, s. f. On se sert figurément de ce mot en musique pour exprimer la netteté des idées et la manière dont elles sont présentées par le compositeur.

Le grand nombre des parties ne nuit pas à la clarté d'un ouvrai^e, si elles sont toutes disposées avec art et s'il y a unité de rhythme et de dessin. L'air du ikTa-

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rlage secret , Pria che spunti , celui des Noces de Figaro , Dove sono , sont des modèles de richesse et de clarté. Parmi les compositeurs de l'école française on doit citer M. Catel comme un de ceux qui écrivent avec le plus de clarté,

' Classique , adj. des 2 g. Se dit des auteurs généralement approuvés et qui font autorité en musique. Palcstrina y Durante , Lco, Picciui , Cimarosa, Handel , Hasse , Gluck, Mozart, Ha^dn, Méhul, Chérubini^ Catel, sont des auteurs classiques. Il se dit encore des ouvrages cpie l'école considère comme des chefs-d'œuvre ou du moins comme excellens , et qu'elle a adoptés poui* servir de modèles dans l'enseignement de Tart. Les oratorios de Handel , de Jomelli , de Haydn , les cantates de Pergolèse , les psaumes de B. Marcello , les messes de Palestrina , de JMozart , de Chérid3im , le iMiserere de Léo , le Stahat de Pergolèse , les sy^ijjhonies et les quatuors de Haydn et de Mozart, les opéras de Sarti , de Piccini , de Cimarosa , de GKick , de Mozart , de Mi'hul , de Chérubini , etc. etc. etc. sont classiques , de même que les belles ouvertures , les beaux duos , les beau?i airs , les beaux chœurs qu'ils renferment.

Clavecin , s. m. InsUument de musique à cordes de métal et à clavier , de la même nature que le piano, et que celui-ci a fait abandonner. ( /^^ojr:: Piano. )

Clavier , s. m. Le clavier est l'assemblaee de.

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toutes les touclies du piano, lesquelles représentent tous les sons qui peuvent être employés dans l'harmonie.

L'orgue est l'instrument à touches le plus ancien 5 ces touches étant destinées à ouvrir et fermer les portes au vent , on leur donna d'abord le nom de clefs , claves , d'où dérive clax-'ier. Quelques-uns veulent qu'on les ait appelées ainsi à cause de leur forme échancrée par un bout , qui les fait ressembler à de véritables clefs antiques. La première de ces étymologies doit être préférée, avec d'autant plus de raison que l'on donne aujourd'hui le même nom métaphorique de clefs aux petites soupapes de métal adaptées à la flûte , à la clarinette , etc. et dont l'office est exactement le même que celui des touches de l'orgue.

Le clavecin, inventé long-temps après l'orgue, reçut par analogie le nom latin de clavicemhnlum, et fépinette celui de c/at^iCorcZiz/w?, parce qu'ils avaient des claviers. Les Anglais donnent encore aux touches du piano et de l'orgue le nom de key , clef. Dans les sonates et concertos de piano gravés en Angleterre , on désigne par adclitional heys les touches qui succèdent à l'aigu à la cinquième octave du clavier.

Les instrumens à cZat-'/e/' sont l'orgue , le piano , la vielle ; les carillons ont aussi des claviers. Celui du piano a maintenant six octaves , qui commencent au fa placé aurdessous de l'extrême sol de la contrebasse et finissent au fa qui se trouve immédiatement audessus du dernier nii du violon.

On appelle aussi clavier la portée générale ou somme

des sons de tout le système , qui résulte de la position relative des sept clefs.

Clef, s. f. Caractère de musique qui se met au commencement d'une portée, pour déterminer le degré d'élévation de cette portée dans le clavier général et indiquer les noms de toutes les notes qu'elle contient dans la ligne de cette clef. Ce caractère, en faisant connaître les noms et les degrés d'intonation que l'on doit donner aux notes , ouvre pour ainsi dire la porte du chant, et c'est à cause de ce sens métaphorique qu'il a reçu le nom de clef.

Le nombre des clefs est de sept ; savoir , deux clefs àefa, quatre clefs à^ut , et la clef de soL

On se servait autrefois d'une huitième clef, celle de sol sur la première ligne 5 mais on l'a supprimée comme inutile , attendu qu'elle donnait les mêmes résultats que celle de^£ quatrième ligne.

Le nombre des clefs est égal à celui des voix. U existe entre elles la différence d'une tierce qui se rencontre aussi dans le diapason d'une voix à celle qui la suit immédiatement ; par ce moyen on peut maintenir chaque voix dans l'étendue de la portée , sans avoir recours trop souvent aux lignes additionnelles.

Ainsi la clef de sol présente le diapason du premier dessus ;

La clef d^ui sur la première ligne , celui du second dessus 5

La clef d^ ut sur la deuxième, celui du contralte de femme 5

La clef ^ut sur la troisième , celui de la hautecontre ;

La vhfî^ut sur la quatrième, celui du ténor;

La clejàefa surXdi troisième ligne, celui du bariton ou basse-triiUe.

Enfin le clef de fa sur la quatrième représente le diapason de la voix de basse , la plus grave de toutes.

La clef àe fa sur la troisième ligne est abandonnée, et l'on a pris Tliabitude d'écrire les parties de bariton sur la clefàe basse. La clef ^l ut sur la deuxième ligne ne sert plus qu'au cor anglais , et les parties de contralte s'écrivent sur la clefdCut , sur la troisième ou la première ligne. On se sert néanmoins de ces deux clefét dans la transposition.

Les éditeurs de musique , voulant mettre tous les ouvrages de chant à la portée des amateurs peu exercés , notent sur la clef de sol les parties de con traite , de ténor , de bariton , et même celles de basse. Dans un duo , un trio , les noms des interlocuteurs , la natui'e de leurs discours , indiqueront si telle ou telle partie doit être exécutée par un homme ou par une femme. Ces distinctions ne se rencontrent pas dans la musique sacrée , les nocturnes , les madrigaux , pX toutes les pièces dont les paroles ont une parfaite uniformité. On marque bien en tète de chaque morceau que la première partie est desllnée au dessus , la seconde an contralle , la troisième au ténor , la quatrième au bariton ou à la basse. Mais l'amateur sans expérience ne fait point attention à cela; il voit partout la clef de sol : il distribue par conséquent le chant

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