CLE. 12T
à trois , à quatre voix égales. Il fait plus : trom}>e par la disposition des traits du ténor qui semblent s'élever au-dessus de tout , il n'hésite pas à donner cette partie à une dame , en disant que le graveur est un maladroit d'avoir interverti l'ordre des parties : car il est évident que celle qui tient les hautes régions de la mélodie est la première. Le voilà renversant Tédifice des nocturnes d'Asioli et de Blangini , changeant les tierces en sixtes et les quintes en quartes , sans se douter que ce ténor , dont on a transposé la partie en l'écrivant sur une clef qui n'est pas la sienne , donne l'octave basse des sons représentés parles notes, et que l'harmonie , irrégulière pour l'œil ( puisque le second paraît y dominer le premier) , se trouve en son lieu dès qu'une voix d'homme , exécutant les chants du ténor , vient les placer à leur véritable rang et les soumettre à ceux du dessus. Ce qui paraît une sixte à l'aigu n'est réellement qu'une tierce au grave. Je ne condamne point cette transposition; je désirerais seulement qu'une fois pour toutes , les amateurs voulussent bien se persuader que la gravité des sons peut seule amener l'ordre et la régularité dans les compositions , à l'exécution desquelles les voix de ténor et de basse doivent concourir. On devrait cependant conserver la clef àe\fa au bariton et à la basse. Les airs d' Œdipe , d'Atar, de Danaiis , d Olkar, notés sur la clef ait sol y ont un aspect déplaisant. Si cette transposition fiivorise le manœuvre , je n'assurerais pas qu'elle n'ait jamais contrarié un excellent lecteur. On est convenu encore de se servir de la clef de
sol pour la guitare et certains traits de violoncelle j comme pour la voix d'homme l'oreille entend l'octave basse du passage note.
Montéclair, Lacassagne , Framery y et Grétry ensuite , ont proposé la réforme de cinq ou six de ces clefs , qu'ils regardent comme inutiles. Le nombre des clefs est égal à celui des notes , qui , par son imparité, fait rencontrer sur la ligne la note qui se trouve entre les lignes à son octave. Par ce moyen , on dit ut sur toutes les lignes et dans tous les interlignes; ce qui est indispensable pour la transposition.
Les sept clefs représentent encore avec exactitude les diapasons des sept voix , et donnent la faculté de renfermer dans les lignes les chants qui sont destinés à chacune d'elles. Depuis que l'on écrit la partie de bariton sur la clefàe basse , presque toutes les notes en sont rejetées au-dessus des lignes; ce qui augmente le travail du copiste , et fatigue le lecteur.
Les personnes qui se livrent à la culture de la voix ou des instrumens , peuvent se borner à la connaissance de deux clefi et même d'une seule : le système proposé par Grétry ne leur serait ainsi d'aucune utilité.
Quant aux chefs d'orchestre et aux pianistes accompagnateurs , qui doivent posséder également les sept clefs , nous avons déjà démontré que leur réduction ne servirait qu'à leur créer de nouvelles difficultés. D'ailleurs , avant d'être en état de conduire un orchestre ou de rassembler sous ses doigts les brillantes périodes, les accords harmonieux des Mozart et des Chérubini , on a déjà appris à hre, et la connaissance des clefa
s'acquiert insensiblement par la pratique, sans qu'on en fasse l'objet d'une étude pai'ticulière.
Les hommes célèbres se plaisent quelquefois à avancer certaines propositions dont ils sentent toute la vanité, la fausseté même , et qu'ils seraient les premiers à combattre , si tout autre avait osé les mettre en avant. Mais il faut avoir une opinion différente de celle des autres ; et Grétry n'est pas le seul qui ait eu la manie des paradoxes.
Les sept clefs ne renferment réellement que trois octaves dans leur domaine , mais on ajoute aux notes rejetées hors de la portée , des fragmens de ligne qui marquent leur position relative avec celles du milieu de la portée et leur degré d'élévation ou d'abaissement. Comme ces fractions de ligne se multiplient trop dans les deux octaves aiguës qui excèdent la région de la clef àe sol , on note à Toctave basse tous les passages qu'il serait trop difficile de lire dans leur position naturelle , et le signe 8* , suivi d'un trait , indique cette transposition qui finit à l'endroit où le trait s'arrête , soit que l'on ait écrit ou non le mot locO' Ce signe est très-fréquent dans la musique de violon , de flûte et de piano. {Fig» 12. )
Clef. On appelle encore clef une espèce de croix de fer , percée par l'un de ses bouts d'un trou carré dans lequel on fait entrer la tête des chevilles des harpes , des pianos , des guitares , pour monter ou lâcher les cordes.
La clef qui sert pour le piano est surmontée d'un crochet , au moyen duquel on boucle la corde pour