‹ Dictionnaire de musique moderne (volume 2)Chapitre 52 sur 111 · COR · texte numérisé non relu

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du violon, de la viole, de la basse. Les coixies frappées sont toujours de métal : on met des cordes de laiton aux octaves basses du piano ; celles d'acier servent pour les tons moyens et les tons e'ievés. Les cordes pincées sont de boyau , de métal et de soie , selon l'instrument auquel on les destine. La harpe et la guitare sont montées avec des cordes de boyau et des cordes de soie ; la mandoline avec des cordes métalliques.

Le son produit par une corde tendue est plus ou moins aigu en raison de sa loDgueiu*, de son diamètre , de sa contexture et de sa tension.

Dans les instrumens à manche, tels que le violon et la guitare , la corde perdant de sa longueur toutes les fois que le doigt vient la presser sur la touche, une seule corde rend une multitude de sons. La lyre des anciens, avec ses huit cordes , ne donnait que huit tons ; avec quatre cordes de moins, le violon en produit trente-deux.

Dans le piano , la longueur de la conle tendue ne variant point , on n'a pu obtenir une échelle de six octaves qu'en plaçant un nombre de cordes pareil à celui des tons de l'instrument , et Ton voit les cordes perdre en longueur et en épaisseur à mesure que le système s'éloigne de Textrême grave pour arriver ? l'extrême aigu. Tous les instrumens à cordes immobiles , tels que le piano , le clavecin , le psaltérion, le tympanon, ont une forme triangulaire qui est celle de la harpe ; ils ne peuvent en avoir d'autre , puisque leur dernière corde n'est souvent que la vingtième partie de la longueur de la première. Dans les petits pianos , ce triangle est cir-

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conscrit dans un carre long : cette forme est bien moins pittoresque , et donne plutôt l'idée d'un meuble que d'un instrument.

La contexture d'une corde influe sur le son qu'elle doit produire. Une chanterelle de violon recouverte, dans toute sa longueur, avec mi fil de laiton très-délié, sert de quatrième corde au même instrument , et le sol ou bourdon n'est qu'un mi filé en laiton. Les cordes filées de la harpe ou de la guitare sont de soie. Quelques ménétriers se servent d'un cordon de soie au lieu de chanterelle , mais le son qu'il produit est grêle et criard : le seul mérite de ces cordons consiste dans leur durée.

Ton vient du grec tonos , qui lui-même vient de teinos, tendo, je tends. Il signifie donc une corde tendue , une corde sonore ; de là vient que le mot corde est souvent employé ponr ion, et l'on dit les cordes gf^apesjles cordes moyennes, aiguës de la voix , de la mélodie, de V échelle , pour dire les tx)ns graves , moyens , aigus de la voix , etc.

Cornemuse, s. f. Instrument à vent, avec des chalumeaux à anches.

Les parties de la cornemuse sont la peau de mouton qu'on enfle comme un ballon, et le vent n'a d'issue que par trois chalumeaux qui y sont adaptés : l'un s'appelle le grand bourdon , l'autre le petit bourdon. Quand on joue de la cornemuse , le grand bourdon passe sur l'épaule gauche.

^ Cornet, s. m. Petit cor dont on se sert pour exé-

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culer les diverses sonneries qui règlent la marche, et font connaître le commandement aux voltigeurs d'un régiment. Chaque compagnie de voltigeurs a son cor" net. On appelle aussi cornet celui qui sonne de cet instrument. Lorsque le régiment est réuni , les cornets jouent ensemble des marches et de petites fanfares à deux pai'ties.

Cornet. Jeu d'orgue dont chaque touche fait parler quatre tuyaux à la fois , et ces quatre tuyaux qui donnent l'octave, la quinte, et la tierce majeure ou dix-septième , ne produisent qu'un seul son. Quand on baisse la touche de Vut on entend ut, son octave ut , sa douzième sol , et sa dix-éeptième majeure mi; ut, ut, sol, mi; mais on croit n'entendre que le son A^ut, ce qui prouve qu'un son n'est pas un élément simple, mais un agrégat de plusieurs sonsconcomitans.

Corniste, s. m. Musicien qui joue du cor.

CoRNO , Cor. ( Voyez CoR. )

CORNO DI BASSETTO. (Vojez COR DE BASSET.)

Corps sonore , s. m. On appelle ainsi tout corps qui rend ou peut rendre immédiatement du son. Il ne suit pas de cette définition que tout instrument de musique soit un corps sonore; on ne doit donner ce nom qu'à la partie de l'instrument qui sonne ellemême, et sans laquelle il n'y aurait point de son. Ainsi dans un violoncelle ou dans un violon, chaque corde est un coîps sonore; mais la caisse dç l'instrument,

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qui ne fait que repre'senter et réfléchir les sons n'est point le corps sonore et n'en fait point partie. On doit avoir cet article présent à l'esprit toutes les fois qu'il sera parlé de corps sonore dans cet ouvrage.

Corps de la harpe. C'est ainsi que l'on appelle cette partie de la harpe qui comprend le dos de l'instrument et la table d'harmonie.

Coryphée, s. m. Chanteur qui , après avoir exécuté les solos qui se rencontrent dans les chœurs , se joint ensuite aux simples choristes dans rensemljle. Le coryphée parle au nom du chœur qu'il représente , et exprime les sentimens dont il est affecté. Il y a des coryphées pour chaque partie. C'est un ténor qui interroge OEdipe au nom du peuple d'Aihènes. Le coryphée de l'hymne au soleil, de Paul et Virginie, de M. Lesueur, est une basse; et dans le premier chœur èiAlceste, les coryphées chantent le dessus et la haute' contre.

Coulé, participe pris substantivement. Le coulé se fait , lorsqu'au lieu de marquer en chantant chaque note d'un coup de gosier, ou d'un coup d'archet sur les instrumens à cordes , ou d'un coup de langue sur les instrumens à vent , on passe deux ou trois notes sous la même articulation, en prolongeant la mtme inspiration , ou en continuant de tirer ou de pousser le même coup d'archet sur toutes les notes couvertes d'un coulé.

Le coulé se marque par une liaison ^qui couvre toutes les notes qu'il doit embrasser. (Fig, i5.)

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Coup , s. m. On dit en musique coup de langue, coup d'archet, coup de gosier, etc. C'est une manière fJe lancer le son pour la voix et pour les instrumens, et d'où dépend souvent l'exécution la plus parfaite. Le coup de langue , pour les instrumens à vent , a besoin d'être net, de'taché, rapide; le coup d'archet, pour les instrumens à cordes, doit être distinct, ferme, moelleux ; le coup de gosier demanderait encore des pre'cautions plus grandes : mais cette expression n'est plus d'usage , et ne sert maintenant qu'à désigner ces grands éclats de voix que les chanteurs du temps de Rameau prodiguaient dans notre ancienne musique. La voix ne doit pas être jetée avec effort; elle doit être portée naturellement sans être traînée ni saccadée , et ne pas présenter l'idée d'un coup. Aussi les Italiens ont-ils rendu ^ar portamenio di voce, Fart de porter et de conduire la voix , que nos aïeux appelaient coup de gosier.

On appelle aussi coup de gosier, le mouvement par lequel la voix passe plusieurs notes ensemble sans les détacher. Ces quatre notes doivent être faites d'un seul coup de gosier.

Le coup de poignet est le coup d'archet de la vielle.

Il n'est pas nécessaire d'expliquer ce que Ton entend par coup de tymhales , coup de tani tam, etc.

Coup de fouet. C'est un certain effet plus fort , plus brillant que tout le reste , par lequel on finit un morceau de musique , pour obtenir l'applaudisse-

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ment. C'est pour donner le coup de fouet que l'on place quelquefois des transitions vers la fia des morceaux de musique, et qu'on les termine presque tous |jar un forte , et même par un fortissimo : le grand crescendo n'a pas d'autre but. C'e'tait aussi pour donner le coup de fouet que nos anciens chanteurs finissaient toujours par un trille qu'on appelait cadence. Les Italiens terminaient aussi tous leurs airs par un point d'orgue. Ils ne sont plus d'usage aujourd'hui ; mais les Pellegrini, les Garcia, les Bordogui, les Catalani, les Fodor, les Crescentini ne manquent jamais de prodiguer tout le luxe du chant à la fin de leurs solos , et de changer en traits rapides, en roulades éblouissantes d'éclat et de légèreté, les grosses notes qui \qs terminent, et qui sont presque toujours les mêmes dans tous les airs. C'est au chanteur à varier, à orner ce coup de fouet, qui serait, sans cela, d"une trop grande uniformité.

Il y a tel morceau qu'on ne pourrait terminer par un coup de fouet sans en détruire entièrement l'expression , comme un sommeil, un nocturne, une cavatine pleine de sentiment et de suavité , et toute espèce de chant qui doit finir piano. Ces morceaux n'en seront pas moins applaudis s'ils sont d'ailleurs bien faits: au surplus ce n'est pas aux bravos d'un moment que prétend l'homme de génie , mais à une estime durable.

L'ouverture des JSoces de Figaro, celle de la Flûte enchantée, le sextuor de Don Juan, le quatuor de Ma Tante yiurore , sont terminés par des coups de fouet de la plus grande beauté»

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Coupe , s. f. On donne ce nom à l'arrangement des diverses parties qui composent un poëme lyrique. JJ opéra des JN'oces de Figaro est admirablement coupé pour la musique, La coupe des cantates de Rousseau ti' est point favorable au style des compositeurs modernes.

Coupé , part. , pris substantivement. Ecrit sur une note , signifie que l'on doit la frapper et l'abandonner à l'instant, sans avoir égard à sa valeur. Une noire ou une croche surmontée d'un point allongé désignerait suffisamment cet effet. Quelques auteurs se servent cependant du mot coupé pour appeler ainsi plus particulièrement l'attention sur la note h détacher, afin que l'on mette plus de soudaineté dans son exéculion.

Le mot sec est employé de la même manière et a la même signification.

Couper le sujet. C'est lorsque , dans une fugue , on partage le thème ou le sujet en divers firagmens , et qu'en distribuant ces fragmens à différentes voix, on les travaille l'un contre l'autre au moyen de l'imitation. C'est ce que les Italiens nomment attacco. ( Voyez Attacco, Strette.)

Couplet, s. m. Nom qu'on donne, dans les romances et les chansons , à cette partie du poème qu'on appelle strophes dans les odes. Comme tous les couplets sont composés sur la même mesure de vers, on les chante aussi sur le même air.

Les petits airs , qui n'ont pas la forme et le caractère

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de la romance ou de la chanson, prennent le litre de couplets. On en compose beaucoup pour être chantés dans les sociétés 5 d'autres sont destinés à figurer dans les vaudevilles , et même dans les opéras.

Pour que les couplets donnent de l'agrément à une scène d'opéra, il faut que les paroles et l'air soient d'une originalité piquante. Un opéra ne doit pas renfermer plus d'un ou deux petits airs de trois couplets au plus , fussent-ils d'une perfection rare. Les auteurs ne sauraient trop se tenir en garde contre les couplets ; leur abondance est un signe de pauvreté. Le Secret , le Jochey, V Opéra-Comique se rapprochent trop des grotesques pots-pouris du Vaudeville. (V. Chanson, Vaudeville. )

Coupure , s. f. Suppression que Ton fait d'un certain nombre de périodes dans le courant d'un morceau de musique , pour en rendre la marche plus rapide. C'est aux premières répétitions d'un opéra que se font principalement les coupures ; celles-là sont réglées sur le besoin que Ton a de passer plus vite de telle situation à teUe autre , et d'activer ainsi le jeu de scène. On les demande au compositeur , qui , du premier coup d'œil , voit ce qu'il doit sacrifier , et qui , d'un trait de plume, a bientôt rajusté les deux bouts. Mais on ne devrait pas souffrir que le chef d'orchestre d'un théâtre de province prît la licence de mutiler les partitions des grands maîtres par des coupures qui désespèrent le véritable amateur, pai' d'énormes solutions de continuité qui portent ordinairement sur les parties les plus intriguées et les mieux écrites d'un opéra : ces cou-

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pures rompent le fil du discours musical , dépaysent l'oreille par des modulations que rien ne justifie , puisque l'on a. pris soin de les isoler, et réduisent à quelques phrases incohérentes les plus beaux morceaux d'ensemble , les chœurs les mieux dessinés , les finales les plus éloquens,

La coupure se marque au crayon rouge sur la partition et les parties. On place une croix à l'endroit où elle commence, et une autre croix au point où l'on doit reprendre le discours musical : de sorte que l'exécutant saute d'une croix à l'autre, en passant sous silence tout ce qui est compris entre elles.

Comme il existe des coupures que les maîtres de musique ont marquées pour favoriser certains routiniers sans expérience , ces coupures ne se font plus , toutes les fois qu'un chanteur vient à jouer le rôle : car celui-ci mettra autant d'empressement à donner le morceau dans son intégrité, que le manœuvre en a mis à le mutiler : c'est pourquoi l'on convient d'avance , aux répétitions d'un opéi'a , si l'on doit suivre ou non ce qui est prescrit à Tégard des coupures.

Courante , s. f. Air à trois temps propre à une danse ainsi nommée , à cause des allées et des venues dont elle était remplie plus qu'aucune autre. Cet air n'est plus en usage, non plus que la danse dont il porte le nom.

Couronne, s. f. Trait en demi -cercle qui surmonte le point d'orgue et le point d'arrêt ou de repos.

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