‹ Dictionnaire de musique moderne (volume 2)Chapitre 71 sur 111 · EN H, »A · texte numérisé non relu

EN H, »A

empâtée^ pour désigner une voix dont le son n'est pas net, et une exécution inégale et embarra-^sée.

Emploi , s. m. Occupation , fonction d'une personne qu'on emploie. On dit au théâtre qu'un acteur a V emploi de ténor, de bariton, de basse, pour dire qu'il joue et chante tous les rôles écrits pour le ténor, le bariton , ou la basse.

De tous les emplois, celui de ténor est le plus brillant, attendu que les rôles d'amoureux et les grands rôles sont écrits pour cette voix.

Enharmonte , s. f. Voyez

Enharmonique, adj. Le genre enJuarmonique est le passage d'une note à une autre, sans que Tintonation de la note ait été changée d'une manière sensible. Par exemple, d'w^ à ut if, on compte un demi-ton, et à'ut à re b , on compte également un demi-ton : ces deux sons ont donc la même intonation , suivant le tempérament. Ainsi, après un ré b , faites un w/ #, ou après un ut ^ faites un ré b , ces deux notes ne changeront pas sensiblement d'intonation , quoiqu'elles aient changé de nom. Le passage d'une de ces notes à l'autre «e nomme enharmonie.

L'accord de septième diminuée est celui qui produit le plus naturellement le genre enharmonique , puisqu'il peut se présenter sous quatre faces différentes , sans qu'il y ait eu de changement sensible dans l'intonation.

[Voyez l'exemple ^^. 19.)

' ^-'exeoipîe commfeiice en ml b iiiineur; Vut i? se change en sl t^ à la troisième mesure , le la b se cliaugy eu sol # à la quatrième, Ic/a se change en w£ # à la cinquième, le re se change en ut ## à la sixième.

L'exemple finit en /e'# mZ/zé'://, qui est le ton correspondant à celui de mi b mineur, dans lequel il a commencé.

Il faut remarquer que c'est toujours la dissonance de la septième diminuc'e qui a subi un changement, tt qui a produit le passage enharmonique.

^ On voit, par la succession des sons générateurs, que c'est une suite de cadences interrompues qui a amené ce passage.

ENSEMBLE, adv., souvent pris substantivement. C'est h- rapport convenable de toutes les parties df'ua ouvrage entre elles, et avec le tout. Ce terme s%.pplil que encore à l'exécution , loi sque Jes concertans sont si parfiiilcment d'accord, sç>it pour l'intonation , &oit pour la mesure, qu'ils semblent être tous animés d'un même esprit, et que l'exécution rend fidclemc^it '^ l'oreille tout ce que l'œil voit sur la partition.

L'opéra des JNoces de Fig.ro, de Mozart, est ad: mirai le par /'ensenible cjui y règne d'un Lput ^ Vautre,

L'orchestre de VOdéon exécute l'ouverture dp Robin des Bois avec une vigueur, un ensemhl^ étonnants.

Ensemble {morceaux fZ'). Ce sont tous les morceauï dramatiques exécutés par plus d'une voix. Ainsi

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les duos, les trios, quatuors^ quintcltes, sextuors , etc. y sont des morceaux d'ensemble , pourvu que chaque partie y soit distincte , dialogue avec les autres , et soit exécute'e par une seule voix ; car les chœurs , quoique composes de plusieurs parties , ne sont pas qualifies de morceaux d ensemble. Il paraît que dans ces morceaux d'ensemble toutes les voix devraient chanter ensemble 'j et cependant il est de l'essence de ces morceaux de les opposer les unes aux autres , et de les faire dialoguer : ce n'est guère qu'a la fin qu'elles se réunissent pour produire les plus grands effets ^-d'harmonie , et donner ce qu'on appelle le coup de fouet.

11 y a une différence sensible entre les finales et les morceaux d'ensemble ; c'est que les premiers, destinés à terminer un acte , contiennent plusieurs scènes , plusieurs mouvemens de situation , et admettent un assez grand nombre de développemens. Les morceaux d'ensemble , au contraire, n'ont à exprimer qu'une situation, et assez ordinairement le parti que cette situation inspire aux divers personnages : ils ne peuvent guère admettre par conséquent que deux mouvemens principaux, et des développemens proportionnés. Les régies du morceau d'ensemble sont, à cet égard , les mêmes que pour l'air et le duo , c'est-àdire l'exposition d'un sentiment , et de celui qui lui sert de contraste.

Quoique le duo , le trio , le quatuor, soient des morceaux d'ensemble, on ne donne guère ce titre qu'au quintette , au sextuor, au septuor, etc. : amsi l'on dira le quatuor de Stratonice, le trio de l'Hôtel-

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lerie portugaise , le morceau d'ensemble de Guinare ^ de Mëdëe , de Joseph.

Entonner, v. a. entrer dans le ton, dans Tintonation , en se re'glant sur le son d'un instrument , d'un diapason , ou sur la connaissance que l'on a de l'ordre des divers degrés de l'échelle. La note que linstrument propose au chanteur , n'est pas toujours celle qu'il doit prendre , mais elle lui sert de point d'appui pour arriver à la sienne. Par exemple, le cor soutient \q si b, le chanteur calcule aisément l'intervalle de quarte et entonne le mi b avec autant de franchise que si tout l'orchestre l'avait frappé à l'unisson. Le routinier, qui ne connaît pas les intervalles et les altérations qu'ils éprouvent , ne peut pas se préparer à l'avance pour entrer à propos. La hasse a frappé la tonique, il ne saura pas mesurer la distancé qui la sépare de la quinte augmentée ou de la neuvième. Que fait- il? il attend que l'orchestre lui donne sa note; mais cette note (quand il la donne) doit partir en même temps que la sienne ; il est donc pris au dépourvu et son intonation est fausse , tardive ou douteuse.

Entonner est encore* commencer le chant d'une hymne, d'un psaume, d'une antienne , pour donner le ton à tout le chœur. C'est l'officiant qui entonne le Te Deum,

Entr'acte , s. m. Espace de temps qui s'écoule entre la fin d'un acte d'opéra , et le commencement de l'acte suivant, et durant lequel la représentation est suspendue , tandis que l'action est supposée se

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