‹ Dictionnaire de musique moderne (volume 2)Chapitre 75 sur 111 · EXE · texte numérisé non relu

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dans les études une facture plus régulière que celle des exercices , qui sont purement élémentaires.

Les éludes de Fiorillo , de Kreutzer, pour le violon ; celles de Cramer, de Kalkbrenner, pour le piano , sont fort estimées.

EuTERPE, n. p. f. Une des neuf Muses : elle avait inventé la flûte et présidait à la Musique. C'est une jeune fille couronnée de fleurs, et jouant de la flûte : des papiers de musique , des hautbois et autres instrumens sont auprès d'elle ; allégorie agréable , par laquelle les anciens ont voulu exprimer combien les arts ont de charmes pour ceux qui les cultivent.

Evité, part. Cadence évitée, ( /^o/é?js Cadence.)

Eviter, v. a. Eviter une cadence, c'est ajouter un dissonance à Paccord final , pour changer le mode ou prolonger la phrase.

EvovAE , s. m. Mot barbare formé des six voyelles qui marquent les syllabes des deux mots seculorum amen, et qui n'est d'usage que dans le plaint-chant. C'est sur les lettres de ces mots qu'on trouve indiquées, dans les psautiers et antiphonaires , les notes par lesquelles, dans chaque ton et dans les diverses modifications du ton , il faut terminer les versets des psaumes ou des cantiques.

UJEi^ovaé commence toujours par la dominante du ton de l'antienne qui le précède, et finit toujours par la finale.

Exécutant, part. , pris substantivement. Musi-

Hïien qui exécute la musique à l'église , au concert ou au théâtre, comme chanteur, ou comme instrumentiste.

Exécuter , v. a. Exécuter une pièce de musique, c'est chanter et jouer toutes les parties qu'elle contient, tant vocales qu'instrumentales , dans lensemble qu'elles doivent avoir , et la rendre telle quelle est notée sur la partition.

ExÉcuTiox, sA, L'action d'exécuter une pièce de musique.

lu'exécution de la musique a non-seulement une grande influence sur son succès 5 mais comme elle n'existe réellement pour le plus grand nombre des auditeurs que lorsque elle est exécutée , l'exécuter mal, ou à contre-sens, c'est non-seulement la défi- . gurer, mais l'anéantir. Les connaisseurs peuvent ce* pendant la juger par les yeux, à la simple lecture.

Si le compositeur est à la merci de l'ignorance des exécutans, ou de leur malveillance, il y est aussi de leur faux savoir et de leur faux goût. Ce qu'ils ajouteraient à ce qu'il a fait serait quelquefois plus pernicieux que ce qu'ils y pourraient omettre.

Ce qu'ils omettront toujours , s'ils ne sont que des gens de métier et non de véritables artistes , c'est l'expression propre de chaque morceau, et pour ainsi dire l'accent de chaque passage. Là où ils ne verront que des notes , ce ne seront aussi que des notes qu'ils feront entendre ; et tel air , tel duo , tel morceau d'ensemble, ou telle pièce de musique instrumentale devait toucher profondément le cœur , qui grâce à

une exécution froide et inanimée , ne fera qu'effleurer inutilement Toreille.

On appelle encore exécution, la facilité de lire et d'exécuter une partie vocale ou instrumentale , et l'on dit qu'un musicien a beaucoup d'exécution , lorsqu'il exécute correctement sans hésiter et à la première vue, les choses les plus difficiles. ( Voyez Exécuter. )

Exercices , s. m. p. Pièces de musique composées sur un trait difficile pour la voix , une manière de doigter > particulière et scabreuse pour les instrumens , que l'on essaie sur tous les degrés de l'échelle , et sur toutes les positions , en suivant diverses modulations. Les exercices n'étant destinés qu'au travail de cabinet et à familiariser l'élève avec les difficultés de tous les genres qu'il rencontrera dans les œuvres des maîtres fameux , on ne s'attache nullement à les rendre agréables à l'oreille. Quelques-uns se distinguent par leur marche régulière; mais la plupart ne sont qu'un bizarre assemblage de notes qui ne forment pas un chant suivi.

On voit qu'il y a beaucoup de ressemblance entre les exercices et les études ; ce qui les distingue cependant c'est que les dernières n'ont pour objet que le genre instrumental , tandis que les exercices se rapportent aux voix et aux instrumens. On remarque aussi que la facture des études est plus régulière que celle des exercices qui sont purement élémentaires.

Expression , s. f. Qualité par laquelle le musicien sent vivement et rend avec énergie toutes les idées qu'il doit rendre et tous les sentimens qu'il doit expri-

iner. îl y aune expression de composition et une d'exécution, et c'est de leur concours que résulte l'effet musical le plus puissant et le plus agréable.

Pour doni er de Vexpression à ses ouvrages, le compositeur doit saisir et comparer tous les rapports qui peuvent se trouver entre les traits de son objet et les productions de son art 5 il doit connaître ou sentir l'effet de tous les caractères, afin de porter exactement celui qu'il choisit au degré qui lui convient : car comme un bon peintre ne donne pas la même lumière à tousses objets, rii.ibile musicien ne ^donnera pas non plus la même énergie a tous ses sen imens, ni la mcme force à tous ses tableaux, et placera iliaque partie au lieu qui C07ivient, moins pour la fcxire valoir seule que pour donner un plug grand effet au tout.

Après avoir bien vu ce qu'il doit dire, il chf^rche comment il le dira , et voici où commence l'application des préceptes de l'art , qui est comme la l.'.ngue particulière dans laquelle le musicien veut se faire entendre.

La mélodie, l'harmonie, le mouvement^ le choix des instrumens et des voix sont les élémens du langage musical, et la mélodie par son rapport immédiat avec l'accent grammaticd et oratoire, est cdui qui donne le caractère à tous les autres. Ain -i, c'est toujours de la mtiorlie que se doit tirer la principiie expression, tant dans la nmsique instrumentale que dans la vocale.

Ce qu'on cherche donc à rendre par la mélodie, c'est le ton dont s'expriment les sentimens qu'on veut

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représenter , et l'on doit bien se garder d'imiter efi cela la déclamation théâtrale qui n'est elle-même qu'une imitation; mais la voix de la nature parlant sans affectation et sans art. Ainsi le musicien cherchera d'abord un genre de mélodie qui lui fournisse les inflexions musicales les plus convenables au sens des paroles , en subordonnant toujours Vexpression des mots à celle de la pensée , et celle-ci même à la situation de l'âme de l'interlocuteur : car quand on est fortement affecté , tous les discours qu€ l'on tient prennent , pour ainsi dire , la teinte du sentiment général qui domine en nous , et l'on ne querelle point ce qu'on aime du ton dont on querelle un indifférent.

La parole est diversement accentuée selon les diver-^ ses passions qui l'inspirent : tantôt aiguë et véhémente^ tantôt remisse et lâche ; tantôt variée et impétueuse 5 tantôt égale et tranquille dans ses inflexions. De là le musicien tire les différences des modes de chant qu'il emploie et des lieux divers dans lesquels il maintient la voix , la faisant procéder dans le bas par de petits intervalles pour exprimer les langueurs de la tristesse et de l'abattement ; lui arrachant dans le haut les sons aigus de l'emportement de la douleur ; l'entraînant rapidement par tous les intervalles de son diapason dans l'agitation du désespoir ou l'égarement des passions contrastées. Surtout il faut bien observer que le charme de la musique ne consiste pas seulement dans l'imitation , mais dans une imitation agréable ; et que la déclamation même, pour faire un grand effet, doit être subordonnée au chant : de sorte qu'on ne peut

|)eindt*e le sentiment sans lui donner ce charme secret qui en est inséparable, ni toucher le cœur si l'on ne plaît à Poreille. Et ceci est encore très-conforme à la nature , qui donne au ton des personnes sensibles je ne sais quelles inflexions touchantes et délicieuses que n'eut jamais celui des gens qui ne sentent rien.

Le plaisir physique qui résulte de Tharmonie , augmente à son tour le plaisir moral de l'imitation, en joignant les sensations agi'éables des accords à Vexpression de la mélodie, par le même principe dont je viens de parler; mais l'harmonie fait plus encore, elle renforce Vexpression même en donnant plus de justesse et de précision aux intervalles mélodieux ; elle anime leur caractère , et marquant exactement leur place dans Tordre de la modulation, elle rappelle ce qui précède, annonce ce qui doit suivre, et lie ainsi les phrases dans le chant comme les idées se lient dans le discours.

Quoique la plus grande force de Vexpression se tire de la combinaison des sons , la qualité de leur timbre n'est pas indifférente pour le même effet. U y a des voix fortes qui en imposent par leur étoffe ; d'autres légères et flexibles, bonnes pour les choses d'exécution ; d'autres sensibles et délicates, qui vont au cœur par des chants doux et pathétiques : en général , les voix aiguës sont plus propres pour exprimer la tendresse et la douceur ; les basses et les concordans pour l'emportement et la colère.

Les instrumens ont aussi des expressions très-différentes , selon que le son en est fort ou faible , que le

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