‹ Dictionnaire de musique moderne (volume 2)Chapitre 80 sur 111 · CHASSE · texte numérisé non relu

CHASSE

Fantaisie , s. f. , signifie une chose inventée à plaisir, et dans laquelle on a plutôt suivi le caprice que les règles de l'art. Les grands maîtres, tels que Bach et Mozart , ont eu recours à la fantaisie pour ouvrir un champ plus vaste à la fécondité de leur génie , et trouver ainsi le moyen d'employer une infinité de recherches harmoniques , de modulations savantes et hardies, de passages pleins de fougue et d'audace qu'il ne leur était pas permis d'introduire dans une pièce régulière ; c'était pour déployer encore plus de science , qu'ils s'affranchissaient des lois prescrites pour la conduite des sonates et des concertos. Telle était Ydi fantaisie entre les mains de ces hommes extraordinaires : elle a bien dégénéré depuis lors , quantum mutata! Ce n'est plus maintenant que la paraphrase d'un air connu, d'un refrain qui court les rues, que l'on varie de toutes les manières , enle fiisant précéder

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d'une introduction et suivre d'une coda» Ce gënif-é^ que l'absence du talent et Timpuissance de créer une bonne sonate ont seules pu mettre en crédit pendant un certain temps , est aujourd'hui peu cultivé par les compositeurs célèbres , qui semblent l'abandonner aux manœuvres.

Farandoule, s. f. Sorte de clause qu'un grand nombre de personnes exécutent , en formant une longue chaîne à l'aide de mouchoirs que chacune tient à droite et à gauche, excepté cependant celles qui se trouvent aux deux extrémités, ha. Jurandoule se compose de vingt, de soixante , de cent personnes placées , autant qu'il est possible , une de chaque sexe alternativement* Celte chaîne se met en mouvement, et parcourt la ville ou la campagi-e au son des instrumens : chacun danse ou saute de son m eux , en cadence : on ne se pique point de mettre une grande régularité dans les pas , mais on a soin de former avec exactitude Ivfs différentes figures que commande celui qui est en tête de la farandoule , et qui lui sert de guide. Ces figures consistent principalement à réunir les bouts de la chaîne et à danser en rond, à la pelotoner en spirale , à la faire passer et repasser sous une es èce d'arc formé par plusienrs danseurs qui élèvent [qs bras s^ns aban-^ donner les mouchoirs, hafarandou/e n'est en usr'ge que dans la Provence et une partie du Languedoc ; elle a lieu à la suite des noces et des baptêmes , dans les fêtes champêtres et les réjouissances publiques, dont i^objet intéresse vivement, et dans lesqiielles on voi*

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éclater les transports d'une gaîté bruyante et pleine de franchise.

L'air de la farandoule est un allégro à six-huit fortement cadencé.

Fausse quinte , s. f. Nom que l'on donnait autrefois à la quinte diminuée. [J^ojez Quinte.)

Fausse relation, (/^ojea Relation.)

Fausset, s. m. C'est ainsi que l'on appelait autrefois la voix de tête.

Rousseau voulait , avec raison , que l'on écrivît faucet, attendu que ce mot vient évidemment àefaux, faucin y la gorge, Vox formata inter fauces; mais l'usage a prévalu. Comme ce mot a été abandonné par les musiciens, nous laissons aux littérateurs le soin de ^xer son orthographe. [Voyez Voix.)

Faux, adj. et adv. Ce mot est opposé à juste. On chante yàw.r quand on n'entonne pas les intervalles ^ans leur justesse , qu'on forme des sons trop hauts ou trop bas.

Il y a des voix yà£/5.se* , des cordes fauases , des instrumensyawjc.

\udi fausseté de la voix vient de la faiblesse ou de la mollesse de l'organe. Quand un chanteur a la voix trop faible, ou il n'arrive pas jusqu'au ton, et alors il se trouve au dessous; ou pour y arriver il la force, il la jette, et alors il se trouve souvent trop haut. Si son organe manque de fermeté, s'il est flexible au point d'en être lâche , il ne produit que des sons vacilLms ,

>2io FAU.

qui ne restent jamais au juste degré désiré par l'o* reille.

Je crois aussi qu'il y a des voix naturellement ^awsses , comme des cordes et des tuyaux , parce qu'elles ne sont pas disposées dans les proportions harmoniques.

11 y a aussi des ove\][es fausses , et sans doute par cette raison , les personnes qui sont affligées de ce défaut , non seulement ne chantent pas juste , mais encore elles détonnent , ce qui est tout autre chose.

Pour les instrumens , quand les tons en sont faux ^ c'est que l'instrument est mal construit , que les tuyaux en sont mal proportionnés, oulescor àesfausses à cause de l'inégalité de leur diamètre , ou qu'elles ne sont pas d'accord ; que celui qui en joue touche yczwx, ou qu'il modifie mal le vent ou les lèvres.

Une belle et bonne voix de contralte deviendra fausse , si, par un long exercice , on veut la porter audelà de son diapason pour lui faire chanter la partie destinée au premier dessus.

Faux accord^ C'est celui dont les sons sont mal accordés et ne gardent pas entre eux la justesse des intervalles.

Faux bourdon^ s. m. Genre de composition de plain-chant à notes contre-notes, dans lequel on place ordinairement le plain-chant au ténor en lui donnant une basse qui procède par accords parfaits, hes fauxbourdons s'exécutent par les voix seules; mais leur effet sera meilleur si on les accompagne avec quelques

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instrumens graves, tels que basses, bassons, trombones, serpens, etc., ou avec l'orgue.

Fermata, s. f. Point d'arrêt. Ce mot vient du verbe italien ^rm^r^^ arrêter.

FÊTE, s. f. Divertissement de chant et de danse que l'on introduit dans un acte d'ope'ra.

Dans les tiagédies en musique on ue se fait plus une loi de placer une fe/e à chaque acte , ni d'y joindre le chant et la danse. Non-seulement les fêtes doivent èlre naturellement amenées, elles doivent même être nécessaires à l'action; elles peuvent la suspendre, mais non pas l'interrompre. Il faut que la danse, et quelquefois les chants mesurés et les chœurs y continuent épisodiquement , et sous une avilre forme , l'action commencée par la déclamation notée et les chants passionnés.

Il arrive même que ces fêtes, placées sous les yeux des principaux personnages, donnent à leur situation , à lem- caractère, tel développement dramatique qu'il serait impossible d'y donner autrement au même degré.

ha fêle pastorale dont Roland est témoin au troifiièniu acte de l'op-^ra de ce nom, les songes d'Atys, le triomphe de Licinius; h fête publique qui, dans l'opéra à^Alcesie , arrache des larmes à cette reine infortunée; celle que Ton donne à Isaure au moment où elle sort de l'horrible cabinet; la danse des Scythes autour d'Oreste et de Pylade , dans Iphigénie en Taurlde, voilà ans fêles qui sont loin d'interrompre et de refroidir l'action ; voilà les modèles dont il faut , 1. 16

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en traçant le plan d "un ope'ra , se rapprocher autant qu'il est possible. Lorsqu^on s'en éloigne, lorsqu'on ne sait plus qu'amener sans nécessité des danseurs et des chanteurs sur la scène , on est d'autant plus coupable , que n'étant pas maintenant forcé , comme autrefois, de placer bien ou mal une fite dans chaque acte; ne l'étant plus même d'en introduire dans tout un opéra, on n'a plus aucune excuse.

La différence qu'on assignait autrefois à l'Opéra entre les mots de fête et de divertissement, est que le premier s'appliquait plus particulièrement aux tragédies , et le second aux ballets.

Fifre, s, m. Instrument à vent et à embouchure* de la nature de la petite flûte. Le son au fifre est trèsperçant. Plusieurs de nos régimens ont des fifres qui jouent avec les tambours.

On appeUe^y^e celui qui joue de cet instrument.

Figure , s. f. , est un groupe de notes , un fragment de motif que le compositeur se plaît à reproduire dans toutes les parties d'un morceau de musique dont il varie les modulations sans rien changer au dessin adopté. \udi figure passe de la basse au violon , du basson à la flûte, et il s'établit une lutte entre les instrumens qui s'emparent , à tour de rôle , du passage favori. On dit un chant figuré , un acvofnpagnenient figuré, un chœur figuré , pour exprimer que le musicien a fait un grand usage des figures en écrivant ces diverses compositions. [Fig. 22.)

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