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par demi-tons, se nomme gamme ou échelle chromatique.
On emploie en montant le chromatique par dièses , et en descendant le chromatique par bémols , suivant la manière la plus naturelle : on peut l'employer cependant des deux manières , en montant et en descendant.
Le genre enharmonique est le passage d'une note à une autre, sans que l'intonation de la note ait été changée d'une manière sensible.
Par exemple , d'i^^ à ut Pr on compte un demi-ton , et d'ut à ré b on compte également un demi -ton : ces deux sons ont donc la même intonation , suivant le tempérament; ainsi, après un ré b faites un ut ^ ^ ou après un ut # faites un re b , ces deux notes ne changeront pas sensiblement d'intonation , quoiqu'elles aient changé de nom. Le passage d'une de ces notes à l'autre s'appelle enharmoîiie.
Gigue , s. f. Air d'une danse de même nom , dont la mesure est à six-huit et d'un mouvement assez rapide. La gigue n'est plus en usage qu'en Angleterre.
Corelli a fait un grand nombre de gigues,
GouT, s. m. De tous les dons naturels , le goût est celui qui se sent le mieux et qui s'explique le moins ; il ne serait pas ce qu'il est, si l'on pouvait le définir; car il juge des objets sur lesquels le jugement n'a plus de prise , et sert , si j'ose parler amsi , de lunettes à la raison.
Il y a dans la mélodie des chants plus agréables que
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d'autres, quoique également bien module's; il y a dans l'harmonie des choses d'effet et des choses sans effet , toutes également régulières; il y a dans l'entrelacement des morceaux un art exquis de faire valoir les uns par les autres , qui tient à quelque chose de plus fin que la loi des contrastes. H y a dans Texécution du même morceau des manières différentes de le rendre , sans jamais sortir de son caractère : de ces manières , les unes plaisent plus que les autres , et loin de les pouvoir soumettre aux règles , on ne peut pas même les déterminer. Lecteur, rendez-moi raison de ces différences , et je vous dirai ce que c'est que le goût.
Chaque homme a un goi'u particulier, par lequel il donne , aux choses qu'il appelle belles et bonnes , un ordre qui n'appartient qu'à lui. L'un est plus touché des morceaux pathétiques , l'autre aime mieux les airs gais. Une voix douce et flexible chargera ses chants d'ornemens agréables ; une voix sensible et forte animera les siens des accens de la passion. L^i cherchera la simplicité dans la mélodie , l'autre fera cas des traits recherchés; et tous deux appelleront élégance le goût qu'ils auront préféré. Cette diversité vient tantôt de la différente disposition des organes , dont le goût enseigne à tirer parti ; tantôt du caractère particulier de chaque homme , qui le rend plus sensible à un plaisir ou à un défaut qu'à un autre ; tantôt de la diversité d'âge ou de sexe , qui tourne les désirs vers des objets différens. Dans tous ces cas , chacun n'ayant que son goût à opposer à celui d'un autre , il est évident qu il n'en faut point disputer.