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la raison, sa force consiste dans les vibrations multipliées de plusieurs cordes pincées tour-à-tour ou simultanément. Dès que l'on est obligé de laisser les arpèj^es pour l'unisson, et de passer des basses sonores à l'octave iiguë qui n'est composée que de tons obtenus sur une corde raccourcie et qui ne vibre plus , le cliant faible (;t languissant, privé du secours de l'harmonie , n'ej)t plus qu'un pizzicato maigre, sec et dépourvu de toute espèce de charme.

Nous conseillons aux guitaristes de consacrer leurs talens précieux à raccompagnement , et de réserver jx)ur les exercices de l'étude, de prétendues sonates dans lesquelles on trouve des traits, des trilles, des coulés, des gammes, des cadences, des points d^orgue qui n'existent réellement que sur le papier , et que l'on écoute avec les oreilles de la fol, sans acquérir la certitude de les avoir entendus. ( T^, Lyre, Rasgado.)

Guitariste, s. de t. g. Musicien qui joue de la guitare. ^

GuiTERNE, s. f. Nom que l'on donnait autrefois à la guitare.

rl^ lettre qui désigne en Allemagne le'si naturel. Hache. ( Voyez Pas de Hache. )

Halali, s. m. Nom du ton de chasse que Tonsonné pour annoncer que la bête se rend. Les chasseurs crient alors halali ï halali! halali 1 c'est-à-dire victoire! victoire f victoire!

Méhul s'est servi du halali pour terminer sa belle ouverture du Jeune Henri; cet air y forme le motif que tous les instrumens à vent attaquent fortissimo après le point d'arrêt. Philidor et Haydn ont aussi fait entendre le halali dans la chasse de Tom-Jones, et dans celle de l'oratorio des Saisons. [Fig* 24.)

Ce mot vient de halala, clameur des soldats grecs quand ils allaient à l'ennemi. En pareille cii^constance certains peuples crient maintenant houra , à l'imitation des Cosaques. {Voyez ToNS DE CHASSE.)

Harmonica, s. m. Instrument composé avec des gobelets de verre de différentes grandeurs, que Ton assujétit par leurs pieds sur une petite table, et que l'on accorde en mettant plus ou moins d'eau dans cha— « cun d'eux. En frottant légèrement les bords de ces verres avec les doigts mouillés, on obtient des sons doux qui tiennent de la nature des sons harmoniques. C'est ce qui a fait nommer l'instrument harmonica.

Il y a plusieurs sortes à' harmonicas , celui que nous "venons de décrire est le plus en usage. D'autres sont à cylindre ou à clavier. On n'exécute sur Yharmonica que des morceaux lents et peu étendus ; il n'est guère possible de faire entendre toujours deux parties , et ceux qui jouent de cet instrument se bornent à rendre le chant , en l'accompagnant de t^mps en temps d'un second dessus bien simple. Le principal charme de Vharmonica est dans la qualité de ses sons , dont Textrême douceur inspire la mélancolie.

Hartvionie , s. f. Plusielirs sons résonnant ensem- He, forment un accord. La succession de plusieurs accords forme Yharmonie,

Deux voix ou deux cors , dont l'un fait entendre ut, sol , mi j tandis que l'autre porte à l'aigu m^, ré, *ut^k Paigu donnent une harmonie simple et agréable. La réunion de deux parties suffit pour constituer Vharmonie, mais on ajoute à son effet en augmentant leur nombre et celui des exécutans. Une marche guerrière, une symphonie à grand orchestre , un chœur dramatique , un psaume en faux bourdon , et soutenu par les sons pleins et majestueux de l'orgue sont de beaux résultats harmoniques.

Les anciens ne connaissaient pas V harmonie, et ce mot, qui nous vient des Grecs, n'était point chez eux xxn terme particulièrement consacré à la musique (i). Leurs chants, entièrement mélodiques, s'exécutaient à

(i) Harmonia. Proportion des choses qui s'entretiennent. (M. GaiL; Racines grecques.)

l'unisson ou à Toctave , selon le diapason des voix et des instrumens.

Les morceaux de musique que la liturgie chrétienne nous a conservés , et les auteurs qui ont écrit sur cette matière , s'accordent à nous prouver que le chant à plusieurs parties diversement coordonnées , étoit ignoré des anciens. Ce fait n'est plus contesté. D'ailleurs on sait que V harmonie n'a été inventée que pendant le huitième siècle , et que parconséquent son existence ne remonte pas au-delà du moyen âge. Il me semble que cela devrait suffire aux littérateurs qui perdent encore leur temps à fouiller dans les bibliothèques pour recueillir des autorités à l'appui de leurs conjectures. Il serait sans doute à souhaiter que l'on retrouvât ces hymnes fameux, ces chœurs ravissans qui tant de fois ont fait retentir les temples et les théâtres d'Athènes. De pareils monumens seraient d'un grand prix comme objets de curiosité i, mais Tart ne gagnerait rien à leur découverte. A quoi pourraient-ils nous servir? à donner le type de la musique ancienne? nous l'avons déjà, et nous entendons tous les jours, dans nos églises , de superbes fragmens de la mélodie antique. Les documens et les traités relatifs à une musique qui n'employait que l'unisson, ne sauraient èlre d'un grand secours pour les modernes, qui tirent leurs plus beaux effets des combinaisons de V/iarnionie*

Avant d'être admis à l'étude de la composition, un élève est retenu pendant un an ou deux à celle de V harmonie. Par cette étude il parviendra à connaître tous les accords reçus dans la musique, leur enchaî-

nement, leur marclie, la manière de les préparer-, de les tenir, de les résoudre. Les leçons d'/uirmonie ne se composent que de grosses notes, et Ton s'attache peu à leurs résultats mélodiques : il s'agit seulement de former des accords et de les faire marcher régulièrement; c'est une musique purement scoL.slique et qui ne doit pas s'exécuter. L'harmoniste passe ensuite à la composition , et dès ce moment il est obligé de créer des chants agréables et de les ajuster sur les masses en accords , que ces études précédentes lui ont appris à disposer selon les règles de l'art.

Un élève qui se présente pour suivre un cours àliar- Tnonie, doit savoir lire parfaitement la musique , sur toutes les clefs. Voilà la seule connaissance préliminaire que l'on exige de lui.

Cette espèce à' harmonie peut recevoir le nom de scolastique. Nous venons d'indiquer la manière adop tée pour l'enseignement de Vharmonie scolastique à l'Ecole royale de Musique. Il nous semble cependant qu'on ferait bien d'astreindre l'élève à donner à son canevas harmonique des tours gracieux , et la marche élégante et suivie de la mélodie , pour l'accoutumer de bonne heure à employer en même temps les deux puissances musicales. {Fig* 26.)

Harmonie, musique d'instrumens à yenX.ÇF^oyez Musique militaire.) '

Harmonie , s. f. Terme de facteur d'orgue. On entend par harmorde dans la confection des différens jeux de l'orgue la qualité de son qui convient à chaque jeu,

soit jeu d'anclie ou jeu à bouche. On ne dit point ce jeii est d'un bon timbre, d'une belle qualité , mais on dit ce jeu a une belle harmonie , il est d 'une harmonie ronde^ moelleuse j grêle j sourde , éclatante ^ etc.

Harmonieux, adj. Tout ce qui fait de l'effet dans l'harmonie. Plusieurs voix réunies dans l'exécution d'un morceau de musique à plusieurs parties rendent un son harmonieux*

Harmonique, ( Voyez Sons harmoniques. )

Harmoniste, s. des 2. g. Musicien savant dans l'harmonie. Handel, Bach, Mozart, Haydn, Chérubini, sont de grands harmonistes*

Harpe, s. f. Instrument de musique monte avec des cordes de soie filées en laiton et des cordes de boyau dont on obtient des sons en les pinçant.

La harpe est un instrument de la plus haute antiquité; mais son existence musicale dans la musique moderne ne doit être comptée que du moment où elle a reçu des pédales dont le mécanisme ingénieux donne les moyens de parcourir tous les tons du système et de former des modulations ; ce qui était impossible autrefois, la harpe étant bornée au seul ton dans lequel on la montait. On peut en faire la remarque en entendant les petites harpes portatives des Cilabrois musiciens ambulans ; elles fatiguent l'oreille par réternelle répétition des mêmes accords pris dans le même mode.

Les sons flatteurs de la harpe perfectionnée ^ ses

arpèges riches d'harmonie reposant sur les vibrations des cordes graves mettraient cet instrument au-dessus du piano si ses moyens d'exécution n'e'taient pas retenus dans des hmites trop étroites. Les changemens de ton , les traits enharmoniques bien fréquens dans le récitatif, font naître tout à coup des difficultés que les plus grands talens ne surmontent qu'avec peine. Il est bien peu de harpistes qui accompagnent sur la partition, et je ne sache pas qu'il y en ait qui puissent suivre exactement les marches d'une harmonie serrée et un motif traité en fugue. Une sonate, un concerto de harpe produisent un effet satisfaisant lorsqu'ils sont bien exécutés et que les cordes ne cassent pas. Un solo de liarpe est agréable à entendre à l'orchestre. Cet instrument accompagne bien le cor. La réunion de plusieurs harpes donne de beaux résultats dans les Bardes ^ XJthal, la J^estale y f^allace,

La musique de harpe s'écrit à deux parties comme celle de piano. On emploie la clef de sol pour la première partie et celle deya quatrième ligne , pour la seconde.

La harpe est composée de cinq parties principales qui sont :

Le corps de la harpe,

La console ,

Le mécanisme ,

La colonne ,

Et la cuvette.

Le corps de la harpe est concave ; il comprend le dos de l'instrument et la table d'harmonie.

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