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Valeur des notes. Outre la position des notes qui en marque le ton, elles ont toutes quelque fîguie déterminée qui eu marque la durée ou le temps, ceslà-dire qui détermine la valeur de la note.
C'est à Jean de Mûris qu'on attribue l'invention de ces figures, vers l'an i33o : car les Grecs n'avaient point d'autre pâleur de noie que la quantité des syllabes; ce qui seul prouverait qu'ils n'avaient pas de musique purement instrumentale. Cependant le P. Mersenne, qui avait lu les ouvrages de Mûris, assure n'y avoir rien vu qui pût confirmer cette opinion , et , après en avoir lu moi-même la plus grande partie , je n'ai pas été plus beureux que lui. De plus, l'examen des manuscrits du quatorzième siècle, qui sont à la bibliotbèque du Roi , ne porte point à juger que les diverses figures de notes qu'on y trouve fussent de si nouvelle institution. Enfin, c'est une cbose difficile à croire , que durant trois cents ans et plus , qui se sont écoulés entre Guido et Jean de Mûris, la musique ait été totalement privée du rbytbme et de la mesure, qui en font l'âme et le principal agrément.
Quoi qu'il en soit , il est certain que les différentes valeurs des notes sont de fort ancienne invention. J'en trouve, dès les premiers temps, de cinq sortes de figures , sans compter la ligature et le point. Ce»
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cinq sont, la maxime, la longue, la brève, la semîbrève et la minime. Toutes ces différentes notes sont noires dans le manuscrit de Guillaume de Macliault; ce n'est que depuis l'invention de l'imprimerie qu'on s'est avisé de les faire blanches , et , ajoutant de nouvelles notes, de distinguer les i^'aleurs, par la couleur aussi bien que par la figure.
Les notes , quoique tigure'es de même , n'avaient pas toujours la même valeur. Quelquefois la maxime valait deux longues , ou la longue deux brèves ; quelquefois elle en valait trois : cela dépendait du mode. ( J^oyez Mode.) Il en était de même de la brève , par rapport à la semi-brève , et cela dépendait du temps. iV^oyez Temps.) De même enfin la semi-brève, par rapporta la miniine ; et cela dépendait de la prolation. ( Voyez Prolatjo.n . )
Il y avait donc longue double , longue parfaite, longue imparfaite, brève parfaite, brève altérée, semibrève majeure , et semi-brève mineure: sept différentes vrt/e«r5 au jt quelles répondent quatre figures seulement^, sans compter la maxime ni la minime, notes de plus moderne invention. (^ Voyez ces divers mois.) Il y avait encore beaucoup d'autres manières de modifier les différentes valeurs de ces notes, par le point, par la ligature , et par la position de la queue. ( Voyez Plique, Point.)
Les figures qu'on ajouta dans la suite à ces cinq ou six premières furent la noire , la croclie , la double-r croche, la triple, et même la quadruple-croche, ce qui ferait onze figures en tout : mais ài's qu'on eut,
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pris l'usage de séparer les mesures par clés barres , ou abandonna toutes les figures de notes qui valaient plusieurs mesures , comme la maxime qui en valait huit, la longue qui en valait quatre, et la brève ou carre'e qui en valait deux.
La semi-brève ou ronde , qui vaut une mesure entière, est la plus longue valeur de notes demeurée eu usage, et sur laquelle on a déterminé les valeurs de toutes les autres nolefi , et comme la mesure binaire , qui avait passé loiig-teniMS pour moins prufaite que la ternaire, prit enfm le dessus et servit da 1 ase à toutes les autres m.esures; de même la division sous-double l'emporta sur la sous-triple , qui avait aussi passé pour plus parfaite ; la ronde ne valut plus quelquefois trois blanclies , mais deux seulement ; la blanche deux noires , la noire deux croches , et ainsi de suite , jusqu'à la quadruple-croche , si ce n'est dans les cas d'exception où la division sous-triple fut conservée, et indiquée par le chiffre 5 placé au-dessus ou au-dessous des notes.
Les ligatures furent aussi abolies en même temps , du moins quant aux changemens qu'elles prodtiisaient dans les valeurs des notes. Les queues, de quelque manière qu'elles fussent placées , n'eurent plus qu'un sens fixe et toujours le même; et enfin la signification du point fut aussi toujours bornée à la moitié de la note qui est iinméciiatemeut avant lui. Tel est l'état où les figures des notes ojit été mises, quant à la valeur, et où elles sont actuellement. Les silences équiyalens sont expliqués à l'article SiLENCE. {Fig, 5i.J