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tugadin, pour venir gazouiller d'une voix aigrement Êiusse toutes les ordures du Pont-Neuf, et les refrains ramassés dans les ëgouts. Je laisse deviner Peffet que produisent dix rossignols à flon flon , tâchant de marteler et saccader ensemble et à l'unisson , F air à demain, demain, demain, demain^ ou les traits rapides d'une valse ou d'une contredanse.
Comment veut-on que le goût de la bonne musique s'établisse généralement en France , si le gouvernement permet que l'on offre sans cesse à la foule ignorante, les indignes objets de son admiration, hes pontneuf ont été quelquefois admis à l'Opéra-Gomique , et l'on a applaudi avec transport Toto Caraho , au Clair de la Lune , Malbrouch , que d'aimables compositeurs ont daigné mêler à leurs périodes harmonieuses. Le peuple parisien a crié au miracle , et les marchands de musique se sont empressés de multiplier les variations, les fantaisies, les duos, les nocturnes, et autres chefs-d'œuvre de cette force, inspirés par ces refrains de cabaret. Mais les connaisseurs qui ne tolèrent ces sortes d'emprunts, que quand un travail harmonique, élégant et pur, un dessin hardi, audacieux même , vient leur servir d'excuse , ont trouvé t|ue la hcence n'avait pas été justifiée.
Port de voix. C'est ce que les Italiens appellent
portamento. Il y a deux manières de porter la voix
ou les sons 5 la première , lorsqu'on lie plusieurs sons
d'égale valeur^ qui procèdent par degrés conjoints et
disjoints, comme dans l'exemple. Fig* 5'j. je.
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Ces sons doivent ttre articules également et tllstinctement, sans les détacher, c'est-à-dire, sans que le gosier fasse des muuvcmens trop marques.
La seconde manière de porter la voix se pratique entre deux sons , qui forment un intervalle plus ou moins grand, et qui procèdent par degrés disjoints seulement. Elle consiste à faire glisser la voix promptement par une liaison fort légère , qui part de l'extrémité de la première des deux notes , pour passer à celle qui la suit, en l'anticipant. (^Voyez Fig, 5y, B.)
Si ]e port de ^olx se fait du grave à Taigu, alors on passe du doux au fort de la voix avec un coup de gosier moelleux et lié; au contraire, lorsqu'il se fait de l'aigu au grave, on passe du fort au doux, afin d'éviter une espèce de son de voix écrasé qui en résulterait, et pour se conformer en même temps à la loi qui oblige le chanteur à donner plus de force aux sons hauts , et moins de force aux sons bas.
Il faut quun chanteur use du port de v^olx avec réserve, et qu'il mette de la variété dans son exécution par des oppositions , en employant alternativement le port de voix et l'usage d'attaquer les sons sans les lier.
Le port de voix ne doit jamais être placé sur la note qui commence un chant. Il est beaucoup déports de voix de mauvais goût qui sont signalés par les méthodes de chant , on doit les éviter avec soin.
Le port de voix comme les autres agrémens du chant, est commun au chant vocal et à Texécutiou instrumentale.
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Portée, s. f. ha portée ou ligne de musique, est composée de ciiîq lignes parallèles , sur lesquelles ou entre lesquelles les diverses positions des notes en marquent les degrés. La portée du plain-chant n avait que quatre lignes, on commence à lui eu donner une cinquième , dont on a reconnu la nécessité à cause du grand nombre de cliangemens de clef, que 1 insuffisance de la portée obligeait de faire.
Ce nom déportée a été donné à la ligne de musique, parce qu'elle renferme exactement la portée ou l'étendue d'une voix ordinaire. Et l'on donnait une clef différente à chaque voix pour que les chants qui lui étaient destinés, fussent retenus dans les bornes delà. portée, sans avoir recours aux lignes additionnelles. {Fig. 12.)
PosAUNE, ( Voyez Trombone. )
Positif, petit orgue que l'on place devant le grand orgue, quand il est assez considérable pour être divisé en deux. En France, Torganiste est assis entre le positif et le grand orgue, et devant ce dernier qui contient tous les claviers , dont le plus bas répond au positif.
Position , s. f. Lieu de la portée où est placée une note , pour ûxer le degré d'élévation du sou qu'elle représente.
Les notes n'ont , par rapport aux lignes , que deux différentes positions, savoir : sur une ligne ou dans un espace, et ces positions èont toujours alternatives lorsqu'on marche diatoniquement. C'est ensuite le lieu
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qu'occupe la ligne môme ou Tespace de la portée, et par rapport à la clef qui détermine la véritable posltlon de la note , dans un clavier général.
On appelle huss'i positiofi dans le jeu des instrumens à manche , le lieu où la main se pose sur le manche , selon le ton et le développement des traits que l'on a à exécuter 5 on compte six positions dans le violon.
POT-POURI , suite d'airs pris en partie ou en totalité cà et là , dans les compositions de divers maîtres , et même parmi les refrains que Ton chante dans les rUes , et cousus les uns aux autres par quelques phrases conjonctionnelles.
Lte pol-pouri roule ordinairement sur im air favori, qui revient de temps en temps, et se termine par un thème varié.
Quoique c*3 genre soit le plus à la portée des ignorans , ils n'y réussissent pas mieux pour cela , et le grand nombre des pot-jjo a ris qu'ils ont publiés , a fait tomber ce genre dans le discrédit.
Prélude , s. m. Trait de chant qui passe par les principales cordes du ton , pour l'annoncer, pour vérifier si l'instrument est d'accord, commander le silence , et préparer l'oreille à ce qu'un va lui faire entendre.
Ce n'est que dans les réunions particulières que les musiciens préludent avant d'exécuter la sonate ou le concerto. Si le prélude est interdit dans les concerts publics et au théâtre , il prend bien sa revanche dans
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les assemblées d'amateurs ,• et ces traits interminables , exécutes en même temps par tous les instrumentistes et dans tous les tons, modes et mesures possibles, forment un charivari que l'oreille la moins exercée ne saurait supporter long-temps.
hejJf élude ne s'écrit point; le musicien l'improvise. Handel , Bach , Steibeit et autres ont publié des recueils de préludes pour le clavecin ou le piano.
M. Berton a trouvé un moyen fort ingénieux pour apprendre aux jeunes élèves à faire des préludes réguliers sur les principales cordes de tous les tons.
Quatre cartes forment ce qu'il appelle y e« des préludes harmoniques , ou compas et boussoles des gammes^ pour tous les tons, par dièse et par hémol , dans les deux modes. C'est en ajustant de diverses manières la carte appelée compas sur celle qui est nommée boussole , que Télève parvient à connaître sur-le-champ la tonique , la dominante , la sousdominante de chaque ton , et le nombre de dièses ou de bémols accidentels ou posés à la clef, le mode et son relatif, etc. etc.
PrÉludeii, V. n. C'est, en général, chanter ou jouer quelque trait de fantaisie irrégulier et assez court , mais passant par les cordes essentieHes du ton , soit pour l'établir, soit pour disposer sa voix, ou bien poser sa main sur un instrument avant de commencer un morceau de musique. '
Mais, sur l'orgue et le piano, l'art àe préluder est plus considérable : c'est composer et jouer impromptu
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des morceaux chargés de tout ce que la composition a de plus savant en dessin , en fugue , en imitation , en modulation et en harmonie. C'est tout en préludant que les grands musiciens , exempts de cet extrême asservissement aux règles que Pœil des critiques leur impose sur le papier, font briller ces transitions hardies et savantes qui ravissent les auditeurs : c'est là qu'il ne suffit pas d'être bon compositeur, ni de bien connaître son clavier, ni d'avoir la main bonne et bien exercée , mais qu'il faut encore posséder cette verve, cette fougue de génie , et cet esprit inventif qui font trouver et traiter sur-le-champ les sujets les plus favorables à Tharmonie et les plus agréables pour l'oreille.
Première fois. (J^oyez Reprise.)
Première intention , prima intenzione. Un air, lin morceau de première intention , est celui qui s'est formé tout d'un coup , tout entier et avec ses parties , dans Tesprit du compositeur , comme Pallas sortit tout armée du cerveau de Jupiter. Les morceaux de première intejilion sont de ces rares coups de génie, dont les idées sont si étroitement liées , qu'elles n'en font , pour ainsi dire , qu'une seule , et n'ont pu se présenter à l'esprit Tune sans l'autre : ils sont semblables à ces périodes de Cicéron , longues , mais éloquentes, dont le sens, suspendu pendant toule leur durée , n'est déterminé qu'au dernier mot, et qui, par conséquent, n'ont formé qu'une seule pensée dans l'esprit de l'auteur. Il y a dans les arts des inventions
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produiles par de pareils efforts de génie , et dont tous les raisonnemens , intimement unis l'un à l'autre , n'ont pu se faire successivement , m.ais se sont nécessairement offerts à l'esprit tout à la fois , puisque le premier sans le dernier n'aurait aucun sens : telle est , par exemple, l'invention de cette prodigieuse machine du métier à bas, qu'on peut regarder, dit le philosophe qui Ta décrite dans V encyclopédie , comme ua seul et unique raisonnement dont la fabrication de l'ouvrage est la conclusion. Ces sortes d'opérations de l'entendement, qu'on explique à peine même par l'analyse , sont des prodiges pour la raison , et ne se conçoivent que par des génies capables de les produire : l'effet en est, toujours proportionné à Feffort de tête qu'ils ont coûté; et, dans la musique, les morceaux de première intention sont les seuls qui puissent causer ces extases , ces ravissemens , ces élans de l'âme qui transportent les auditeurs hors d'eux-mêmes 5 on les s^nt , on les devine à l'instant , les connaisseurs ne s'y trompent jamais. A la suite d'un de ces morceaux sublimes, faites passer un de ces airs décousus, dont toutes les phrases ont été composées l'une après l'autre , on ne sent qu'une même phrase promenée en différens tons , et dont l'accompagnement n'est qu'un remplissage fait après coup; avec quelque goût que ce dernier morceau soit composé, si le souvenir de l'autre vous laisse quelque attention à lui donner, ce ne sera que pour en être glacé , transi , impatienté. Après un air de première intention , toute autre musique est «ans effet.
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Préparation, s. f. Acte de préparer la dissonance, (^oyez Préparer.)
Préparation au chant. On donne ce nom aux études du solfège et de la vocalisation , lesquelles servent à former l'élève à la lecture de la musique et à développer sa voix , à la rendre égale sur tous les points, à lui donner du corps et dé l'agilité, à affermir son intonation, avant de lui confier Texécution des compositions vocales. Le succès d'un chanteur dépend en grande partie de ces études préparatoires, dont beaucoup d'élèves ne sentent malheureusement pas l'importance.
Préparer , v. a. , est l'action que forme harmoniquement une consonnance avant une dissonance, dans une ou plusieurs parties aiguës ou médiaires sur une note de basse. Je dis action, parce que si l'une des parties, soit grave, soit aiguë, ne se mouvait pa^, il n'y aurait réellement pas de préparation pour la note qui marche vers une autre. Piéparer est donc faire entendre une consonnance entre deux parties , dont l'une reste fixe , taudis que l'autre monte ou descend diatoniquement ou par divers mouvemens pour former dissonance. La préparation se fait à l'aigu comme au grave , attendu que la dissonance peut se trouver indifféremment dans l'une de ces parties ; si le contact se fait d'une manière immédiate ou par renversement , il en résulte que la dissonance a été opérée par la partie qui marche.
Prenons pour exemple (/''. 44 his) la dissonance de