REG
nique dans ses formes et ses moyens , pour que les exécutans puissent rendre en sextuor, en quatuor, ou simplement sur le piano , la harpe et même la guitare, unc^ymphonie , une ouverture , un accompagnement destinés pour le grand orchestre.
Les symphonies de Mozart ont été réduites en sep-^ tuors par Cimador, et celles de Haydn par Salomoa.
Si un opéra réussit , on en publie aussitôt les airs réduits avec accompagnement de piano ou de guitare. On se sert pourtant assez généralement du mot arranger pour exprimer la même chose , ce qui est une erreur. (J^ojez Arranger.)
Refrain , s. m. Terminaison de tous les couplets d'une chanson ou d'une romance , par les mêmes paroles et par le môme chant ^ qui se dit ordinairement deux fois.
RÉGALE. Jeu d'anche, le plus ancien de tous les jeux de l'orgue. Il n'est plus employé dans les orgues modernes. Ses tuyaux étaient si courts , qu'ils n'avaient pour ainsi dire que l'anche , ce qui donnait les moyens de placer un jeu complet de régale dans une table.
RÉGALE. {Voyez ECHELETTES.)
Registres , s. m. plur. C'est , dans l'orgue , des règles de bois percées d'autant de trous ronds que chaque jeu a de tuyaux. Quand on tire le registre , chacun des trous du registre du sommier se présente sous l'embouchure d'un tuyau, en sorte que si Torga-
REG. 2o5
niste baisse une touche , et par conséquent la soupape qui lui correspond , le vent entre dans le tuyau et le fait résonner. Quand le registre du clavier est poussé , le registre du sommier barrant le passage au ve^, les touches ne parlent plus , mcme quand on les baisse.
Il y a autant de registres que l'orgue a de jeux différens. Un seul registre du clavier fait mouvoir tous ceux d'un jeu composé de plusieurs, tels que les cornets , les fournitures.
Registres vient de regere ^ parce qu'ils donnent à Torganiste les moyens de gouverner le vent renfermé dans le sommier, et de l'introduire dans le nombre de tuyaux nécessaire à l'effet qu'il se propose de rendre.
Les registres sont mus par de petites pièces de bois à tiroir et à pommeau , qui sont placées à droite et à gauche du clavier de l'orgue, afin que l'organiste les ait tous sous sa main pour en disposer à son gré; audessous de chaque pommeau on écrit le nom du jeu qui lui correspond.
Registres de la voix. Le mot registre^ qui sert à indiquer les changemens des jeux de l'orgue, a été adopté pour indiquer aussi le changement de son qui existe dans le même individu , entre la voix de poitrine , la voix de médium et la voix de tête.
Les voix de basse et de contralte n'ont qu'un seul registre, celui de poitrine.
Celle de ténor en a deux , celui de la voix de poitrine et celui de la voix de tête.
2o4 REG.
Les voix de dessus ont trois registres , celui de poitrine , celui de médium et celui de la voix de tête.
Les méthodes de chant donnent les moyens, et proposent des exercices pour réunir ces divers registres , et rendre ainsi la voix égale sur tous les points.
PvÈGLE d'octave. Formule d'harmonie établie d'après la force mélodique des cordes de l'échelle. Cette formule tend à donner à chacune de ces cordes l'harmonie qui lui est propre quant à elle-même, et en raison de celle qui la précède et de celle qui la suit.
La règle d'octave n'a été inventée par aucun maître en particulier , elle a été doimée par l'impulsion successive que la tonalité moderne a amenée dans l'harmonie. Dans l'ancienne tonalité , celle des huit tons du plain-chant , il y avait , à proprement parler , une règle d'harmonie pour les cordes essentieUes , à l'égard des repos sur lesquels chaque phrase mélodique se ter mmait. Il en résultait que, presque toujours, la tierce et la sixte étaient placées rigoureusement sur la note qui annonçait celle qui formait repos , et qui portait l'accord parfait. L'introduction de la basse continue, attribuée à Viadana , n'a pas peu contribué à faire connaître que cette loi de placer la sixte sur l'avant-dernière note d'une phrase harmonique , est tellement dans la nature, que telle échelle d'harmonie que l'on voudra former , devra nécessairement avoir pour base l'accord parfait, dii'ect ou renversé. Si dans la règle d'octave, employée depuis plus d'un siècle, on a substitué, sur certaines cordes , des accords dissonans aux
PvEG. 2o5
accords consonnans , ce n'a été qu'en raison du développement d'un système primordial d'harmonie , dont les fausses interprétations ont été poussées trop loin.
On voit bien qu'il s'agit ici de la basse fondamentale : elle n'était qu'une puérile et ridicule application de l'acte de cadence finale , dont nous venons de parler, application que Rameau et ses sectateurs ont voulu étendre et attribuer à chaque note de basse , qui existe par elle-même en raison de sa force tonale, ou qui provient de celle-ci d'après le rang qu'elle occupe dans l'échelle. Cette manie de systèmes a possédé pendant un demi-siècle un grand nombre d'auteurs et de philologues distingués , et nous ne craignons pas de la regarder comme la cause qui fit perdre en France la pureté d'école , et la simplicité dans les bases de l'enseignement de l'harmonie. Gossec vint des bords de la Meuse, rétablit les bons principes, et fonda l'Ecole Française qui réunit les grâces de celle d'Italie , aux richesses d'orchestre , à la vigueur d'expresssion de l'Ecole Allemande. Elle a produit les Catel , les Méhul , les Berton^ les Boïeldieu, dont le style s'est formé d'après les documens certains de ce patriarche de l'harmonie.
A cette époque, le système de la basse fondamentale eût peut-être prévalu de nouveau, si, par un concours d'heureuses circonstances, l'illustre Chérubini n'était venu se fixer en France , et nous prouver par ses compositions sublimes, qu'il ne peut exister qu'une seule et véritable école en musique , celle des mouvemens réunis à la force tonale.
2o6 REG.
La régie cV octave était alors en France la même qu'en Italie et en Allemagne , en ce qui concernait la première , la seconde , la troisième , la cinquième et la septième note de l'échelle , tant en montant qu'en descendant. Mais on reconnaissait les disciples de Rameau, et ceux de la bonne école, à la manière d'àccompagner la quatrième et la sixième note en montant. Les premiers donnaient à la quatrième note, tierce^ sixte et quinte^ dont la note fondamentale, comme note la plus grave de l'accord divisé par tierces , était la sixte. Dans le système de la basse fondamentale y cette note était censée devoir descendre de quinte sur la cinquième note du ton , pour former acte de codence imparfaite', ce qui était encore d'accord avec l'Ecole d'Italie : mais dans le cas où cette même quatrième note , dans la basse passait à la cinquième note, accompagnée de sixte et quarte, la sixte de la quatrième note devant monter diatoniquemeiit, était, selon Rameau , une dissonance sur la quatrième note qui était alors la note fondamentale. C'est ce qu'il appelait, mal à propos, accord de double emploi-, comme si la note fondamentale d'un accord pouvait changer en raison de la marche des parties. Aussi les harmonistes de la bonne école souriaient-ils de pitié en voyant publier en France une infinité de volumes et de pamphlets, preuves irrécusables de la petitesse des vues et des connaissances de leurs auteurs.
La sixième note accompagnée de tierce, quarte et sixte , appelée par les sectateurs de Rameau accord de
petite sixte , et chiffrée 57 ou ^ , était encore la pierre