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qu'il est possible. Ainsi , pour refsserrer cet accord ut sol mi^ qui comprend une dixième, il faut le renverseï; ainsi ut mi 6oI, et alors il ne comprend qu'une quinte. Tous les accords peuvent être resserrés , mais Vharnionie resserrée nesi pas la plus agre'able , parce qu'elle a moins de variété dans les sons et moins de grandiose dans l'effet qu'elle produit, ses proportions étant moins spacieuses.

Rester , v. n. Rester sur une syllabe , c'^st la prolonger plus que n'exige la prosodie, comme on fait sous les roulades ; et rester sur une note , c'est y faire une tenue, ou la prolonger jusqu'à ce que le sentiment de la mesure soit oublié.

Retard, s. m. On retarde la note d'harmonie par une note de mélodie.

L'art des retards est celui de la coquetterie en musique, où les retards sont d'aimables rigueurs dont Pobjet est d'augmenter des désirs, que l'on satisfait en-* suite plus pleinement.

Le retard est l'empiétement du levé sur une partie du frappé. Presque tous les retards sont produits par l'effet des prolongations.

Le retard s'opère en dessus ou en dessous de l'une , ou de plusieurs des notes qui ont fiit partie de l'accord, qui esl destiné à former le frappé de la cadence.

IJappoggi.ture y ou petite note, est toujours un

relard. Les Italiens ont nommé appoggiature , note

d'ap]pui , la note de mélodie que le compositeur ou lé

chanteur place avant la note d'harmonie , parce que la

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voix s'appuye sur cette note plus que sur celle qu'elle retarde.

Le retard peut avoir lieu par la note diatonique ou chromatique, en dessous de celle qui est retardée, comme par celle au-dessus.

Le retard diatonique et le chromatique, peuvent être tous deux employés immédiatement à faire désirer et amener la note de l'accord , dont elles tiennent en partie la place. ( Fig. 44, )

Rhythme, s. m. C'est, en musique , la différence des mouvemens qui résulte de la vitesse ou de la lenteur, de la longueur ou de la brièveté de^ temps.

Figurez un passage d'une sonate , ou d'iui air quelconque, en frappant avec les doigts sur une table comm* vous le feriez sur le clavier ; parlez les phrases d'un air en vous servant d'une seule syllabe pour nommer toutes les notes, et suivez exactement la mesure; il n'y aura plus de musique , mais le rliylhme frappera l'oreille , et suffira pour lui signaler les airs que vous venez de dépouiller du charme de l'intonation et de la mélodie.

Le tambour qui n'a qu'un ton , marque le rhythme des airs que le fifre joue, et lorsqu'il est privé du secours de cet instrument, le tambour offre encore le dessin de ces mêmes airs. 11 faudrait être bien peu sensible à la cadence , pour ne pas reconnaître Vive Henri IV , ou tout autre air joué par les tambours seuls. {Fig. 4y.)

Le rhythme est une partie essentielle de la musique,

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et surtout de la musique pittoresque. Ses ^-etours tantôt égaux , tantôt variés , donnent un charme de plus à la mélodie , affectent nos âmes , et y portent le sentiment des passions. Le compositeur produit des effets ravissans , en employant à propos cette puissance mu • sicale^ soit que toutes les parties de Tharmonie, marcbant parallèlement , frappent des notes de même valeur, soit que le chant , libre dans son élocution , repose ses phrases sur un accompagnement contraint , ou qu'une seule partie conserve un rhythme égal tandis que toutes les autres suivent des marches différentes.

On composera aisément, sur un même rhythme ^ deux ou plusieurs airs différens. Mais on ne peut changer le rhythme d'une phrase musicale , sans la rendre méconnaissable et sans lui faire éprouver une métamorphose complette. Elle ne dira plus ce qu'elle disait, et sa nouvelle expression sera tellement opposée à celle qu'elle avait d'abord , que l'on croira entendre , et l'on entendra réellement une nouvelle phrase , un nouvel air. Le vaudeville de Maître Adam, Aussitôt que la lumière , dont le rhythme est fortement marqué , et durement cadencé, donnera note pour note la musette de Nina , si l'on a soin de l'exécuter avec douceur, en remplaçant les saccades des points, par les molles ondulations du triolet. ( Fig, 4'/. )

Les premières mélodies ont été offertes à l'homme par la nature , qui lui a fait connaître ensuite la génération des accords , et c'çst encore elle qui lui donne les types du rhythme.

Le chant de certains oiseaux est soumis aux lois du

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rhythme ; la chouette procède par notes isolées ; le coucou marque deux temps égaux ; la caille femelle , la pintade , deux temps inégaux , dont le premier n'a que la moitié de la valeur du second. Le pinson et la caille mâle , font entendre chacun trois notes , elles sont égales dans l'appel du pinsbn , mais la première est pointée dans celui de la caille. Ce rhythme du chant de la caille mâle est très-musical , il a fourni à Plejelle motif d'un de ses meilleurs quatuors, (i^. 49.)

Le rhythme du galop a été rendu fort heureusement dans l'air Pria che spuntl , dans l'ouverture du Jeune Henri; et l'on prétend que les coups redoublés des marteaux tombant en cadence sur l'enclume , ont donné à Cimarosa la première idée de l'accompagnement délicieux qu'il a joint à l'air Sei morelli e quatro bai. /

Rhythmique, adj. Une musique rhythmique, est celle qui est ordonnée avec une parfaite symétrie dans les membres dont se composent ses périodes. L'air de danse des Africains , dans Sémiramis , est rhythmique.

Un accompagnement rhythmique ^ est celui dans lequel le compositeur fait entendre constamment le groupe uniforme, l'arpège adopté, tandis que l'harmonie varie ses accords. Ce retour plaît également dans le style noble et dans le comique; il peint facteur agité parles mêmes sentiiriens , arrêté sur la même pensée, et donne à sou trouble ou à son contentement une expression plus forte.

RIC. 2 2y

Gluck , que nous citerons toujours pour le dessin des accompagnemens , nous a donné les premiers modèles dans le genre rhythmique. Le duo à'Armide , Esprits de haine et de rage '^ l'air du même opéra, Venez, haine implacable^, ( Fig, 48. ) celui à^Iphïgénie en Tauride , Je V implore et je tremble , sont accompagnés suivant les lois sévères du rhythme. Nous donnerons encore pour exemple le trio de Joseph , ô mon Joseph. ( Fig, 48. ) Je pourrais en citer mille , en choisissant dans les œuvres de nos plus célèbres musiciens. Tous ont reconnu la puissance de ce moyen , et l'ont souvent employé dans leurs accompagnemens. Il faut qu'une composition soit dépourvue de toule espèce de charme, pour que la fidélité du rhythme fatigue au lieu d'intéresser.

RiCERCARE, RlCERCATO, OU RiCERCATA, est Une espèce de fugue d'imitation , dans laquelle on s'attache plus particulièrement à l'efFet musical qu'à la sévérité des formes scientifiques.

Le mot ricercato , en italien , signifie recherché. On donne ce nom à tout genre de composition où sont employées les recherches du dessin musical. Ce nom convient à certaines fugues; mais on l'applique plus particulièrement encore aux compositions madrigalesques, qui, outre les recherches du dessin, offrent encore celles du goût et de l'expression. L'Ecole Italienne possède une quantité prodigieuse d'ouvrages , et même de chefs-d'œuvre en ce genre. Les principaux auteurs qui s'y sont distingués , sont Paltstrina , li.

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Marenzlo, Cl. Monte verde, don C. Gesualdo, A. Scarlatti, B. Marcello, J. B. M. Clari, Ag. Steffanl , et F. Durante. ( Ployez Fantaisie , Madrigal.)

Rigaudon , s. m. Sorte de danse dont l'air est à deux temps , d'un mouvement gai , et se divise ordinairement en deux reprises , phrasées de quatre en quatre mesures , et commençant par la dernière note du second temps.

On prétend que le nom de cette danse vient de celui de son inventeur, lequel s'appelait Rigaud, On doit donc écrire rigaudon , et non pas rigodon , comme le prescrit l'Académie.

RiNFORZANDO , en renforçant , c'est passer du piano au fort , ou du fort au très-fort, non tout d'un coup, mais par une gradation continue, en enflant et augmentant les sons , soit sur une tenue , soit sur une suite de notes , jusqu'à ce qu'ayant atteint le point qui sert de terme au ren/orcé , l'on reprenne ensuite le jeu ordinaire.

Le rinforzando produit le même effet que le crescendo, mais son emploi est différent. On se sert plus particulièrement de celui - ci dans les grandes périodes , tandis que le rinforzando ne s'emploie que pour de petits groupes de notes, et même pour une note seule.

On le marque par son abrégé rinf, ou par le signe <[, dont la forme présente a l'œil le renflement que doit recevoir le son. Decrescendo , diminuendo, ca-

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lando, perdendo si, qui sont les opposés de rinforzando , sont représentés par le signe contraire ^.

Ces deux signes réunis <^ marquent le rinforzando, immédiatement suivi du diminuendo» ( jP. 5 1).

RiPiENE, s. m., et quelquefois adj., vient de l'italien ripieno , remplissage. Les ripienes sont les parties de chœur et d'orchestre , qui ne s'exécutent que dans les tutti, et se taisent pendant les solos. Il est facile de remarquer que la partie principale d'un concerto n'est accompagnée que de quelques violons de choix, tandis que les auti'es violons ne se font entendre que dans les tutti.

On appelle parties ripienes , celles qui ne devant servir qu'aux instrumens de doublure et de remplissage , ne portent que les seuls passages destinés à ces instrumens. Le copiste lui-même peut faire des ripienes , en remplaçant par des silences tout ce qui est réservé à l'accompagnement du solo.

On peut jouer en ripiene sur une partie écrite tout au long, en ayant soin de n'exécuter que les traits marqués du mot tutti , et de passer sous silence ceux désignés par le mot solo.

'^ RiTARDANDO, en retardant, signifie que Ton doit aller en retardant peu à peu la mesure , comme on diminue peu à peu la force des sons dans le diminuendo. A.lors ce gérondif devient substantif, comme ceux de crescendo, rinforzando , diminuendo, etc.

Ritournelle , s. f. Trait de symphonie qui s'em-

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