SO
peuvent se rapporter aux quatre espèces suivantes : 1** Celle du grave à Paigu, que l'on nomme ton ou degré du son.
2" Celle du vite âù lent, ou la diu-ée, que Ton nomme temps ou quantité,
5° Celle du fort au faible , que l'oniiomme simplement force ou intensité.
4** Enfin celle de l'aigre au doux , du sourd à l'éclatrirït, du sec au moelleux , que l'on nomme timbre.
On peut fiure rentrer dans Cette dernière classe les modifications qui proviennent de la manière dont le son est produit , c'est-à-dire celle du lié au détache' , et tous les agrémens. Peut -être vaudrait-ii mieux en faire Une cinquième espèce de modification, que Ton nommerait le caractère du son.
De ces modifications , la première et la plus importante est celle du ton ou degré. Eu effet , on peut concevoir que tous les soîis d'une pièce soient égaux eu durée : on en a un exemple dans le plain-cliant , et même dans un grand nombre de chants musicaux 5 ou conçoit encore plus facilement qu'ils soient de la même force et du même timbre, comme il arrive lorsque l'on touche sur un seul clavier d'un orgue avec les mêmes registres; mais il est impossible de concevoir une pièce de musique sur le même ton. La variété est donc nécessaire en cette qualité, mais cette variété est soumise à certaines lois ; ces lois sont celles de la modulation. Si la variété n'est pas aussi nécessaire [)ar rapport à la durée que par rapport à l'intonation , la régularité , sans offrir des lois auséi précises , n'est guère moins
indispensable. Une suite de sons , ou, pour mieux dire, des sons isolés, quels qu'en soient d'ailleurs le degré , la force et le timbre , entendus à des distances égales, et sans rapport entre elles, pourront bien exciter notre attention ; mais ils nous causeront une impression bien différente , s'ils observent entre eux des rapports sensibles de durée , et si l'on aperçoit à cet égard un certain ordre dans leur succession.
Cet ordre , dans la durée et dans la succession des sons , est ce que l'on désigne en général par le terme de rhytlinie.
Les quatre qualités principales dont je viens de parler entrent toutes, quoique en différentes proportions, dans l'objet de la musique, qui est le son en général.
En effet , le compositeur ne considère pas seulement si les sons qu'il emploie doivent être hauts ou bas, graves ou aigus : mais s'ils doivent être forts ou faibles, aigres ou doux , sourds ou éclatans ; et il les distribue à différens instrumens , à diverses voix , en récits ou en chœurs , aux extrémités ou dans le médium des instrumens ou des voix , avec des piano , àes forte , selon les convenances de tout cela.
Mais il est vrai que c'est uniquement dans la comparaison des sons du grave à Taigu que consiste toute la science harmonique : de sorte que , comme le nombre des sons est infini, l'on peut dire, dans le même sens, que cette science est infinie dans son objet. On ne conçoit point de bornes précises à l'étendue des sons du grave à l'aigu , et quelque petit que puisse être
l'intervalle qui est entre deux sons , on le concevra toujours divisible par un troisième son; mais la natiu*e et l'art ont limité cette infinité dans la pratique de la musique. On trouve «bientôt dans les instrumens les bornes des sons praticables tant au grave qu'à l'aigu. Allongez ou racourcissez , jusqu'à un certain point, une corde sonore , elle n'aura plus de son. L'on ne peut pas non plus augmenter ou diminuer à volonté la capacité d'une flûte ou d'un tuyau d'orgue , ni sa longueur ; il y a des bornes , passé lesquelles ni Tune ni l'autre ne résonne plus. L'inspiration a aussi sa mesure et ses lois : trop faible , elle ne rend point de son ; trop forte , elle ne produit qu'un cri perçant , qu'il est impossible d'apprécier. Enfin il est constaté , par mille expériences, que tous les sons sensibles sont renfermés dans une certaine latitude , passé laquelle , ou trop graves ou trop aigus, ils ne sont plus aperçus, ou deviennent inappréciables à l'oreille.
Les géomètres ont démontré que tous les sons appréciables étaient contenus dans l'espace de buit octaves , dont le plus grave fait environ 3o et le plus aigu 7062 vibrations en une seconde. Cette démonstration a été bonne jusqu'eu 1819, M. Piantanida , facteur d'orgues de Milan , ayant trouvé de nouvelles combinaisons métalliques qui augmentent la sonorité des tuyaux , a porté le système de l'orgue et par conséquent le système général de la musique à une quarte au-dessus des limites que les géomètres regardaient comme insurmontables.
L'étendue de notre système est donc fixée mainte-
nant a huit octavi?s et clemia. On voit par la génération harmonique des sons , qu'il n'y en a dans leur infinité possible qu'un très-petit nombre qui puissent ^tre admis dans la musique : car ceux qui ne forment pas des consonnances avec les sons fondamentaux , ou qui ne naissent pas médiatement ou immédiatement (ies différences de ces consonnances^ doivent être proscrits du système. Voilà pourquoi le nôtre est borné à douze sons seulement dans l'étendue d'une octave, desquels douze toutes les autres octaves ne contiennent que des répliques. En comptant toutes ces répliques pour autant de sons dilférens , en les multipliant par le nombre des octaves auquel est bornée l'étendue des sons appréciables , on trouvera loo en tout , pour le plus grand nombre des sons praticables dans la musique sur un même 50« fondamental.
Sox DE VOIX , Ton de voix , syn. Ces deux expressions, synonymes en ce qu'elles expriment les aifeclions caractéristiques de la voix, ont 'entre elles desdifférences considérables.
On reconnaît les personnes au son de leur vovx ^ comme on distingue une flûte , un hautbois, un violon, et tout autre instrument de musique au son déterminé par sa construction. On distingue les diverses affections de l'âme d'une personne qui parle avec intelligence ou avec feu , par la diversité des tons de voix ^ comme on distingue sur un même instrument les différens airs, \(is modes, les mesures et autres variétés nécessaires.
Le son de voix est Jonc déterminé par la construction physique de l'organe: il est doux ou rude . agréable ou désagréable , grêle ou vigoureux. Le ion de poix est une inflexion déterminée par les affections, intérieures que Ton veut peindre ; il est selon l'occurrence élevé ou bas , impérieux ou soumis , fier ou humble , vif ou froid, sérieux ou ironique, grave ou badin, triste ou gai , lamentable ou plaisant , etc.
Sonorité , s. f. qualité de ce qui est sonore. On augmente la sonorité d'un piano en ouvrant tout-àfait l'instrument. Les sourdines diminuent considérablement la sonorité des violons, des trombones , des timbales, etc.
Sons harmoniques. Espèce singulière de sons qu'on tire de certains instrumens , tels que le violon , la viole , le violoncelle , par un mouvement particulier de la main ou de l'archet qu'on approche davantage du chevalet, et en posant légèrement le doigt sur certaines divisions de la corde. Ces sons sont fort différens pour le timbre et pour le ton de ce qu'ils seraient , si l'on appuyait tout-à-fait le doigt. Quant au ton , par exemple ils donneront la quinte quand ils donneraient la tierce , la tierce quand ils donneraient la sixte , etc. quant aux timbres , ils sont beaucoup plus doux que ceux qu'on tire pleins de la même division en faisant porter la corde sur le manche.
Toutes les personnes qui jouent de la harpe et des instrumens à archet connaissent \Qssons harmoniques y
ù'jo SON.
mais peu en counaissent le principe. Nous allons essayer de le leur expliquer.
Nous avons dit à Tarlicle AccORD quels étaient les sons rendus par les aliquotes de la corde : nous avons enseigné que la moitié rendait l'octave , le tiers la douzième , le quart la double octave , etc. mais nous n'avons point examiné ce que donnait le surplus. Rien n'est plus facile à déterminer en général : car si l'on suppose la corde ^ coupée en un nombre N de fragmens , et qu'on la considère comme divisée en deux parties dont la première contienne i , 2 , 3 , enfin un nombre 31 de fragmens , cette première partie rendra
le son ^ — , et l'autre celui A . Tout cela est
aisé à concevoir , et aura lieu , si le chevalet qui sépare les deux parties de la corde , est disposé de manière à intercepter toute communication entre elles. Mais si le chevalet ou l'obstacle est posé très-légèrement, de manière que la vibration imprimée à une partie puisse se communiquer à l'autre , alors il arrivera un phénomène fort singulier : c'est que les deux parties , quoique de longueur inégale , rendront le même son, et ce son sera celui de leur plus grand commun diviseur. Car on voit que de la manière dont on a opéré^ les deux parties seront commensurables. Si en plaçant au hasard ou autrement le chevalet , on divisait la corde en deux parties incommensurables , il n'y aurait pas de son, mais un frémissement désagréable à l'oreille.
Si Pou regarde de près ce qui se passe dans cette
expérience , on verra les deux parties de la corde se diviser chacune en autant de parties que le plus grand commun diviseur est contenu en chacune d'elles. Les extrémités de ces parties resteront immobiles : c'est ce qu'on nomme nœuds. Chaque partie vibrera comme une corde particulière entre ces deux points fixes , en prenant une figure courbe dont le sommet se nomme le ventre , et donnera im son analogue à sa longueur. On rend cette expérience très-sensible en plaçant des chevrons de papier aux nœuds et aux ventres. Les premiers restent immobiles , tandis que les autres s'agitent et tombent. Cette expérience faite d'abord par Wallis, puis oubUée, a été retrouvée en 1700 par Sauveur, de l'Académie des Sciences.
Les sons harmoniques de la harpe s'obtiennent en attaquant la corde à son milieu avec la partie inférieure du pouce.
Sonate , s. f. Pièce de musique instrumentale , composée de trois ou quatre morceaux consécutifs de caractères différens.
La sonate est faite pour un seul instrument, qui récite accompagné d'une basse ou d'une viole, si cet instrument, tel que le violon ou la flûte, ne donne pas les moyens de faire entendre une harmonie complette; mais le piano , la harpe et même la guitare , peuvent se passer de ce secours. Dans une composition de ce genre, on s'attache à tout ce qu'il y a de plus favorable pour faire briller l'instrument pour lequel on travaille , soit par le tour des chants , soit par le choix
des sons qui résonnent le mieux, soit par la Lardiesse de rcxccution.
La sonate convient surtout au piano , sur lequel on peut exécuter à la fois trois, ou quatre parties bien distinctes et même plus. C'est aussi sur cet instrument qu'elle a poussé le plus loin ses étonnans progrès.
Le mot de Fontenelle, Sonate, que me veux-tu? que tant de gens répètent; sans raison, et même quelquefois sans savoir ce qu'ils disent, ne prouve rien contre le genre; il prouve seulement que la sonate qui excita Timpatience de Fontenelle était mauvaise, ou que cet habile litlérateui' était, comme tant d'autres , un barbare en musique.
Handel , Bach , Mozart , Haydn, Clementi . Cramer, Dusseck , Beethowen , Stelbelt , Pleyel , Adam , Kalktrenner, madame de Montgeroult , etc. , ont composé de belles sonates de piano. Nardini, Leclair , Viotti, etc. , ont écrit des sonates pour le violon. Les trios de certains auteurs ne sont , à proprement parler , que des sonates pour le violon, avec accompagnement d'un second violon ou d'une viole et d'un violoncelle. Parmi les auteurs qui ont composé des sonates pour la flûte, on distingue Devienne et Berbiguier.
Sonate vient de l'italien suonare , sonner, jouer des instrumens. Sonate signifie donc une pièce d'exécution. Les Italiens divisaient la sonate en deux genres : sonata da chlesa, et sonata da caméra.
Sonatine, s. f. Petite sonate destinée au^ commencans.
Sonner , v. a. et n. On dit en composition , qu'une ïiote sonne sur la basse , lorsqu'elle entre dans l'accord et fait harmonie; à la différence des notes qui ne sont que de goût , et ne servent qu'à figurer , lesquelles ne sonnent point. On dit aussi sonner une note , un accord, pour dire frapper ou faire entendre le son, l'harmonie de cette note ou de cet accord. Dans l'orgue, le jeu de nasard sonne la quinte au-dessus du prestant. La guitare sonne l'octave basse des notes écrites pour elle sur la clef de sol.
On dit en italien , sonner d'un instrument , comme nous disons jouer. Ce mot sonner était en usage dans le vieux français , il est fâcheux qu'on l'ait abandonné. On dit encore sonner de la trompette , lorsqu'il s'agit des divers appels de la cavalerie. ( f^oyez Jouer. )
Sonnerie . s. f Air composé pour être sonné par les trompettes d'un régiment de cavalerie , pour transmettre les ordres des chefs, et faire connaître aux cavaliers le moment où ils doivent remplir certaines pratiques habituelles, telles que le repas des chevaux, leur pansage.
Il y a vingt-huit sonneries prescrites par l'ordonnance, savoir :