‹ Dictionnaire de musique moderneChapitre 96 sur 119 · S20 TON · texte numérisé non relu

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naît une source de variétés et de beautés dans la mo* duialion ; de là naît une diversité et une énergie admirable dans l'expression ; de là naît enfin la faculté d'exciter des scntimens différens avec des accords semblables frappés en différens tons. Faut-il du majestueux, du grave? Ijefa et les tons majeurs par bémols l'exprimeront noblement. Faut-il du gai , du brillant , du martial? Prenez ut, ré, mu Faut-il du touchant, du tendre ? Prenez les tons de la, mi. Du religieux? Ml \) , ut mineur; ré, mi, sol mineurs portent la tendresse dans râme;^^ mineur s2l jusqu'au lugubre et à la douleur; si m^ineur est âpre, aride et sauvage. En un mot, chaque ion , chaque mode a son expression propre qu'il faut connaître; et c'est là un des moyens qui rendent un habile compositeur maître ^ en quelque manière , des affections de ceux qui l'écoutent. La note principale du ton étant appelée tonique , les autres notes de la gamme ont aussi des dénominations particulières dont voici l'exemple pour le ion ^utx, ou peut l'appliquer à tous les autres tons.

Ut. Tonique , ou principale note du ton, RÉ. Sutonique, ou seconde note du ton.

Ml. Médiante , ou troisième note du ton. Fa. Sous-dominante, ou quatrième note du ion. Sol. Dominante^ ou cinquième note du ton. La. Sudominante, ou sixième note du ion. Si. Note sensible, ou septième note du ton.

Tons bouchés. On appelle ainsi les tons que l'on ne peut faire rendre au cor sans boucher plus ou moins

l'ouverlure du pavillon de cet instrument avec le poi gnet. Ké ,ja , la , ai^fa , /<?, sont des lons-boucjiés. Le grand art du corniste est de renforcer ces tons , faibles de leur nature , et de diminuer l'éclat des tons ouverts pour que la voix de l'instrument soit égale sur tous les degrés de réclielle.

Tons de l^égltse. Ce sont des manières de moduler le plain-chant sur telle ou telle finale prise dans le nombre prescrit , en suivant certaines règles admises dans toutes les églises- où Ton pratique le chaut grégorien.

On compte huit tous réguliers, dont quatre authentiques ou principaux . et quatre plagaux ou collatéraux. On appelle toiLs authentiques ceux où la tonique occupe à-peu -près le j^lus bas degré du chant ; mais si le chant descend jusqu'à trois degrés plus bas que Li tonique , alors le ton est plagal.

Les quatre tons authentiques ont leurs finales à un degré l'un de Tautre, selon l'ordre de ces quatre notes , ré , mi^ fa, sol. On prétend que ces tous répondent, dans leur ordre , aux modes grecs hyper-dorien , hvper-phrygicn , hype: -lydien, hyper- mixo -lydien. C'est saint Miroclet^ évêque de Milan , ou, selon d'autres, saint A'mbroise qui, «vers Fan 070, choisit ces quatre tons pour en composer le chant de l'église de Milan; et c'est, à ce qu'on dit, le choix et Tapprobation de ces deux évèques qui ont ikit donner à ces quatre tons le nom ^'authentiques.

Comme Tes sons, employés dans ces quatre tons, 2. 21

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n'occupaient pas les (^inzo cordes de l'ancien système, saint Grégoire forma le projel de l«'s employer tous par l'addition de quatre nouveau?: tons qu'on appelle plagauxy lesquels ayant les mêmes diapasons que les précédens, mais leur finale plus- élevée d'une quarte, reviennent proprement , à ce que Ton prétend , à Tliypo-dorien , l'iiypo-phrygien , l'hypo-lydien , l'hypomixo-lydien.

C'est de là qr.c Jes quatre tons authentiques ont chacun un plagal pour collatéral ou supplément; de sorte qu'après le premier ton , qui est authentique , vient le second ton , qui est son plagal : le troisième authentique, le quatrième pi a gai , et ainsi de suite. Ce Qui fait que les modes ou lon.s authentiques s'apjiellent aussi impairs , et les plagaux pairs , eu égard à leur place dans l'ordre des tons.

Le discernement des tons authentiques ou plagaux est indispensable à celui qui donne le ton du chœiu'; car si le chant est dans \n\ ton plagal, il doit prendre 1,1 finale à-peu~près dans le médium de la voix ; et si le ton est authentique , il doit la prendre dans le bas. Faute de cette observation , on expose les voix à se forcer et à n'être pas entendues.

Il arrive quelquefois qu'une pièce de plain- chant excède l'octas e de plusieurs degrés , et que son étendue soit égale à celle de deux tons réunis. Cette extension forme ce que Ton appelle un ton rnixte. Ou conçoit facilement qu'il doit y avoir quatre tons mixtes.

Le premier ton mixte est formé de la réunion des deux premiers tons réguliers : ce qui peut arriver de

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