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Ce mot vient de ce que les doigts posés de cette manière sur l'instrument, présentent réellement la figure d'une fourche,
FORLANA = FORLANE , s. f. — Danse de caractère gai , dont l'air est à six-huit et de mouvement vif, en usage particulièrement dans le Frioul ( Illyrie ) , d'où elle tire son nom.
FORMA = FORME, s. f ■ — Les compositions musicales se distinguent par leurs formes. La symphonie, par exemple , a une forme différente du concerto ; l'air a une tout autre forme que le rondeau ; par là on entend leur forme extérieure. Il y a ensuite une autre forme qui constitue le beau dans les morceaux de musique, et qui consiste dans l'unité combinée avec la variété.
FORT , TE , aclj. pris substantivement, comme synonyme $ habite. — On dit : Ce violoniste est fort; cette dame est forte sur le piano.
FORTBIEN, s. m. — Nom d'une sorte de piano inventé en 1758, à Géra, par un facteur d'instruments nommé Federici.
FORTE, par abrév. F., {fort).— Cet adverbe italien indique qu'il faut prononcer ou rendre un passage avec force soit dès son commencement, soit après un piano ; ce qui doit être non seulement exécuté avec vigueur , mais encore en variant les degrés du forte selon les diverses circonstances. Ainsi le forte dans l'exécution à plein orchestre, de morceaux énergiques et forts , demande un plus grand degré de force que dans l'exécution d'un solo ou d'un morceau de caractère doux ou triste; le forte, dans un grand théâtre , correspond au fortissimo des petits théâtres.
FORTE = FORT, aclj. — Temps fort (Voy. Tempo).
FORTEPIANO, s. m. — Mot italien composé des mots forte et piano, qui signifient l'art de renforcer et d'adoucir les sons. Au moyen de cet artifice, l'exécution reçoit la vie,
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et revêt les morceaux de musique de ces nuances, de cette espèce de clair obscur, qui leur donnent de la variété et en éloignent la monotonie.
FORTEPIANO, s. m. — Ancien nom de l'instrument qu'on appelle aujourd'hui piano (Voy. Piano forte).
FORTISSIMO, par abrév. FF. , fmo. ou FFF. —C'est le superlatif de forte , et il désigne le dernier degré de force du son.
FORZA = FORGE, s. /! — Qualité de son appelée aussi intensité, qui le rend plus sensible et le fait entendre de plus loin. Les vibrations plus ou moins fréquentes du corps sonore sont ce qui rend le son aigu ou grave ; leur plus grand ou moindre écart de la ligne de repos est ce qui le rend fort ou faible. Quand cet écart est trop grand et qu'on force l'instrument ou la voix , le son devient bruit et cesse d'être appréciable.
FORZAR LA VOCE == FORCER LA VOIX. — C'est un défaut qu'on rencontre souvent dans les chanteurs, particulièrement lorsqu'ils sont indisposés. Ils crient alors au lieu de chanter, et ils détonnent facilement, attendu que leur voix sort de son étendue naturelle. Ce défaut se fait remarquer même dans les instruments si l'on force le vent o*u l'archet ; et quand même Ton n'altérerait pas l'intonation , le son devient toujours ingrat et criard (Voy. Sforzo).
FOURCHETTE, s. f. — Partie du mécanisme de la harpe, inventé par Sébastien Érard, pour élever les cordes d'un demi-ton. La fourchette pince la corde de la harpe sans la tirer hors de la ligne perpendiculaire.
FOURNITURE, s. f. — Jeu d'orgue qui entre dans la composition du plein-jeu, et qui est composé de plusieurs tuyaux d'un son aigu, accordés à la quinte, à l'octave de la tierce et à la double octave du son principal , avec des redoublements.
FRACASSO = {fracas) BRUIT, s. m. — On donne , par
mépris, le nom de bruit à une musique étourdissante et confuse, où Ton entend plus de fracas que d'harmonie, et plus de Èruit que de chant. Cette musique fait beaucoup de bruit ; dans cet opéra on n'entend que du bruit.
FRAGMENTS. — On appelait ainsi, à l'ancien Opéra de Paris, un choix de plusieurs actes de ballets ou d'opéras, qui n'avaient point de rapport entre eux, mais qui formaient un spectacle varié , d'une durée ordinaire. Il y avait aussi des fragments composés exprès.
FRANCIA = FRANGE * ( notices historiques sur la musisique en ) . • — L'origine de la musique française remonte à une haute antiquité, ainsi que le prouvent les plus anciennes chroniques. Les vieilles chansons des Francs étaient généralement écrites en langue latine : elles avaient beaucoup d'analogie avec les ballades des Goths ; cependant on y remarque une vivacité qui leur est particulière. Dans les fêtes publiques , les Francs se servaient d'un grand nombre d'instruments , et les victoires des premiers rois étaient célébrées par des chants.
L'orgue fut introduit en France en 757, lorsque l'empereur Constantin VI en envoya un en présent à Pépin , père de l'empereur Charlemagne. Peu de temps après, le chant grégorien fut importé de Rome. Charlemagne , dont le puissant génie ne négligeait rien de ce qui pouvait illustrer la France , s'adressa au pape Adrien pour en obtenir des chanteurs qui fussent capables d'enseigner le chant grégorien ; ce pontife lui envoya deux chantres, Théodore et Benoît, qui apportèrent un antiphonaire noté par saint Grégoire luimême. D'après l'ordre de l'empereur, tous les livres de
'L'article de Lichtenthal, sur la musique en France, n'étant pas assez détaillé, nous croyons intéresser plus vivement nos lecteurs en leur offrant cet article à la place du sien,
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chant ecclésiastique de l'empire furent corrigés au moyen de cet antiphonaire , et le chant grégorien fut généralement adopté.
A la même époque, les baladins et les musiciens ambulants étaient en grand nombre en France ; ce n'étaient pas seulement les musiciens, mais les historiens du royaume. Ils récitaient dans leurs chansons les principaux événements de l'histoire du pays, et célébraient les actions héroïques des rois.
Les chansons de guerre des Francs furent long-temps les seules que le peuple répéta ; elles étaient conformes au goût barbare de cette époque. Ces chansons militaires s'appelaient chansons de geste, parce qu'elles célébraient les hauts faits des preux. De ce nombre est la chanson de Roland ( Voy. cet article).
Les chansons badines sont moins anciennes que les chansons de geste; cependant on ne peut déterminer avec précision le temps où elles commencèrent à être en usage.
Parmi les musiciens qui fleurirent en France depuis le temps de Charlemagne jusqu'à celui de Gui d'Arezzo , on remarque Rabanus et Haymar de Halberstadt , contemporains des chanteurs envoyés par le pape Adrien ; Heris, disciple de Rabanus, Rémi d'Auxerre, l'un des membres les plus savants de l'église latine à la fin du ixc siècle ; Hucbald , moine de Saint- Amand, contemporain de Rémi, et Odon, abbé de Cluni en Bourgogne , qui vécut un peu plus tard. Mabillon place ce dernier au nombre des hommes qui exercèrent le plus d'influence sur la littérature et les beaux-arts pendant la première partie du xc siècle. Rémi et Hucbald ont écrit des traités sur la musique qui se trouvent à la Bibliothèque royale à Paris. On remarque clans l'ouvrage d'Hucbald quelques exemples d'harmonie qui prouvent que le chant en consonnance a été inventé avant le temps de Gui. L'église romaine fait encore usage d'une partie des hymnes et des antiennes composées par Odon.
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Philippe de Vitry, évêque de Meaux, mort en 1361, passe pour être le même que l'auteur latin Vitriacus, qui fut, vers le milieu du xrve siècle , l'un des commentateurs de Francon. Cet écrivain est moins connu que Jean de Mûris , docteur de l'Université de Paris, qui a passé pendant long-temps pour l'inventeur de la musique mesurée et qui tient la première place parmi les écrivains français du moyen-âge sur la musique.
Dans le xne siècle , la langue romane était formée , et les poètes, qui étaient presque tous musiciens, s'en servaient uniquement pour les chansons et les poésies rimées auxquelles ils ajoutaient de la musique. Cette langue , qu'on appelait en général la tangue a" Oit, était différente d'une autre langue qu'on parlait dans le midi de la France et qui s'appelait la langue d'Oc. Les troubadours provençaux et toulousains se servaient de celle-ci, qui existe encore intacte dans le Midi , et les trouvères et ménestrels proprement dits faisaient usage de l'autre.
En 1323, les sept premiers troubadours toulousains formèrent la compagnie supergaye, qui donna naissance aux jeux floraux. Cette compagnie qui, chaque dimanche, tenait ses séances dans un jardin , décerna des prix qui se distribuaient le 1er mai. Le premier qui fut accordé consistait en une violette d'or qu'un troubadour, nommé Arnauld Vidal, obtint en 1324 pour une espèce de romance à la Vierge. Cette institution subsiste encore , mais elle n'est plus que poétique.
Presque toutes les chansons françaises des xne etxur siècles sont écrites pour une seule voix. Peu de trouvères étaient assez instruits en musique pour en faire à trois ou quatre voix. L'un d'eux pourtant, nommé Adam de Le Haie , et surnommé le Bossu d'Arras, à cause de sa difformité et du lieu de sa naissance, se distingua vers 1280 comme auteur de chansons et de motels à trois parties.
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Les motets de ce trouvère nous offrent aussi plusieurs particularités remarquables. Ils se composent du plain-chant d'une antienne ou d'une hymne , mis à la basse avec les paroles latines, et sur lequel une ou deux autres voix font une espèce de contrepoint fleuri; et, ce qui peint bien le goût de ces temps barbares, ces voix supérieures ont des paroles françaises de chansons d'amour. Ces mots se chantaient dans les processions.
Les ménestrels et les trouvères formèrent des associations sous les noms de ménestrandie , cours d'amour, etc. Les ménestrels ou ménétriers fondèrent, vers 1330, la confrérie de Saint- Julien des ménétriers; l'année suivante, elle fonda l'hôpital qui a porté ce nom et choisit un chef qui prit celui de roi des ménétriers. Les actes de cette confrérie furent enregistrés au Ghâtelet, le 23 novembre 1331. On appelait alors ménestrandie une société nombreuse qui se composait de chanteurs, de joueurs d'instruments, et même de baladins et de faiseurs de tours. La confrérie de Saint-Julien des ménétriers ne cessa d'exister qu'en 1689; depuis lors il n'y a plus de ménétriers en France.
Vers la fin du xivc siècle la musique à plusieurs parties avait fait peu de progrès en France. Il existe un monument de l'art, tel qu'il était alors, dans un manuscrit des poésies de Guillaume de Machault, qui, suivant l'usage de ce temps, était à la fois poète et musicien. La plupart de ces morceaux sont remplis de fautes grossières d'harmonie, qui prouvent que depuis Adam de Le Haie l'art d'écrire la musique à plusieurs voix ne s'était pas perfectionné , et même que les qualités par lesquelles brillent les compositions de ce musicien poète n'avaient pas été appréciées par les Français.
Vers le milieu du xve siècle on remarque des progrès très sensibles parmi les musiciens français. L'un d'eux , nommé Giles ou Egide Binchois , fut le contemporain du compositeur flamand Guillaume Dufay, et paraît avoir partagé avec lui et
L'anglais Dunsîaple la gloire de certaines améliorations assez importantes dans l'harmonie et dans le système de la notation. Ce musicien vivait vers 1440.
Après Binchois on trouve Antoine Busnois , maître de chapelle de Charles-le-Téméraire , duc de Bourgogne , qui brillait vers 1470.
Jean Mouton et Antoine Brumel occupèrent ensuite le premier rang parmi les musiciens français. Ils étaient contemporains du fameux Josquin-des-Prés , qui faisait la gloire des Pays-Bas , et tous deux brillaient dans les dernières années du xve siècle et au commencement du xvr. Jean Mouton était maître de chapelle de Louis XII. Antoine Brumel avait eu pour maître Jean Ockenheim, célèbre musicien flamand et maître de chapelle de Louis XL
Sous le règne de François Pc Fart prit un essor nouveau. Ce prince, vers 1530, avait deux maîtres de chapelle; le premier s'appelait Claude de Sermisy ou de Servisy, et le deuxième Aurant. Il ne reste rien de leurs ouvrages , mais on peut s'en consoler avec les compositions de Clément Jannequin, le plus habile, le plus célèbre des musiciens de cette époque, et l'un des premiers de qui Ton peut dire qu'ils ont eu réellement du génie. Ce compositeur publia en 1544 un recueil de ses ouvrages sous le titre justement appliqué d'Inventions musicales à quatre ou cinq parties. C'est dans ce recueil que se trouve la pièce si originale qui a pour titre la Bataille ou Défaite des Suisses à ta journée de Marignan. Tous les termes militaires dont on se servait alors dans un combat y sont employés , et l'on y trouve une imitation fort plaisante et fort pittoresque du canon, des trompettes, des tambours et du cliquetis des armes.
Quelques recueils imprimés en 1529 et dans les années suivantes par Pierre Atteignant, imprimeur de Paris, font connaître les noms et les œuvres de plusieurs compositeurs fran-
çais, contemporains de Clément Jannequin, et qui eurent dans ce temps la réputation de musiciens habiles. Ces compositeurs furent Hesdin, Rousée, maître Gosse, Certon, Hottinet , A. Mornable , G. Le Roy, Vermont , Manchicourt , L'Héritier, Guillaume Le Heurteur et Philibert Janibe-de- Fer.
Goudimel , né à Besançon vers 1520 , fut un de ces hommes nés pour se placer à la tête des artistes de leur temps. Elevé dans la religion catholique, il fut d'abord maître de chapelle dans sa ville natale , s'y livra à la composition de la musique d'église , puis alla à Rome où il eut la gloire de devenir le maître de Palestrina. De retour en France , Goudimel périt malheureusement à l'époque de la Saint-Barthélémy, en 1572. Il était alors à Lyon ; Mandelot , gouverneur de cette ville , le fit jeter dans le Rhône.
L'année 1581 est une époque remarquable dans l'histoire de la musique française par le premier essai d'une espèce de drame musical : cet ouvrage fut fait et représenté au Louvre, à l'occasion du mariage du duc de Joyeuse avec mademoiselle deVaudemont. Balthazarini , célèbre violoniste piémontais de son temps , avait été envoyé par le maréchal de Brissac à Catherine de Médicis , qui le nomma intendant de sa musique. Ce fut lui qu'on chargea du soin d'organiser une fête musicale et dramatique pour les noces du favori du roi , et il traça le plan d'une pièce à machines à laquelle il donna le nom de Baitet comique de la voyne. Il s'associa deux musiciens de la chambre de Henri III, nommés Beaulieu et Salnion, qui composèrent une partie des airs de danses et des chants à plusieurs voix, et l'ouvrage fut exécuté par une partie des seigneurs et des dames de la cour. Il produisit une vive impression : rien de semblable n'avait été entendu en France jusque-là. Ce fut le premier germe de l'Opéra, qui n'eut d'existence réelle à Paris que près d'un siècle plus lard.
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Le règne de Henri IV fut peu favorable aux progrès de la musique. Ce prince , bien qu'il ne fût pas ennemi des arts , était trop occupé des affaires de l'Etat pour avoir du temps à donner au plaisir des spectacles. Il est certain que c'est de ce moment que la musique française commença à décliner et devint inférieure à celle des autres nations , et particulièrement des Italiens. Louis XIII était bon musicien , et même il composait de la musique à plusieurs parties; néanmoins il fit peu de chose pour cet art qu'il aimait de préférence , parce que, ne prenant par lui-même aucune détermination, il laissait à Richelieu jusqu'au soin de protéger les arts. Ce ministre ombrageux, qui ne s'était fait le Mécène des gens de lettres et des poètes qu'à la condition qu'ils chanteraient ses louanges, n'avait rien à attendre des musiciens; aussi ne fit-il rien pour eux. L'abandon où languirent les artistes sous la longue domination de ce prêtre, joint aux ridicules prétentions du roi des ménétriers et à l'obligation de se faire recevoir maître à danser pour avoir le droit d'exercer la profession de musicien, furent les causes principales de la décadence de l'art, qui se continua jusqu'à la majorité de Louis XIV. Le ministère de Mazarin ne put même ranimer l'art ni les artistes, bien que le prélat italien eût apporté de son pays le goût de la musique , et qu'il eût essayé de la faire revivre à la cour de Marie de Médicis. Les circonstances étaient d'ailleurs peu favorables. Une rénovation sociale et politique s'opérait alors en France et dans toute l'Europe; une vive agitation se manifestait dans les partis qui étaient opposés à la cour; les guerres de la Fronde et les vicissitudes qui en étaient la suite, tout cela n'était point favorable aux progrès d'un art qui vit de luxe et de repos.
Les instruments qui furent de mode au commencement du
xvne siècle étaient le luth , la viole , le violon et le clavecin.
Jacques Mauduit était fort instruit sur le luth , ou du moins
passait pour l'être. On remarquait aussi à la cour de Henri IV