‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 140 sur 364 · UM GER · texte numérisé non relu

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instrumentistes, et avait deux maîtres de chapelle, Jean -Joseph Fux et Antoine Caldara.

En 1724 on donna à Prague un opéra en plein air, dont la représentation coûta à l'empereur 300,000 florins. Le nombre des musiciens s'élevait à plus de mille. Quatre maîtres de chapelle , placés sur des points élevés , dirigeaient le chant qu'accompagnaient plus de cinquante clavecins. Quelque gigantesque que fût cette idée , elle fut parfaitement rendue. A cette époque , la musique sacrée surtout était très florissante dans les états impériaux, et l'on peut dire que le règne de Charles VI est la première époque célèbre pour la musique en Allemagne.

Cet art trouva aussi dans les autres cours d'Allemagne beaucoup de protecteurs.

Pendant plusieurs siècles les Saxons se distinguèrent tellement dans la musique, que l'Italie respecta toute l'Allemagne à cause de la nation Saxonne. L'électeur Auguste, plus tard roi de Pologne, fut le premier qui lit représenter des opéras dans le goût italien, et avec plus de magnificence qu'en Italie. L'opéra brilla encore d'un plus grand éclat sous Auguste II. La Saxe est la patrie de Georges-Frédérik Haendel , de Jean-Sébastien Bach , de Jean- Adolphe Hasse et de plusieurs autres compositeurs renommés.

La nation bavaroise a toujours beaucoup aimé la musique. Ses ducs et ses électeurs méritent des éloges pour la protection qu'ils lui accordèrent. Maximilien-Emmanuel , Maximilien- Joseph et Marie-Antoinette de Bavière (qui composa les opéras Taiestri et le Triomphe de la fidélité) , se montrèrent pleins d'enthousiasme pour cet art. Le théâtre , la salle de concert étaient, pour ainsi dire, un Odéon où brillaient les chefs-d'œuvre de tous les artistes, et pendant long-temps il n'y eut pas au monde un orchestre supérieur à celui de Manheim. Le grand Frédérik, génie créateur en tout, le fut aussi en musique. La Prusse cile parmi ses musiciens Graun, Fasch, Reichard et Agricola.

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La musique coiumença à devenir florissante dans le Wurtemberg dès le xvr siècle, aussitôt après l'introduction de la réforme. Le duc Charles-Alexandre favorisa beaucoup cet art.

La ville d'Hambourg mérite d'être citée quand on parle de l'opéra. Reynard-Keiser , qui vivait à la fin du xvir siècle et au commencement du xviir , en composa plus de cent. Hambourg est aussi la patrie de Charles-Emmanuel Bach, de Jean Matheson et de Georges-Michel Telemann.

La plupart des cours d'Allemagne, et surtout celles de La Tour et Taxis, acquièrent une grande réputation comme protectrices de la musique en général, et particulièrement du drame lyrique.

On peut diviser l'école allemande en deux époques différentes: la première comprend les xve, xvr et xvir siècles, dans lesquels la poésie allemande étant encore dans l'enfance, l'art et la science de la musique ne consistaient que dans l'harmonie et le contrepoint, le rhythme et la mélodie étaient regardés comme des choses peu importantes. La seconde appartient au xvnr siècle, qu'on peut appeler le siècle d'or de l'Allemagne pour les sciences et les lettres; dans ce siècle la langue et la poésie marchèrent à grands pas vers la perfection, et la musique s'éleva jusqu'à la position éminente qu'elle occupe aujourd'hui parmi les nations civilisées. Il est vrai que même au commencement du xvnr siècle, la musique allemande était encore en grande partie bornée à l'harmonie et au contrepoint. Mais si l'on réfléchit qu'un art ne peut produire ces sublimes effets qui agissent si puissamment sur l'homme dont l'esprit est délicatement cultivé, sans atteindre un très haut degré de perfection , les compositeurs allemands doivent être pleins de reconnaissance pour les longs et pénibles travaux de leurs ancêtres , qui posèrent avec tant de solidité les fondements de l'école allemande moderne. Cette école se distingue par une harmonie savamment travaillée ?

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unie à des chants pleins dame et d'expression. Et que serait le poète sans la grammaire , le philosophe sans la logique , le peintre sans l'art du dessin , l'architecte sans les mathématiques ?. . . Mais pour en revenir au xvinc siècle , voici quelle fut, pendant sa durée, la marche progressive de la musique.

Jean-Sébastien Bach, pendant la première moitié de ce siècle , eut la plus grande influence sur les progrès de la musique allemande; bientôt elle prit un plus grand essor relativement au chant , grâces aux drames lyriques de Jean-Amédée Graun et de Jean- Adolphe Hasse qui, tous les deux grands partisans delà mélodie et de l'expression, ne se servirent de l'harmonie et du contrepoint que comme moyens auxiliaires. La musique d'église et la musique de chambre devinrent aussi plus mélodieuses et plus simples qu'elles ne l'étaient auparavant. L'imprimerie de la musique , inventée à cette époque par Jean-Amédée-Emmanuel Breitkopf , à Leipsik, et le grand établissement qu'il éleva, contribuèrent puissamment à la rapide propagation de tous les travaux des compositeurs, et rendirent à la musique le même service que la typographie avait rendu aux sciences. Bientôt tout changea d'aspect. Pendant que Joseph Haydn préparait une grande révolution dans la musique instrumentale , naquit un génie unique dans l'histoire de cet art, Wolfgang-Amédée Mozart, qui, après avoir renversé l'ancien édifice de l'opéra, non seulement le porta à la plus grande perfection , mais encore disputa le premier rang à tous les musiciens dans tous les genres de musique. Bien que Haydn et Mozart aient eu beaucoup d'illustres prédécesseurs, on peut les regarder comme les grandes gloires musicales du siècle dernier.

La littérature musicale de l'Allemagne est fort riche; elle remonte au xvr siècle. Les écrivains auteurs de plus de dix ouvrages ne sont pas rares. André Werkmeister en écrivit onze ; Georges-André Sorge, douze ; Jean-Frédéric Reicliard,

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quatorze ; — il fut en outre le rédacteur de plusieurs journaux périodiques de musique; — Frédéric-Guillaume Marpurg, seize; l'abbé Georges-Joseph Vogler, au moins autant, et Jean Matheson, plus de trente. Franco, de Cologne, dont il a été parlé au commencement de cet article , se rendit célèbre dès le temps de Guido, par ses écrits sur la musique. Depuis le commencement du xvr siècle et surtout durant le xvmc, le nombre de ces écrivains a considérablement augmenté. En voici quelques uns des plus remarquables.

Parmi les auteurs du xvr siècle , nous trouvons Georges Reisch, Georges Rhaw, André Ornitoparchus , Martin Agricola, Jean Frosch, André Bunting, Jean Galliculus, Lorite Glarean, Henri Faber, Herman Fink, Sethus Calvisius, Lucque Lossius , Michel Pretorius, Jean Avianus, Ciriaque Senne gass, Joachim Burmeister, etc. Parmi ceux du xvir siècle se distinguent Jean Magirus, Jean Nucius, Henri Barifonus, Jean Replerus, Lambert Alard, André Herbst, Gherard Vossius, Atanase Kircherius, Marc Meibomius, \Volgfang Gaspar Prinz, etc. Appartiennent aux xviii0 et xixe siècles, Jean- Philippe Bendeler, Godfroi -Albert Pauli, Jean Matheson, Jean- Joseph Fux, J. Godfroi Walther, Laurent Mitzler, Léonard Euler, Jean-Adolphe Scheibe, Joseph Riepel, Georges-André Sorge, Jean-Adam Hiller, Cristophe Nichelmann, Frédéric -Guillaume Marpurg, Jean -Philippe Kirnberger, M. -Jacques Adelung, Jean-Samuel Pétri, l'Ab. Martin Gerbert, l'Ab. Georges-Joseph Vogler, Jean-Georges Sulzer, Georges- Philippe Telemann, Jean-Frédéric Reichard, Jean Nicolas Forkel, Henri-Cristophe Roch, Henri- Just. Knecht, Daniel- Amédée Turk, Georges Albrecktsberger, Frédéric-Daniel Schubert, Ernest-Frédéric Chladni, Ernest-Louis Gerber, Frédéric Rochiitz, Chrétien-Frédéric Michaelis, Godfroi Weber, etc.

En jetant un regard rapide sur les diverses branches de la musique, nous voyons que l'opéra ne fit quelques progrès en Tome i. 29

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