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La guerre de trente ans influa d'une manière bien triste sur les sciences et les arts , et frappa particulièrement la céleste Polymnie ; plusieurs centaines de couvents furent saccagés ; les plus précieuses partitions furent brûlées ou dispersées , et les instruments de musique devinrent la proie des soldats. La musique retira cependant quelque avantage de tant de malheurs ; c'est de cette époque que date Y invention delà marche militaire, dont le caractère était alors, diton, beaucoup plus martial qu'il ne l'est aujourd'hui.
Après la guerre de trente ans , les sciences et les arts surgirent et marchèrent de nouveau, mais à pas lents; néanmoins la musique retrouva bientôt sa première splendeur et fut cultivée avec le plus grand zèle à la cour de l'empereur Maximilien. Ce prince, qui jouait très bien du violon, chantait aussi quelquefois dans les messes en musique. L'empereur LéopoldIer était grand amateur de musique; il jouait très bien du piano et composa plusieurs airs et plusieurs cantates; il ne faut donc pas s'étonner de la protection qu'il accorda à un art pour lequel il avait lui-même tant de goût. Depuis lors, l'amour de la musique a toujours été, pour ainsi dire, héréditaire dans la famille impériale ; et parmi les princes et princesses de la maison d'Autriche, il y eut toujours et il y a encore de grands connaisseurs et de zélés promoteurs de ce bel art. Le règne de Joseph Ier, malheureusement trop court sous beaucoup de rapports , le fut surtout pour la musique. Ce monarque, qui jouait avec talent de plusieurs instruments, fit venir un grand nombre d'artistes d'Italie, et y envoya des artistes allemands pour y étudier la musique. Aucune de ses provinces, et même de toutes celles qui composent l'Allemagne, n'égala la Bohême sous le rapport musical. L'empereur Charles VI éleva cet art jusqu'à un degré qu'il n'avait pas encore atteint en Allemagne. Fort habile sur plusieurs instruments et doué de profondes connaissances musicales, ce souverain entretenait plus d< cent chanteurs et de trois cents