‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 161 sur 364 · INN · texte numérisé non relu

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forme, sous le rapport de la salubrité, un des meilleurs établissements portugais sur cette partie des côtes orientales de l'Afrique, les naturels du pays, qui doivent à leur vaillance d'être restés libres , ont une danse très sauvage , et c'est ordinairement au son du tambour qu'ils se livrent à ce plaisir. Leur principal instrument est la marimbah. Il consiste en dix morceaux ou baguettes, d'un bois très dur, qui sont fixés dans un cadre. Une petite calebasse creusée sert à chaque baguette de moyen de résonnance. Le tout ressemble à peu près à un harmonica. Un autre instrument, qui s'appelle cassanga , est encore plus répandu chez les naturels d'Inhambam. Il consiste en une caisse vide , dont le dessus est garni d'un certain nombre de baguettes en fer de diverse longueur et que l'on frappe des doigts. Les voyageurs ont trouvé ce même instrument à Guilimare , ville située sur le bord de la rivière portant le même nom. A l'occasion d'une noce, on a vu les habitants placer le fiancé sur quelques barres de bois posées en travers sur l'orifice d'un puits, et , pendant qu'on l'arrosait abondamment, les spectateurs chantaient autour de lui au son de la cassanga, et en exprimant leur joie par de grands battements de main.

IN LEVARE = EN LEVANT {arsis). — C'est cette partie de la mesure où l'on lève la main ou le pied. (Voyez Battere ).

INNO = HYMNE , s. m. et f. — Ce mot, dérivé du grec v^voç, désigne ordinairement un chant de louange composé dans le style sublime. L'église , outre le Te Deum taudamus, emploie dans ses cérémonies trois autres hymnes, dont le texte est pris dans l'évangile de saint Luc , c'est-à-dire le Magnificat, le Cantique de Zacharie, et celui de Siméon. V Hymne ambroisienne ou Te Deum taudamus a été composée par saint Ambroise , archevêque de Milan, dans le IVe siècle. Cette hymne est toujours en usage dans toute la chrétienté, et se chante dans certaines fêtes particulières de

remercîment, soit avec le chant figuré, soit avec le plainchant.

La Marseillaise est un hymne de la révolution française, composé par Rouget de Lisle. On prétend que cet hymne produisait sur le champ de bataille le même effet que l'ancienne et célèbre chanson de Rolland. Le nom de Marseillaise lui vient de ce que, en 1792, les confédérés furent les premiers à le porter de Marseille à Paris.

Hymne, chant triomphal et patriotique, est du genre masculin ; hymne, chant d'église, est du genre féminin.

INNOCENTEMENTE , (innocemment). — Cet adverbe italien placé au commencement d'un morceau de musique, indique un mouvement modéré et un caractère simple et sans ornements.

INTAVOLAÏURA = TABLATURE, s. f. — Ce mot désignait autrefois la totalité des signes de La musique. Dès les temps de saint Grégoire-le-Grand, qui abolit les caractères de la musique grecque ( voyez l'art. A ), on se servait d'un grand nombre d'espèces de tablatures, surtout au moyenâge, ainsi qu'on peut le voir dans l'ouvrage intitulé : Serintores ecclesiastici de musica sacra notissimus, par l'Allemand Martin Gerbert, abbé de Saint-Biaise. Dans ces derniers temps, on a bien essayé d'introduire de nouveaux signes de musique ; mais aucune de ces nouvelles tablatures n'a obtenu du succès.

On donne aussi le nom de tablature à la basse chiffrée. Avant l'introduction de cette basse , on employait en Allemagne une espèce de partition sans portée, où les sons étaient représentés par les premières lettres de l'alphabet, comme le pratiqua déjà saint Grégoire. Les lettres majuscules indiquaient la première octave ou la plus grave (en commençant par do ) ; les lettres minuscules désignaient la seconde octave ; les lettres minuscules avec un petit trait horizontal

dessus, la troisième octave ; avec deux petits traits, la quatrième, etc. , ainsi que le présente l'exemple suivaut :

C D E F G AH, edefgah, e d e f § a h, c d e f g ah,

Il y avait aussi plusieurs autres signes pour indiquer la durée des sons. Les Allemands se servent aujourd'hui encore de ces lettres pour exprimer l'étendue d'une voix.

Tablature était en outre une manière de noter par lettres, en usage autrefois pour le luth, le théorbe, la guitare, le sistre et la viole.

On appelle aussi tablature une table ou tableau , représentant un instrument à vent et à trous, tel que la flûte, la clarinette, le basson et tous leurs trous. De chacun de ces trous partent des lignes horizontales , sur lesquelles reposent de distance en distance des O pleins ou vides. Si YO est plein, il indique que le trou doit être bouché; s'il est vide, c'est que le trou doit rester ouvert pour former tel ou tel ton désigné en marge.

Comme la plupart des sons du système d'un instrument à vent et à trous, ne s'obtiennent que par le concours de plusieurs doigts , et même de tous les doigts ensemble , la tablature présente encore à l'œil les lignes qui tombent perpendiculairement sur les lignes horizontales. C'est en suivant cette autre direction , et en faisant attention aux O pleins ou vides qu'elle donne, que l'on parvient à connaître la quantité de trous que l'on doit ouvrir ou fermer pour faire tel ou tel ton.

On trouve la tablature de chaque instrument à vent et à trous en tête des méthodes de ces instruments. On y joint

quelquefois une tablature particulière, qui marque le doigter de certains trilles qu'on ne saurait exécuter avec le doigter ordinaire.

Le cor n'ayant ni trous ni clés, on ne peut point donner sa tablature. On a indiqué cependant celle du trombone , attendu que les tons s'obtiennent, sur cet instrument, par une plus ou moins grande extension de la pompe.

INTELLIGIBILE = INTELLIGIBLE, adj. —On dit souvent que la bonne musique est celle qui est intelligible à tous. Si cette opinion était énoncée par les seuls ignorants, il ne faudrait pas essayer de la combattre, car on sait bien ce qui leur plaît ; mais si le même langage est tenu par les véritables artistes, il faut leur rappeler qu'ils n'ont pu d'abord exécuter ni même comprendre les ouvrages de Haydn, de Mozart et de Beethoven, pour lesquels, aujourd'hui que leurs connaissances en musique se sont agrandies, ils ont une très grande estime.

Le plus grand art du compositeur, l'art véritable, consiste à agir indistinctement sur tous par la vérité de l'expression , en employant, selon que le demandent le sujet de l'action et la situation du moment, les moyens inépuisables que lui offre son art. De cette manière la modulation la plus travaillée, placée convenablement, sera intelligible dans la véritable acception du mot, même à l'oreille la moins exercée, non pas quant à la structure technique (qui n'intéresse nullement), mais quant à la situation du moment. Si, par exemple, dans Don Juan, la statue du Commandeur prononce son terrible si (oui) ! sur la note fondamentale mi, et si le compositeur, prenant cette note comme tierce de do, module dans ce ton pris par Leporello , tout ignorant en musique ne comprendra pas la structure technique de cette transition, mais il tremblera intérieurement comme Leporello ; le plus savant musicien ne pensera pas non plus dans le moment à cette transition et se trouvera sous la puissance du même sentiment que l'ignorant. Tome i. 34

Le facile , l'agréable en musique doit donc être approuvé lorsqu'il est adapté à la situation; niais vouloir en faire une règle exclusive serait resserrer l'art dans de trop étroites limites et le condamner à la monotonie. Les amateurs de poésie qui aiment tant les poésies faciles et populaires , une simple chanson nationale, ne diront certainement pas que les vers de Dante , de Schiller , de Goethe , de Shakespeare, ont peu de mérite parce qu'ils ne sont pas intelligibles à tous ; car l'esprit de l'homme est capable de perfectionnement et n'est pas borné au cercle uniforme de la vie actuelle. L'empire de l'art et de la nature est infini , et peut être considéré comme bien au dessus de toute théorie par son inépuisable variété.

INTEDENTE DI MUSICA = INTENDANT DE MUSI- QUE. — C'est presque toujours un emploi de cour. L'intendant remplit quelquefois les fonctions de directeur de musique.

INTENSITA = INTENSITÉ, s. f. — (Voy. Forzd).

INTENSO f- INTENSE, aclj. — On le dit d'un son qui vibre fortement.

INTERMEZZO = INTERMÈDE , s. m. — Les anciens Romains représentaient souvent, entre les actes de leurs pièces de théâtre, de petites scènes qu'ils appelaient Satyri.

Grescimbeni affirme que, dans une farce composée par Damiano et imprimée en 1519, il y avait au commencement de chaque acte des vers rimes formant des octaves, qui étaient chantés avec accompagnement de lyre ou de guitare , par un personnage qui portait le nom d'Orphée. Une autre fois on chantait un madrigal sous le titre de chœur, à l'imitation des anciens poètes comiques qui, au temps d'Horace, introduisirent des chants entre les actes , pour remplacer les chœurs employés par les Grecs dans leurs tragédies et leurs comédies.

Dans les anciennes comédies italiennes, chaque acte avait

un sommaire ou prologue , et quelquefois deux. Un morceau du même genre était toujours récité ou chanté dans les anciens mystères par un ange messager.

Les petits morceaux intitulés : Intermèdes en musique, qui précédaient les opéras, n'étaient dans le principe que des madrigaux ou des chansonnettes. Le Tasse en composa pour son Aminta , et Guarini pour son Pastor fido. Le public s'ennuya cependant bientôt de ces sortes de compositions sans action, sans mouvement et sans incidents dramatiques , et on leur substitua sagement des scènes animées , pleines de caractère, de sentiment et de gaîté.

Les intermèdes furent représentés entre les actes des grands opéras (comme au temps de Métastase) , et entre ceux des comédies, comme c'est encore l'usage à Rome. En Italie on donnait autrefois le nom ô! intermezzo à de petits opéras , tels que la Serva padrona, de Pergolèse, représentée à Naples vers l'an 1734, et qui est un des plus célèbres intermèdes que l'on connaisse; ces intermèdes n'étaient pas toujours joués dans les entr' actes des autres pièces; on les appelle aujourd'hui farces. Les intermèdes sont passés de mode en France.

INTERPUNZIONE = PONCTUATION, s. f. — On appelle ponctuation dans les compositions musicales la manière de distinguer les repos plus ou moins parfaits , et de diviser les phrases de telle sorte que l'on sente bien leur commencement , leur fin et leurs liaisons plus ou moins grandes , ainsi que cela arrive dans un discours bien prononcé.

On appelle aussi ponctuation le repos qui se trouve à la moitié de chaque verset des psaumes et qui est indiqué par un astérisque *. Lorsque la première partie est trop longue, trop étendue, elle est coupée aussi par un autre repos moins long , qui laisse seulement le temps de respirer et qui est marqué par une virgule.

TNTERVALLO = INTERVALLE, s. m. — Distance d'un

son à un autre , plus aigu ou plus grave. Les intervalles se comptent ordinairement de bas en haut , et le chiffre représentant le son le plus aigu par rapport au plus grave donne le nom à l'intervalle. Do sot, par exemple, forment une quinte , parce qu'il y a entre ces deux notes une distance de cinq degrés. Tout intervalle pouvant appartenir à différents Modes, il est pour cela qualifié des épithèles de naturel, majeur, mineur, diminué et augmenté. On n'appelle intervalle naturel que ces consonnances qui ne déterminent aucun Mode, comme la quarte, la quinte et l'octave; par les mots majeur et mineur, on distingue la variété des tierces, des sixtes, des septièmes et des secondes; mais si dans un intervalle naturel ou mineur on monte la note grave d'un demi-ton mineur, ou si l'on baisse la note aiguë d'un demi-ton aussi mineur, on formera ce qu'on appelle un intervalle diminué. Si dans un intervalle naturel ou majeur la note grave est abaissée d'un demi-ton mineur , ou la note aiguë élevée d'un demi-ton aussi mineur, l'intervalle s'appellera intervalle augmenté,

On pourrait aussi imaginer des intervalles doublement diminués ou doublement augmentés, comme, par exemple, la seconde doublement augmentée, soi \?, la #, etc. ; leur qualité s'explique d'elle-même.

Les intervalles les plus usités sont les suivants :

1° V unisson; il est ou naturel, comme do dosuv le même espace, ou augmenté, comme do do $ (on verra à l'article Prima pourquoi l'unisson est mis au nombre des intervalles).

2° La seconde; elle est majeure {do ré) , mineure (si do), et augmentée (do ré #).

3° La tierce; elle est majeure (do mi), mineure (ré fa), et diminuée (ré # fa],

li° La quarte; elle est naturelle (do fa), diminuée (do $ fa), ou augmentée (fa si).

5° La quinte; elle est naturelle (do soi), diminuée {si fa), et augmentée (do sot $).

6° La sixte; elle est mineure (si sol), majeure (fa ré), et augmentée (fa ré z) .

7° La septième; elle est mineure (soi fa), majeure (do si), ou diminuée (soi # fa),

8° V octave ; elle est naturelle (dodo), ou diminuée (do $ do, ré ré [?).

Il y a encore des intervalles au dessus de l'octave , comme la neuvième, la dixième, la onzième, et ainsi de suite jusqu'aux octaves doublées, triplées, etc.

L'octave sert de complément à tous les intervalles qui sont dans ses propres limites ; ainsi, par exemple, le complément de la tierce do mi sera la sixte mi do, etc. Pour connaître sur le champ le nom des intervalles renversés , il faut placer les chiffres depuis 1 jusqu'à 8 , les uns au dessous des autres et en sens inverse, par exemple :

On voit d'après cela que le renversement de l'unisson donne l'octave ; celui de la seconde la septième ; celui de la tierce la sixte ; de la quarte la quinte ; de la quinte la quarte ; de la sixte la tierce ; de la septième la seconde ; de l'octave l'unisson.

Dans ces compléments ou renversements , les intervalles changent leurs dénominations de majeur, mineur, augmenté ou diminué, de manière que les intervalles majeurs deviennent mineurs, et les mineurs majeurs; que les intervalles augmentés deviennent diminués, et les diminués deviennent augmentés.

On divise ordinairement les intervalles : 1° en consonnants et dissonants (voy. les articles Consonnanza et Disso-

nanzd) ; 2° en simples, redoublés, triplés, etc. Les intervalles simples sont ceux qui se trouvent dans les limites de l'octave ; les intervalles redoublés ou triplés , etc. , sont ceux qui dépassent une, deux ou trois octaves. Lorsqu'on a un intervalle redoublé ,' et qu'on veut connaître à quel intervalle simple il se rapporte, il faut ôter sept autant de fois qu'on le trouve dans le nombre ; ce qui restera, sera l'intervalle simple. De treize ôtez sept , reste six ; on voit par-là que la treizième n'est autre chose que la sixte re doublée. De quinze ôtez deux fois sept ou quatorze, reste un ; par conséquent la quinzième est un unisson triplé ou une octave doublée. Si l'on veut au contraire doubler un intervalle simple , quel qu'il soit, il faut ajouter sept, et pour le tripler, quatorze.

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