‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 165 sur 364 · TA · texte numérisé non relu

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art, sont dus aux autres nations, et particulièrement à la nation flamande. Dès le xrve siècle , elle avait déjà son école à elle, qui, bien que détruite aussi par les guerres qui eurent lieu à la fin du xvr siècle, donna pourtant naissance à toutes les autres écoles de l'Europe, et doit être considérée comme leur souche commune. A cette époque, la chapelle du pape et celles des autres cours d'Italie, étaient peuplées de chanteurs flamands et picards ; dans toute l'Italie , même à Rome, on chantait la musique des compositeurs flamands et Français. Il y avait alors tant d'uniformité dans la musique des différentes nations européennes, qu'elles ne formaient qu'une seule école. Enfin, dans le xvr siècle, l'Italie reparut sur la scène, et depuis lors elle occupa toujours, comme véritable créatrice de la période mélodique , le premier rang dans les annales de la musique. Tous les genres de composition , tant vocale qu'instrumentale , subirent une salutaire réforme ; le contrepoint et la fugue se revêtirent de plus belles formes, et toutes les écoles cherchèrent à l'envi à embellir le domaine de l'harmonie.

Le commencement du xvr siècle fut marqué par une invention fort importante pour la musique. Octave Petrucci de Fossombrone inventa en 1503, à Venise, les caractères de musique et imprima, dans la même année , quelques messes de Pierre De la Rue, et en 1508 plusieurs autres messes de divers compositeurs flamands. De retour dans sa patrie, en 1513, il obtint de Léon X un privilège pour imprimer la musique pendant vingt ans, dans toute la chrétienté. En 1516, il publia à Rome quinze masses des plus fameux compositeurs flamands ; ce recueil était adressé à Léon X, et dans la lettre dédicatoire on lisait entre autres choses ce qui suit : « casque incisis in tigneas tabulas notis ( quod nutius ante me fecit) novaimprimendi ratione sociorum sumptibus excudi atque publicavi, »

On voit par-là que c'est à Venise que fut imprimée la pre-

mière musique, et que c'était une messe d'un compositeur français.

Dans le même siècle, le principe de la mélodie commença à se développer, et la confusion qui régnait entre les diverses parties finit par disparaître ; quelques règles fort utiles pour la modulation furent aussi introduites par les grands compositeurs Constance Porta et Claude Monteverde, tous les deux de Crémone ; le célèbre Pierre Louis de Palestrina, l'abbé Mathieu Asola de Vérone , Jean-Marie Nanini de Valerano et plusieurs autres.

Il s'opéra aussi à cette époque dans la musique dramatique un heureux changement dû aux travaux de quelques habiles compositeurs qui, outre les instruments à cordes, jusque alors seuls employés pour l'accompagnement du chant théâtral, mirent en usage plusieurs instruments à vent. On vit se distinguer dans ce genre de musique le ferrarais Alphonse de la Viola , maître de chapelle du duc d'Esté ; le milanais Horace Vecchi ; le romain Jules Caccino, et les florentins Jean Bardi, Jacques Corsi et Jacques Péri. Ce dernier perfectionna beaucoup, à la fin du xvic siècle, la déclamation musicale, et l'on peut dire que son Euridice a servi de modèle à tous les autres opéras composés par la suite.

C'est aussi à cette époque que remonte la fondation des Conservatoires si renommés de Naples (V. l'article Conscrvatorio), et l'invention des oratorios en musique, œuvre du zèle pieux de saint Philippe de Néri , qui, désirant diriger vers la religion le goût passionné que les Romains montraient pour les spectacles profanes, fit composer par quelques bons musiciens des cantates dans le style dramatique, mais sur des sujets tirés de l'histoire sacrée , puis il les fit exécuter par les meilleurs chanteurs dans l'église de Y Oratorio , et le résultat correspondit pleinement à ses louables intentions. Voilà l'origine du nom d' oratorio , donné à ces sortes de compositions. Les oratorios ne tardèrent pas à se

répandre partout , et à Venise surtout ils firent bientôt des progrès remarquables.

C'est dans ce siècle que fut inventé le basson 4 par le chanoine Afranio de Pavie, et que fut fondée la société philharmonique de Vérone.

Dans ce siècle aussi les Antegnati de Bresse s'illustrèrent parleurs orgues (Voy. l'article Organo, où l'on parle de plusieurs autres célèbres facteurs italiens).

Enfin dans ce même siècle il se trouva plusieurs écrivains qui contribuèrent d'une manière toute particulière aux progrès de l'art ; voici leurs noms : Pierre Aaron, Louis Fogliani, Jean Marie Lanfranco, le père Ange de Piciton, l'abbé Nicolas Vicentino (qui dans un de ses ouvrages décrit YJrchicemùaio, instrument inventé par lui), l'abbé Aiguino, le très savant et très célèbre Joseph Zarlino de Chioggia, Vincent Galilée, (père du grand mathématicien) , le chanoine Jean Marie Artusi, Pierre Ponzio, le chanoine Horace Tigrini, le chevalier Hercule Bottrigari, le père Valérien Bona et le père Louis Zacconi.

La structure du violon fut très perfectionnée au commencement duxvrr siècle parles Amati de Crémone, et quelques temps après , portée à son plus haut point de perfection par les Stradivari aussi de Crémone.

Les ouvrages publiés dans la première moitié de ce même siècle, par Scipion Ceretto, Octave Durante , Louis Viadana, le père Adrien Banchieri, Stéphane Bernardi, Camille Angleria et Rocco Rodio, facilitèrent beaucoup les rapides progrès de la musique. Instruit par les théories de ces savants écrivains , le ferrarais Frescobaldi , célèbre organiste du Vatican , inventa une nouvelle manière de jouer de l'orgue , qui fut bientôt reconnue la meilleure. Elle consistait à lier et à soutenir les sons, à proposer et à reproduire alternativement quelques sujets d'imitation, enfin à employer ce style qu'on appelle encore aujourd'hui lié et fugué, et

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que le premier il lit entendre avec uu si grand succès.

La première société musicale de Bologne fut fondée en 1615, par le père Adrien Banchieri,et futnommée société des Fioricli. En 1662 , le maître de chapelle Jérôme Giacobbi en établit une seconde sous le nom de société des Fitomusi, et en 1633 une troisième, appelée société des Filoschici. Ces trois sociétés furent ensuite absorbées par la Société philharmonique (Jccademia filarmonica) , qui existe encore aujourd'hui et qui fut fondée en 1666 par Vincent Carrati.

Le célèbre compositeur Jacques Carissimi, maître de la chapelle pontificale et du collège de Rome , conduisit le récitatif à sa plus grande perfection, et s'appliqua avec un grand succès à donner un mouvement plus varié aux basses, jusque-là d'une excessive uniformité. L'illustre maître de chapelle du Vatican, Horace Benevoli, perfectionna aussi beaucoup le contrepoint.

Dans la seconde moitié de ce même siècle, les sciences acoustiques et canoniques furent illustrées par le grand mathématicien Galilée qui, dans le second volume de ses œuvres, imprimées à Bologne en 1655, parle de la propagation des sons et de leurs rapports; par le mathématicien Pierre Mengoli, dans l'ouvrage qu'il publia à Bologne en 1670 , et par le père Daniel Bartoli, dans son livre intitulé : Dei suono de' tremori Jrmonici e deW uclito , imprimé à Rome en 1679. Quelques années auparavant, c'est-à-dire en 1673, Jean Marie Buononcini publia un ouvrage fort instructif, dans lequel se trouvent indiqués tous les artifices de la composition musicale connus jusqu'alors. Peu après le chanoine Ange Berardi se distingua aussi par quelques ouvrages de théorie et de pratique; mais l'écrivain le plus fécond de ce siècle, surtout en ce qui regarde la musique ancienne , est le noble florentin Jean-Baptiste Doni.

Co fut à cette époque que s'élevèrent les premiers théAlres

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