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Parmi les instruments de musique des environs de Bali, il se trouve un grand instrument à vent , long de cinq pieds environ ; il ressemble à la flûte allemande , mais pour le son et la manière d'y introduire le souffle, il tient plutôt de la clarinette. On en joue ordinairement cinq ou six à la fois.
Le souling et le serdoum sont des espèces de flûtes ou tuyaux qui sont en usage chez les Malais, mais ils se jouent toujours seuls. Ces deux instruments sont l'origine de tous les instruments à vent des insulaires indiens actuels. Le pipeau proprement dit , ou la flûte , leur vient des Hindous , comme son nom, dérivé du sanskrit (Bangsi), l'indique. Il en est de même de la trompette , qu'ils ont connue par les Européens et les Persans , comme les réflexions de Nafiri et Saloumpret paraissent le prouver.
Il y a trois espèces d'instruments à cordes chez les Javanais ; leurs noms sont : le chalemboung 9 le trawangsa et le vabab. Le chalemboung a dix à quinze cordes que l'on place comme celles de la harpe ; le trawangsa ressemble à la guitare ; on le trouve chez les Soundas, ou montagnards de Java; il est de la même espèce que le luth, connu des Malais sous le nom de kachapis. Le rabab est un très joli instrument emprunté aux Persans , presque semblable à un petit violon, fait d'ivoire et de parchemin, et garni de deux cordes que l'on fait résonner au moyen d'un petit archet. Il a une très bonne qualité de son. Il n'est joué que par le chef d'un orchestre, mais il manque à presque toutes les tribus qui sont en communication avec les Asiatiques occidentaux.
Le nombre des instruments de percussion est plus grand. Le tambour est l'instrument national, mais il a différents noms, suivant les divers dialectes des peuples indiens. Outre les différentes espèces de formes de ceux qui leur sont propres , ils en ont encore emprunté aux Arabes et aux Européens. Ceux du pays se battent avec les mains , et paraissent avoir un son faible et peu harmonieux.
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Le tambour le plus connu est celui qu'on appelle gongs ou goung. La matière dont il est fait est une composition de cuivre , de zinc et d'étain. Beaucoup de goungs ont l'énorme diamètre de quatre à cinq pieds , et au milieu un bouton qu'on frappe avec des fuseaux dont la tête est garnie de gomme élastique ou d'un tampon de laine. Le son de cet instrument est d'une force et d'un effet extraordinaires.
Un instrument de cette espèce à peu près, mais plus petit , et placé sur des cordes qui sont fixées sur un châssis de bois , porte le nom de ketouk, ou kampoui.
Le kromo ou bonang est un autre instrument qui consiste en plusieurs bassins dont le diamètre est égal à celui du goung, et dont le son est fort, mais doux en même temps.
La dernière classe des instruments de percussion s'appelle staccatos, ou gambang. Ils sont encore plus tranchants que les autres.
Le staccato de bois, ou kamboung kayu, se compose d'un certain nombre de bâtons de bois, durs et sonores, disposés par ordre de grandeur, au dessus d'une écuelle de bois, et qu'on frappe avec un petit marteau. Cet instrument est en usage dans tout l'Archipel indien , mais particulièrement parmi les tribus de Malais, et se joue souvent seul.
Une seconde espèce de staccato ne diffère de la première qu'en ce que les bâtons ou baguettes, au lieu d'être de bois, sont de métal. Ces staccatos de métal ne diffèrent de nom qu'à cause du nombre et de la dimension des baguettes, ou en raison de la construction de l'appareil sur lequel ils sont montés. Le son du staccato de bois est doux, mais sans force ni intensité , tandis que le staccato de métal a le son plus fort et plus dur. Une modification de ce dernier porte le nom de gander.
Les instruments que nous avons mentionnés, bien accordés, et chacun ayant son caractère approprié à une certaine espèce de musique, sont réunis dans certaines occa-
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sions , et de différentes manières , en corps de musique ou orchestres. Le mot gamaian, que l'on entend prononcer si souvent par les Javanais , désigne ces espèces de réunions. Il n'y en a pas moins de sept. La première s'appelle manggang, et est la plus simple et la plus ancienne.
Nous ne parlons pas ici des principaux instruments dont elle se compose : elle est employée dans les processions publiques. Les noms de gamaian , de kodok, de ngiwrek , ou dont la musique a de la ressemblance avec le coassement des grenouilles, leur ont probablement été donnés lorsque les Javanais , ayant eu connaissance d'une musique plus parfaite, eurent senti l'absence de l'harmonie dans la leur.
Une plus nombreuse réunion d'instruments s'appelle satendro; elle est la plus parfaite de toutes, soit pour le nombre des instruments, soit pour l'étendue des tons dont chacun d'eux est chargé. Le petag ressemble au salendro, mais quelques uns des instruments y ont moins de notes, et tous sont plus grands et plus éclatants. Lemiring a beaucoup de rapport avec le salendro et le pelag. Ces trois espèces de combinaisons musicales sont employées de préférence pour l'accompagnement des différentes espèces de représentations dramatiques.
Dans le gamaian cfwro Bail, ou musique à la manière de Bali, on exclut le rabab, ou violon, instrument emprunté aux Mahométans , et on remplace cet instrument par les flûtes et clarinettes dont il a été parlé. Sous d'autres rapports, il ressemble au salendro, et les instruments y sont aussi grands et aussi éclatants que ceux dont on fait usage dans le pelag.
Le sakatcn ne diffère du pelag que par une étendue plus grande et un ton plus éclatant des instruments. Cette musique ne se joue jamais que devant le monarque , et dans des occasions très solennelles , comme dans de grandes fêtes religieuses, etc.