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maginer, ne mérite pas non plus , à proprement parler, le nom de compositeur ; mais un seul moment d'inspiration , et un seul morceau écrit dans ce moment , où la suavité de sa mélodie est accompagnée d'une savante harmonie, le placera bientôt au rang des premiers maîtres de chant.
MELODRAMMA = MÉLODRAME, s. m. — Genre de spectacle où, à la déclamation simple soit en vers ou en prose , on a joint un accompagnement de musique instrumentale, qui contribue à renforcer l'expression des sentiments renfermés dans le drame. On l'appelle monodrame, s'il n'y a qu'un interlocuteur ; duodrame , s'il y en a deux. On attribue à Rousseau l'invention du mélodrame moderne. Il est douteux que ce genre de musique puisse avoir un mérite esthétique; cependant il semble devoir produire de l'effet dans certaines situations.
MELOFARO = MÉLOPHARE , s. m. — Fanal à trois , quatre ou six petites fenêtres à grillages , auxquelles au lieu de verres on met des feuilles de papier où est écrit de la musique. Le mélophare est monté sur un grand pied comme un pupitre ; la lumière étant renfermée au milieu et frappant l'œil à travers les feuilles de papier, procure la facilité à chaque exécutant de lire sa partie lorsqu'il fait noir. Les mélophares servent pour les sérénades : comme les morceaux que l'on y joue sont fort courts, chaque feuille en contient plusieurs de caractères différents , arrangés de manière à former un petit concert nocturne. On change la feuille de papier à chaque sérénade. Il est essentiel de choisir un papier fort et rayé avec de l'encre très noire. On écrit d'un seul côté, que l'on humecte ensuite avec de l'huile.
On veut que le mélophare ou fanal ait été inventé en Provence : il est certain qu'il y a été perfectionné par les amateurs de musique, et qu'en France on s'en sert beaucoup dans les belles nuits d'été.
MELOMANIA = MÉLOMANIE , s. f. — Manie, passion excessive pour la musique.
MELOMANIACO = MÉLOMANE, s. m. — Celui qui a cette passion pour la musique.
MELOPEA= MÉLOPÉE ,s.f. — (V. l'art. Greci antichi.)
MELOPLASTO = MÉLOPLASTE *, s. m. — Tableau composé des cinq lignes de la portée avec quelques lignes additionnelles au dessus et au dessous. Ce tableau, sur lequel le professeur de musique promène une baguette terminée par une petite boule, sert à représenter, par une notation mobile, des chants qui sont chantés par les élèves au fur et à mesure que la baguette leur indique de nouveaux sons, ce qui les dispense d'apprendre à lire les signes ordinaires de la musique, de connaître les clés et tous les accessoires de la musique écrite. Cette méthode de méloplaste a été inventée vers 1817, par Pierre Galin, de Bordeaux.
MELOS. — Cantilène, chant doux.
MELOS ORGANICUM. — Sonate.
MENATZACH. — Nom hébraïque de celui qui dirigeait la musique.
MENESTRÏERI= MÉNESTRELS. — Les premières nations chrétiennes de l'Europe avaient, en outre du chant sacré, une espèce de musique profane exécutée presque exclusivement par une classe spéciale d'hommes qui probablement tirent leur origine des anciens bardes , ou des comédiens latins , dont l'occupation était à peu près la même. Ceux qui composaient cet ordre de musiciens ou ménestrels, s'en allaient errants, n'ayant pas de lieu fixe , de cité en cité , de château en château, en troupe plus ou moins considérable, avec leurs femmes et leurs enfants, tâchant partout d'amuser les grands et les riches par des éloges , les femmes vaines par des flatteries, et la basse classe du peuple par des bouffonneries.
Cette espèce de tribu était répandue dans toute l'Europe.
* Fétis.
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En Allemagne on les appelait Spiellente (joueurs) ; en Angleterre Minestrels ; en France on leur donnait le nom de trouvères , troubadours , romanciers, conteurs, chanteurs, jongleurs, mcnestriers , selon les diverses occupations qu'ils avaient embrassées. On parle seulement ici de ce qui a rapport à la musique.
Celui qui voulait dans ce temps-là être un habile ménestrel, devait être à même de faire le récit des événements en langue romane et latine, savoir et chanter par cœur une grande quantité de chansons appelées Lais et jouer de plusieurs instruments alors en usage. On distinguait les chansons de geste ou héroïques, les romans d'aventures, où l'on chantait les faits mémorables des chevaliers errants ; les plus en usage étaient cependant les lais , ou chansons sur des sujets gais, tristes, héroïques ou pieux, toujours accompagnés de laharpe.
Les Rotruenges étaient une espèce de chansons que l'on chantait en ronde et s'accompagnant de la rote. Les servantois ou sirventes , étaient des chansons historiques , et les pastourelles roulaient sur des sujets champêtres.
Les ménestrels avaient , outre la harpe , une grande quantité d'autres instruments dont on se servait dans les grandes occasions, et quand ils étaient appelés à la cour chez les grands ou chez les riches. Ces instruments , tels que la vielle , làmuse, la chiphonie, la gigue, Yarmonie, le saiteire et la rote, se trouvent mentionnés dans les vers suivants :
Ge (je) sai juglere (jouer) de viéle, Si sai de muse et de frestele , Et de harpe et de chiphonie , De la gigue, de l'armonie , Et el (du) salteire, et en la rote.
Plusieurs de ces noms , comme gigue, armonie, ne semblent pas désigner des instruments de musique. La gigue est, d'après les plus anciens vocabulaires français, une danse exécutée sur la corde; Yarmonie semble aussi indiquer tout
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autre chose qu'un instrument ( Voy. Hawkins, Hist. of Mus. , vol. II, pag. 284). Quelques uns croient que la gigue est une espèce de flûte. Le dictionnaire italien de la Crusca le dépeint comme un instrument à cordes. Il y a des auteurs qui donnent au mot viéie la signification de notre violon moderne, ce qui n'est pas très vraisemblable, car en France l'instrument secondaire qui porte ce nom , se joue par le moyen de touches et dune roue en guise d'archet.
Le mot rote ou rocta, rotta paraît avoir parmi tous les autres une plus ample signification. Tantôt on donna ce nom au psaitérion , tantôt à un instrument à clochettes, tantôt à un canon (Voy. l'article Armonia). Enfin on l'employait aussi comme diminutif pour désigner une espèce de chant en l'honneur de la naissance que l'on appelait encore au commencement du xvnc siècle rotulœ.
La muse est le même instrument que les paysans nomment cornemuse ou musette. On croit que le mot frestete, ou fretei ou frètiau, est la flûte pastorale formée de sept roseaux. On ne sait pas d'une manière certaine ce que c'était que la chiphonie , cyffonie, symphonie, etc. Les anciens entendent par le mot symphonie une espèce de tambour, quelquefois la lyre , le sistre, la trompette. Les instruments dont nous venons de parler, employés par les ménestrels, sont en petit nombre en comparaison de ceux dont les anciens écrivains et les poètes du moyen-âge parlent dans leurs ouvrages. Ducange cite encore ceux qui suivent, d'après un ancien poète français appelé Molinet :
Tubes , tabours , tympans et trompettes , Lues etorguettes, harpes, psaltérions, Bedons, clarons , cloquettes et sonnettes , Cors et musettes, symphonies doucettes , Chansonnettes et manicordes, etc.
Mais c'est dans un poème du moyen-âge que l'on trouve la nomenclature la plus considérable d'instruments de musique.
On le conserve à la Bibliothèque royale de Paris parmi les manuscrits, n° 7221, fol. 75 ; il renferme la description d'un concert complet. Cette description imprimée dans tes poésies du Roy de Navarre, t. I, p. 229, est dans l'ordre qui suit :
Car je vis tout en un cerne
Viole, rubèbe, guiterne ,
L'enmorache, le micamon,
Citole et psaltérion ,
Harpes, tabours, trompes, nacaires.
Orgues, cornes plus de dix paires ,
Cornemuse, fiajos et chevrettes,
Douceines, simbales, clochettes,
Tymbre , la flauste brehaigne ,
Et le grant cornet d'Allemaigne,
Fiajos de saus, fistule, pipe ,
Muse d'Aussay, trompe petite ,
Buisines, èles, monocorde.
Où il n'y a qu'une seule corde,
Et muse de blet tout ensemble;
Et certainement il me samble
Qu'oncques mais tèle mélodie
Ne feust oncques veue ne oye ;
Car chascun d'eus ( des musiciens ), selon l'accort
De son instrument sans descort,
Viole, guiterne, citole,
Harpe , trompe, corne, flajole,
Pipe, souffle, muse, naquaire,
Taboure, et quanque on puet faire
De dois, de penne et de l'archet ,
Ois et vis en ce porchet.
En supposant que les mélodies de ce temps ne fussent qu'un plain-chant grégorien , sans harmonie aucune , quel concert devaient former tous ces instruments ?
Au reste , les ménestrels furent méprisés partout , soit à cause de leur vie errante , soit parce qu'ils se réunissaient souvent à des charlatans de toute espèce , dont les talents, loin d'être nobles, n'étaient même bons à rien d'utile. En Allemagne, l'église les excommunia et les lois les déclarèrent
illégitimes el infâmes ; leurs enfants ne pouvaient apprendre aucun métier, étant regardés comme des bâtards. Dans les autres pays de l'Europe, surtout en France, ils eurent pendant long-temps le même sort. Les hommes les accueillirent partout , mais toujours ils furent persécutés par les lois et traités comme les gens les plus méprisables ; tel fut leur sort tant qu'ils menèrent une vie de désordres et qu'ils avilirent la noblesse de leur art en l'associant à d'infâmes métiers : cependant les progrès de la musique allant toujours croissant, le goût étant devenu plus délicat, on chercha des plaisirs qui le satisfissent ; aussi s'opéra-t-il peu à peu une grande réforme. Les ménestrels, voyant que cette vie errante était un obstacle au perfectionnement de leur art, prirent des demeures fixes, se ménagèrent les loisirs de perfectionner leur talent. Ils ne tardèrent pas à s'apercevoir, en devenant plus habiles , combien il était absurde de profaner la musique en la mêlant à des plaisanteries et aux bouffoneries des charlatans ; la persuasion de l'incompatibilité de choses si hétérogènes produisit une scission complète. Les ménestrels firent place à des artistes jouant de toutes sortes d'instruments, qui, ayant adopté un genre de vie commun, furent employés soit pour la musique d'église, soit dans les fêles publiques et les danses. Les charlatans furent remplacés aussi par des poètes qui n'atteignirent pas tout de suite la perfection, mais ouvrirent la voie à une poésie vraie et parfaite. Voilà de quelle manière ces deux arts sublimes ont été tirés de la fange où ils croupissaient, et se sont élevés à un haut point de perfection; grâce au génie des hommes, entre les mains desquels ils tombèrent , ils ne servirent plus de passe-temps à la multitude seulement , mais on les destina à procurer les plus agréables jouissances de l'esprit et du cœur. De là se sont formées les classes de vrais poètes, c'est-à-dire les tribus ou compagnies de musiciens , de poètes erotiques, chevaleresques, etc. ,etc. Ces corps de musiciens commencèrent à , Tome il [\
être sous la protection des magistrats aux xnr et xlv siècles.
La première de ces confréries a été fondée en France en 1330 sous le nom de Confrérie de saint Julien des mênestriers. Les membres qui la composaient s'appelaient Compagnons jongleurs, ménestreiix, ou mênestriers, et même ménestrels. Cette réunion fut sanctionnée par les magistrats le 23 novembre 1331. La société se choisit non seulement un saint pour protecteur dans saint Genêt (romain, joueur de gobelets, converti au christianisme et mort martyr en 303 ) , mais encore un chef ayant le titre de roi des mênestriers , parce qu'alors toutes les congrégations de ce genre avaient un chef ayant le titre de roi. Celte confrérie habitait une seule rue, dite rue de Saint-Julien des mênestriers ; c'était là qu'on s'adressait pour se procurer ceux qu'on voulait employer dans les noces et dans les assemblées de plaisir.
La nouvelle société commença d'abord par s'abandonner a une vie dissolue , mais après plusieurs sévères ordonnances, il y eut scission entre les membres de la confrérie : les uns reprirent leur ancienne manière de vivre et se firent danseurs; d'autres se remirent de nouveau sous la protection des autorités, et prirent le titre de ménestrels , joueurs d'instruments, tant haut que fias.
Le roi Charles VI confirma ce titre dans une lettre-patente du là avril 1401, qui commence ainsi :
« Charles, par la grâce de Dieu, roi de France, savoir fai- » sons à tous présents et à venir. Nous avons reçu l'humble h supplication du roi des ménestrels et des autres ménestrels, » joueurs d'instruments, tant haut comme bas, contenant, » comme dès l'an 1397, pour leur science de mènestradie » faire et entretenir selon certaines ordonnances, par eux » autrefois faites , et tous ménestrels, tant joueurs de hauts » instruments comme bas, seront tenus d'aller par devant » ledit roi des ménestrels, pour faire serment d'accomplir ; toutes les choses ci-après déclarées, etc., etc. »
Les ordres qui suivent se rapportent aux noces et autres occasions où les ménestrels pouvaient jouer.
On ignore le sort ultérieur de cette confrérie après cette patente ; il est certain qu'elle eut une longue série de rois., parmi lesquels on cite deux Guillaume, un Dumanoir, un Constantin, et enfin Jean-Pierre Guignon.*
Le dernier roi de cette société s'appela roi des violons, et on trouve ce nom gravé sur des médailles. Il voulait soumettre à son empire, non seulement les musiciens de toute espèce, mais même les maîtres de danse; ayant eu à ce sujet un procès sérieux qu'il perdit , le vrai monarque revendiqua ses droits et abolit tout à fait cette dignité musicale en 1773. Les actes de ce procès singulier furent imprimés d'après les ordres exprès du roi, en 1774, sous le titre de: Recueil d'èdits, arrêts du conseil du roi, lettres patentes, mémoires et arrêts du parlement , en faveur des musiciens du royaume. '227 pages in-8".
Une institution musicale tout-à-fait semblable à la précédente existait aussi en Allemagne. On ne sait pas précisément l'époque à laquelle elle a commencé; mais il paraît que la suprême dignité musicale, à Vienne, appelée Over-Spiel, Grafen-Amat, sous la juridiction de laquelle se trouvaient les mimes, les histrions et tous les musiciens de l'Autriche, existait déjà au xrv* siècle, tandis qu'à la fin du même siècle plusieurs états, dans les autres contrées de l'Allemagne,
* Ducange parle aussi d'un ancien document de 1338, où on lit: Je , Robert Caveron. roi des Ménestrels du royaume de France, et de deux autres documents de 1357 et 13G2, dans lesquels ils est fait mention de Copin du Brequln, comme roi des Ménestrels du royaume de France. Ces rois reçurent des couronnes d'argent, ainsi que cela résulte du cahier des dépenses faites à l'occasion de la délivrance du roi Jean II . en 13/>7, lait prisonnier en 1356 à Poitiers. On lit entre autres choses : pour une "couronne d'aryent qu'il donna le jour de la Tiphanie au roi des Ménestrel'!.
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lurent inféodés par 1rs empereurs avec l'honneur de la même juridiction. Ces états avaient aussi un vicaire , ou lieutenant portant le titre de roi, qui était chargé de veiller sur la société et faire les rapports nécessaires aux autorités supérieures. Pour abréger, nous omettons de mentionner les statuts de ce règne et les cérémonies qu'on y pratiquait; il suffira de savoir que cette dignité ou charge fut abolie à Vienne le ;30 octobre 1782 (V. Nicoiai's Reisen B. III. 298).
MENELM. — Livre des chrétiens grecs, divisé en douze parties pour les douze mois de l'année , où sont renfermés les hymnes et prières qu'on doit réciter en chœur.
MENO (moins). — Ce mot, ajouté à d'autres, iudique une diminution de la force ou du mouvement indiqué , par exemple, meno forte, meno presto, moins fort, moins vite, etc., etc.
MENSOEA = CONSOLE, s. f. — (Voy. Arpa).
MERULA. — Ancien registre d'orgue qu'on appelait quelquefois en France rossignol. Il consistait en une boîte d'étain remplie d'eau , avec deux ou trois tuyaux dans lesquels l'eau était agitée par le vent; ce registre imitait le !j a/ouillement des oiseaux. Il est maintenant hors d'usage.
M ESC AL. — -Instrument turc, composé de plusieurs tuyaux.
MESE. — Son du médium de l'ancien système grec.
MESOCHOROS. — Celui qui se tient au milieu des chœurs, ou le directeur des chœurs.
MESODUS ACUTIOR. — Contralto.
MESODUS GRAVIOR. — Ténor.
MESOIDE, s. f. — Partie de la Mélopée ancienne des Grecs (Voy. Greci antichi).
MESON. — Second tétracorde des Grecs (Voy. Greci antic ki).
MESONYCTIKON. — Chant nocturne de l'église grecque.
MESOPYCM, ad). -— (Voy. Sont mobiles).
MESS A = MESSE, s. /'. — Composition musicale en