‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 197 sur 364 · MIN · texte numérisé non relu

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l'enjouement unis à un maintien grave et sérieux, constituent le caractère de cette danse, par laquelle on ouvrait autrefois tous les bals de société. Les airs des menuets sont en mesure à 314 de mouvement modéré et ont deux reprises composées de huit mesures chacune.

Pour introduire quelque variété dans cette musique, on y joignit une autre mélodie de même rhythme, que l'on exécutait alternativement avec la première. Ce second menuet était appelé trio , parce qu'on le jouait ordinairement à trois parties , au lieu que le menuet principal était exécuté par tout l'orchestre selon quelques uns, selon d'autres à deux parties , savoir : par les premiers et seconds violons à l'unisson , accompagnés par des basses.

Le menuet n'est plus en usage dans les danses théâtrales , à moins que ce ne soit dans quelque situation comique, comme simple parodie. Quelques uns prétendent que Lulli est l'inventeur du menuet, et que Louis XIV fut celui qui le dansa le premier, en 1660, à Versailles.

On a aussi donné le nom de menuet à une espèce de petit air d'opéra, qui, par sa mesure à 3|4 et son caractère, ressemblait à la danse ainsi appelée, et dont l'usage fut pendant quelque temps aussi répandu et aussi fréquent que celui de la polonaise et du rondeau.

Les compositeurs de l'ancienne école intercalèrent des airs de gavottes, menuets, allemandes, gigues, dans leurs sonates , duos et autres morceaux d'instruments. Cet usage n'a été conservé que pour le menuet. Les premiers qui furent introduits dans des sonates ou des symphonies avaient exactement le mouvement et la forme du menuet, destiné à mesurer la danse, comme le prouvent les œuvres de Boccherini; les Allemands ont donné à cette sorte de composition la rapidité et la vigueur qui la caractérisent actuellement. Sa mesure est toujours à 3 14, mais le mouvement en est si vif, qu'on ne peut battre que le premier Temps. Ces menuets de

symphonies ou de quartuors , etc. , sont ordinairement des morceaux d'école dont le caractère a quelque chose de fantastique; les effets singuliers, quelquefois même bizarres produits par l'étrangeté des contretemps et des dissonances, employés dans cette partie d'une composition ; contrastent avec la grâce et l'amabilité qui caractérisent ordinairement ïandante dont elle est précédée, ainsi qu'avec la douceur et la simplicité dont est empreinte la mélodie du morceau suivant appelé trio, dans lequel le chant est ordinairement dévolu à un instrument concertant.

MI RÉ. — Indique le changement de ces deux syllabes sur le ton de ta (Voy. Sotmisazione).

MISERERE. — Nom de la composition musicale du psaume 50, en faux bourdon , pour voix seules avec accompagnement d'orgue ou d'orchestre.

MISSOLIDIO == MIXO-LYDIEN, adj. — (Voy. Modo).

MISTERI=MYSTÈRES, s. m. pi. — Les mystères étaient* des espèces de cantiques religieux que chantaient au temps des croisades des compagnies de pèlerins en revenant de Jérusalem. Ils se réunissaient sur les places publiques et dans les rues des villes qui se trouvaient sur leur passage, et chantaient en chœur le récit de la vie et de la mort du Christ, la scène du jugement dernier, les histoires de la sainte Vierge, de saint Lazare, des apôtres, ou les louanges, les actions illustres et les miracles des saints et des martyrs, ayant leurs habits couverts de coquilles , de médailles et de croix (Voy. , pour de plus amples détails , l'art. Ludi).

MISTO= MIXTE, adj. — On nomme ainsi le mode qui participe des modes authentique et plagal (Voy. Modo).

MISTURA == MIXTURE, s.f.* *— Ce mot signifie en Allemagne un jeu d'orgue dont toutes les touches , indépendamment de leurs sons respectifs , font entendre simultanément

' Expression prise du mot technique allemand Mixtur.

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