‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 20 sur 364 · APO · texte numérisé non relu

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la pensée des femmes, des enfants et de tous les parents qui , dans cet instant, versent des larmes. Pour terminer, ils comptent les jours depuis le premier jusqu'au dixième , en ayant soin d'indiquer le temps fixé pour le festin où seront mangées les victimes , et pour la solennisation de la victoire. A cette occasion ils chantent , tout en dansant, cette triste chanson en mode mineur qui ressemble à un plain-chant. Des hommes mûrs et des jeunes gens, au nombre de deux cents à six cents, marquent la mesure en frappant dans leurs mains ; si le butin qu'on a fait est considérable , ils se servent de tambours.

Bien que le chant de ces sauvages ne soit autre chose qu'une espèce de murmure, l'observateur érudit distinguera facilement dans cette chanson le mode mineur commun à tous les chants des peuples sauvages, et même des nations les moins civilisées de l'Europe. Il est très singulier de voir que ces anthropophages, qui ne doivent pas avoir l'oreille fort délicate, aiment beaucoup la tierce mineure , marquée dans la chanson par cette ligne V

Le narrateur termine sa lettre de la manière suivante : « Il « y a dans l'expression de cette chanson quelque chose d'ef- » frayant qui vous pousse tellement au désespoir , qu'il vous «semble entendre le chant funèbre de votre convoi. J'ai passé »dans cette angoisse une nuit entière que ces sauvages, doués »du reste d'un très bon caractère, ont bien voulu employer » en mon honneur, afin que j'eusse une idée de ce que je viens »de vous communiquer. »

A PIACERE. — Voy. cul libitum.

APOBATERION. — Nom grec d'une chanson de congé.

A POCO A POGO = PEU A PEU. — Cet adverbe se trouve ordinairement joint aux mots crescendo ou decrescendo , et il indique qu'on doit successivement renforcer ou diminuer la mélodie.

APODIPNA. —Expression grecque qui signifie chants qu'on exécute après souper.

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APOLLO= APOLLON.— Dieu des arts , des lettres et de la médecine, archer célèbre, conducteur fameux de chars, le plus beau, le plus aimable de tous les dieux. On le peint souvent sur le Parnasse, au milieu des neuf Muses, avec sa lyre en main et une couronne de laurier sur la tête. D'après l'opinion la plus générale, il était fils de Jupiter et de Latone.

Malgré ses qualités nombreuses et remarquables , Apollon eut des rivaux. Pan, qui se croyait un excellent joueur de flûte, le défia ; mais Imole , roi de Lydie , choisi pour juge , déclara Apollon vainqueur. Midas , roi de Phrygie , témoin du combat musical entre Apollon et Pan , récusa le jugement d'Imole, et Apollon, pour laisser un monument de la stupidité de Midas, lui fit venir des oreilles d'âne (Voy. Ovide, M étant., tib XI). La défaite de Pan ne découragea pas Marsyas , habile joueur de flûte , qui osa provoquer Apollon , dieu de la musique. Les Muses étaient ses juges. D'abord le son des flûtes surpassa en effet les doux accents de la lyre du Dieu, et Marsyas se voyait sur le point de remporter la victoire; mais Apollon reprit son instrument , joua de nouveau et accompagna ses sons de sa voix. Marsyas ne put l'imiter. Alors les Muses décidèrent en faveur d'Apollon; le vaincu fut écorché pour sa punition et perdit la vie. Son corps fut ensuite remis à son élève Olympus pour être inhumé (Voy. aussi l'article Musc).

APOLLON. — C'est le nom d'un instrument en guise de luth à vingt cordes, inventé à Paris en 1678 par un artiste de musique , nommé Promt.

APPOLLONIGON. — MM. Flight et Robson, de Londres, donnent le nom d'apollonicon à un nouvel orgue inventé par eux dans ces dernières années. Cet instrument unit à la douceur du son la force la plus bruyante , et peut être joué par une ou par plusieurs personnes, et même au moyen d'un seul cylindre.

APOLLONTON. — Instrument à touches, inventé par Jean

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Voiler à Darmstadt, vers la fin du siècle dernier, qui n'est autre chose qu'un piano à deux claviers, avec un jeu de tuyaux à bouche de 8. 4. , et de^deux pieds , et avec un automate de la grandeur d'un enfant de huit ans qui joue différents concertos de flûte.

APOSIOPESIS. — Dans la musique grecque ancienne , ce mot signifie pause générale.

APOTOME. — Terme grec qui désigne la moitié inégale de la division du ton entier , ou le demi-ton majeur dans le

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APPASSIONATO = PASSIONNÉ , aclj. — Ce mot indique l'expression avec laquelle on doit rendre le sentiment ou la passion qui domine dans une composition musicale.

On dit aussi , un amateur ou dilettante passionné , un artiste passionné , quand il a le plus grand amour pour la musique, et ne vit pour ainsi dire que dans cet art.

APPIOMBO = APLOMB. — Les maçons appellent plomb (piombo ou piombino) ce plomb suspendu à une petite corde avec lequel on élève une ligne droite perpendiculaire. De là vient l'expression adverbiale à plomb, qui signifie perpendiculairement, directement; cette expression a été ensuite appliquée, par métaphore, à plusieurs autres choses. Ainsi l'on dit qu'un danseur à un bel aplomb , quand, après avoir fait un saut, il descend directement. Ce terme métaphorique passa de la danse à la musique, où il indique la précision dans la mesure, soit pour la voix, soit pour les instruments.

APPOGGIATURA = APPOGGIATURE , s. f. — C'est un ornement de la mélodie qui consiste en une petite note, non contenue dans l'harmonie, mais qui précède, à différentes distances, au-dessus comme au-dessous, une grande note à laquelle elle est doucement liée avec un accent sensible. La valeur de cette appoggiature dépend de la durée et de la qualité de la note dont elle est suivie. Si la note

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