ORE
kunz, à Prague, en 1790. est un piano uni à quelques registres d'orgue.
ORDINARIO = ORDINAIRE, adj. — (Voy. Tempo).
ORE CANONICHE = HEURES CANONIQUES. — Ce sont les psaumes et les prières que les ecclésiastiques récitent ou chantent en chœur.
ORECHIO MUSICALE = OREILLE MUSICALE. — Sensibilité de l'organe de l'ouïe et même de l'ame, à toutes les impressions musicales, ou faculté de les bien saisir et de les transmettre pures au sens interne.
On dit figurément en langage de musique : avoir de l'oreille, avoir l'oreille bonne, fine, c'est-à- Jire très sensible à la musique, capable de distinguer les intonations justes de celles qui sont fausses, de comprendre la mesure et la justesse des accords ; de sentir les beautés de la composition , d'en découvrir les défauts, etc. On dit d'une personne qu'elle a peu d'oreille quand elle apprécie peu la musique, qu'elle est peu capable d'en sentir les beautés, etc. On dit que Von n'a pas d'oreille, lorsqu'on ne sait pas distinguer ce qui constitue l'harmonie , un ton faux de celui qui est juste, un instrument criard de celui qui est doux, etc. On dit encore que quelqu'un n'a pas d'oreille quand il chante ou qu'il joue faux, et qu'il n'est pas capable de distinguer les notes justes.
D'après cela, il semblerait que la différence entre une oreille musicale et celle qui ne l'est pas, consiste clans la structure organique de l'oreille; mais l'examen le plus minutieux ne le prouve pas. L'oreille d'un serin , d'un rossignol , d'un perroquet, d'un pinson , d'une grive, a la même forme ique celle d'un hibou, dun héron, d'un corbeau, d'un laneret, et cependant on ne peut apprendre la musique à ces derniers avec la serinette comme aux premiers. Il faut donc chercher cette différence dans certaines qualités particulières de l'organe de l'ouïe, dans l'ensemble plus parfait et dans une plus
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grande élasticité des os et des cartilages , dans une plus grande souplesse des tendons et des ligaments, dans une irascibilité plus grande des muscles, et dans une plus grande sensibilité des nerfs.
ORGANAJO, ORGANARO, ORGHENARO. — Expressions italiennes qui signifient facteur d'orgue.
ORGANINO, s. m. — Petit orgue que l'on peut transporter d'un lieu à l'autre, et dont les plus grands ont deux pieds de haut et un seul soufflet. On appelle encore de ce nom un petit orgue à cylindre avec une manivelle qui, armée de dents, remplace le mouvement des doigts. Le plus petit des instruments de cette espèce sert à l'éducation musicale des serins. On l'appelle serinette.
ORGANISTA = ORGANISTE, s. des deux g. — Artiste qui joue de l'orgue. L'organiste doit connaître l'harmonie, l'accompagnement, l'art de moduler, de transposer les tons ecclésiastiques et le mécanisme de l'orgue , afin de pouvoir au besoin suppléer aux petits défauts de l'instrument, causés par le changement du temps, auxquels sont sujets surtout ceux qui sont dans les églises de campagne. Un bon organiste n'a pas seulement le talent d'exécuter avec beaucoup de perfection toute la musique qui est propre à son instrument, mais celui bien plus rare d'improviser tout ce qu'il joue. Une connaissance profonde de l'art , une imagination vive et facile sont les qualités qui constituent les vrais organistes; malheureusement ils deviennent de jour en jour plus rares.
ORGANIZZARE = ORGANISER, v. a. — (Voyez Armonia).
ORGANO, *. m. = ORGUE, s. m. au sing. et f. au pi. (latin organum). — Le mot latin organum signifiait d'abord un instrument quelconque ; peu à peu on ne donna ce nom qu'aux instruments de musique (organadicwitur.onmiainslru
menta musicorum. Saint Augustin, in Psai. 56, n° 16). Ainsi les mots organa acrophtonga désignaient les instruments dont le son ne se prolongent pas, comme ceux de la cithare ; organa ectatica , les instruments dont les sons se prolongent à volonté ; organa parectatica, les instruments sonores comme les cloches ; organica musica, musique instrumentale; organographie, description des instruments de musique, etc. Par la suite on donna le nom d'orgue aux instruments à vent seulement (S. Isidor, lib. 3, Etymolog .) , et enfin au plus grand de nos instruments, à notre orgue. Après cette grande variété de significations, on ne sera pas étonné de la confusion qui règne dans l'histoire de l'orgue. On donne encore un autre sens à ce mot, le sens qu'on lui donnait au moyen-âge, et qui se trouve à l'article Harmonie. L'orgue, cet instrument à clavier et à vent, auquel on pourrait plutôt donner le nom de machine , est le plus beau, le plus magnifique , le plus sonore et le plus grand de tous les instruments de musique. L'ordre ingénieux dans lequel sont disposés ses nombreux tuyaux, la quantité des registres, l'immense variété de jeux dont il est muni, rendent l'orgue admirable au delà de tout ce qu'on peut imaginer, et permettent de donner à ce composé de plusieurs instruments à vent, d'un genre et d'une nature très différents, ce nom d'orgue qui lui convient par excellence, comme roi et souverain de tous les instruments. La vaste dimension de ses formes , la force de ses sons et leur caractère grandiose et plein de majesté, rendent cet instrument digne de l'usage magnifique auquel il est destiné. L'orgue a un avantage commun au piano; il permet d'exécuter en même temps la mélodie et l'harmonie , et de multiplier les sons à l'infini. Les effets de cet instrument sont d'une telle richesse et magnificence harmonique, qu'on oublie qu'il ne peut pas exprimer les diverses modifications et les degrés du forlé et du piano. L'orgue peut en outre soutenir les sons, et par
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conséquent il convient à l'exécution d'un style musical lié et grave, ainsi qu'aux plus grandes complications de l'harmonie. De telles qualités et sa destination au culte divin exigent pour le jouer un homme habile , qui possède tous les talents indiqués à l'article Organiste.