STRUCTURE DE L'ORGUE
Les parties principales dans tout orgue sont :
I. Le sommier avec le réservoir du vent, ce qui constitue la partie principale de l'orgue. On distingue deux sortes de sommiers, l'un à tiroir et Fautre à ressort ou à vent. Je parlerai plus tard de ce dernier. Le sommier à tiroir se compose de trois tables en noyer placées lune au dessus de l'autre ; sa longueur dépend de la grandeur des tuyaux placés au dessus, à la file les uns des autres, et sa largeur dépend du nombre de ces files, c'est-à-dire du nombre des jeux ou registres.
La table inférieure a autant de conduits qu'il y a de touches dans le clavier. Au dessous de chacun de ces conduits se trouvent des soupapes que fait ouvrir la pression de la touche, et Pair forcé par le poids des soufflets, venant à chasser celui qui déjà se trouvait dans les conduits , fait parler les tuyaux dont les registres sont ouverts. Au dessous de cette table qui constitue le sommier se trouve la caisse qui renferme le vent. Ce réservoir, haut de quatre doigts et d'une longueur égale à celle du sommier, est assez large pour contenir toutes les soupapes, et c'est là le véritable magasin de l'air qui, par l'ouverture de ces soupapes, pénètre ensuite dans les conduits. C'est aussi pour cette raison qu'on lui donne le nom particulier de caisse à renfermer le vent. Au fond de cette caisse sont attachés par dessous les soupapes, les ressorts qui , en appuyant sur les trous , les bouchent et empêchent ainsi l'air de circuler dans les conduits.
Sur ce même fond , et immédiatement au dessous de chaque soupape, se trouve une ouverture recouverte d'une petite lame de laiton. Un fil du même métal passant par ce trou, et fixé à la soupape, la fait ouvrir aussitôt que l'on baisse la touche à laquelle elle correspond. On voit à la table supérieure autant de trous qu'il y a de tuyaux dans l'orgue , et ces trous correspondent à la seconde et à la troisième table.
Celle du milieu ne devrait pas être appelée ainsi , puisqu'elle se trouve nécessairement réduite en autant de ligues mobiles ou à demeure qu'il y a de tuyaux appartenant â une seule touche et formant un ordre. Ces lignes s'appellent registres, et chacun de ces registres a dans toute sa longueur un nombre de bouches égal à celui des tuyaux qu'il admet. Au moyen des registres placés chacun avec un nom particulier à la droite ou à la gauche du clavier, et qui correspondent aux registres du sommier, on les met tous en mouvement ; de sorte qu'à chaque registre que l'on tire , on avance toute la ligne jusqu'à l'endroit où les trous dont elle est chargée correspondent avec la table de dessus et avec celle de dessous. Ainsi , en baissant une touche , et en ouvrant en même temps la soupape correspondante qui conduit le vent dans un certain ordre de tuyaux , on fait parler le tuyau appartenant au registre qui est ouvert, ou, pour mieux dire, on facilite, par la rencontre exacte des trous, le passage du vent dans un tuyau. Mais si les registres sont dérangés de leur place , la communication entre les tables supérieure et inférieure étant interrompue , le vent ne peut plus circuler ni faire parler les tuyaux, même en baissant les touches; alors, pour que le vent chassé par les soufflets entre les deux tables ne fasse point parler en passant les tuyaux voisins , on a pratiqué autour de chaque trou dans les tables supérieure et inférieure, de petits conduits par lesquels s'échappe le vent. Ces conduits, appelés déchargeurs, reçoivent plus ou moins de vent d'après leur capacité , et selon que le temps est plus ou moins sec ou humide. Il résulte de là que les tuyaux n'ayant pas toujours la même quantité de vent , demeurent plus ou moins d'accord.
Le sommier à ressort ou à vent , beaucoup plus ingénieusement travaillé que celui à tiroir, le surpasse de beaucoup en durée. Ici, lorsque l'on ouvre un registre . ce ne sont plus des lignes de bois percé que l'on met en mouvement , mais
l'on fait lever dans tous les conduits du sommier autant de languettes ou petites soupapes mobiles qu'il y a de tuyaux dans l'orgue. Ces soupapes demeurent accolées à la partie supérieure du conduit, de manière à pouvoir s'ouvrir ou se fermer à volonté. On place entre le conduit et ces languettes, qui sont recouvertes de peau , de petits coussins pour qu'elles ferment bien hermétiquement. Les pointes qui forment l'extrémité de ces languettes s'élèvent de la hauteur d'un doigt environ, et, traversant la peau qui recouvre le conduit, doivent se rencontrer avec d'autres pointes placées en travers des registres répandus de distance en distance sur les conduits dans toute l'étendue du sommier. En tirant ces registres , les languettes se lèvent, et le vent fait parler tous les tuyaux dont les registres sont ouverts, aussitôt que l'on appuie sur les touches qui ouvrent les plus grandes soupapes. Si, au contraire, l'on ne touche pas aux registres, les soupapes se tiennent fermées, et le vent ne peut plus s'échapper d'aucune manière.
II. La partie principale dans l'orgue après le sommier, ce sont les tuyaux qui constituent le son des différents registres. Les tuyaux sont de deux espèces , en métal et en bois. Les tuyaux de métal sont ordinairement formés d'une composition d'étain et de plomb. Les anciens faisaient également des tuyaux de fer-blanc. L'étain rend un son plus clair et moins sourd que le bois. La cherté de ce métal en certains pays oblige à faire en bois la plus grande partie des tuyaux , et à faire entrer une plus grande quantité de plomb dans la composition de ceux de métal. Les contre-basses ou gros bourdons , les timballes et les tambours , sont ordinairement des tuyaux de bois.
Les tuyaux se divisent en tuyaux à bouche et tuyaux à anches improprement appelés instruments. On distingue dans les tuyaux à bouche le corps ou la partie supérieure du tuyau jusqu'à l'embouchure; le pied, qui s'emboîte dans