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magique des phénomènes de la résonnance. Deux personnes, placées chacune auprès d'un de ces cratères, s'entretiennent, à voix très basse et à une distance de trente pas, sans qu'on puisse les entendre d'aucun point de la salle. Le bruit léger, produit par le balancier d'une montre, est aussi transmis d'un cratère à l'autre par la résonnance de ces vases et de la voûte.
Un autre exemple d'un phénomène de la résonnance encore plus étonnant, et qu'on ne peut pas expliquer, est celui qu'offre le théâtre de Parme , qui a trois cents pieds de long. Du fond de ce théâtre on entend tout ce qu'une personne, placée à l'extrémité opposée, dit même à demi-voix.
Les cavités du larynx, de la bouche et du nez renforcent la voix par leur résonnance, comme nous le verrons à l'article Voix, ainsi qu'à l'article Ouïe, en parlant de la résonnance des cellules mastoïdes. Si l'on tient avec les doigts la guimbarde et qu'on frappe sur la languette, elle ne rendra aucun son ; mais si, la tenant entre les dents, on frappe de même, elle rendra un son qu'on varie en serrant plus ou moins, et qu'on entend d'assez loin , surtout dans le bas.
Un diapason mis en vibration donne un son bien faible ; il va résonner avec force , si vous appuyez ce petit instrument sur la table d'harmonie d'un violoncelle, d'un piano, d'un violon, ou tout autre corps élastique , tel qu'un vase de cristal, une glace ; il en est de même de ces petits carillons renfermés dans des montres, des cachets, et dont on augmente la résonnance par un semblable moyen.
Dans les instruments à cordes, tels que le piano, la harpe, le violon, le violoncelle , la guitare , le son vient uniquement de la corde , mais la résonnance dépend de la caisse de l'instrument.
On appelle en général fond de résonnance, par exemple, dans les pianos, cette planche de bois placée au dessous des cordes, qui est destinée à communiquer à l'organe de l'ouïe
l'air agité par la vibration des cordes au moyen de sa force de répercussion.
On a nommé résonnance multiple la propriété qu'a un son d'en faire entendre plusieurs autres, et résonnance sous multiple un phénomène tout contraire, dans lequel deux sons en produisent un troisième (Voy. Suono).
RITARDO o SOSPENSIONE = RETARD ou SUSPENSION. — Prolongation d'un ou plusieurs sons d'un accord sur l'accord suivant. Dans la seconde et quatrième mesure de la figure 137, a , l'octave descend sur la tierce de l'accord suivant, si cette tierce n'est pas entendue immédiatement sur sa note fondamentale; mais si au contraire elle est retardée en forme de quarte , ainsi qu'on le voit par l'exemple de la même figure , lettre h, cela s'appelle un retard.
Dans le système de Kirnberger, toutes les dissonances, a l'exception de l'accord de septième sur la dominante avec ses renversements , sont considérées comme autant de retards. Dans le système de Rameau on les regarde plutôt comme des accords dissonants et résolus.
Quant à la règle qui indique que le retard doit exister d'abord comme consonnance, c'est-à-dire qu'il doit être préparé par une consonnance, si elle n'est pas tout à fait erronée , elle est du moins soumise à quelques exceptions , ainsi que le prouve l'exemple de la figure 138.
Il y a aussi des retards mélodiques qui dérivent d'un accord dissonant dont on retarde la résolution au moyen d'une cadence par surprise ou au moyen de ce qu'on appelle suppression de mesure (Voy. Periodologia) , ou par ce qu'on ajoute à la cadence parfaite, etc. Les appoggiatures, les notes de passages peuvent être aussi considérées comme des retards mélodiques; et l'on remarque une espèce de retard dans l'exécution même (Voy. Staccato).
RIÏMIGO = RHYTHMIQUE, adj. — Une musique rhythmlque est celle qui est ordonnée avec une parfaite symétrie
daus les membres dont se composent ses périodes. Un accompagnement rhythmique est celui dans lequel le compositeur fait entendre constamment le groupe uniforme, l'arpège adopté, tandis que l'harmonie varie ses accords.
RITMO = RHYTHME, s. m. — Ce terme, dérivé du mot grec p'vêpoç, désigne en musique la proportion qu'ont entre elles les parties d'un même tout, ou, selon quelques auteurs, le rapport déterminé des successions des sons. Le rhythme se divise en intérieur et extérieur.
Le rhythme intérieur résulte du rapport qui existe entre la durée de chacune des parties composant un tout, et le rhythme extérieur, du rapport qui existe entre une entière succession de sons à l'égard d'autres entières successions. Si l'on considère ces rhythmes sous le point de vue de leur origine et de leur but, tant l'un que l'autre, ils n'ont rien à faire avec la mesure ; car la mesure n'est autre qu'une addition des moments en sommes égales, tandis que le rhythme est le moyen qui conduit à la contemplation la plus déterminée des sentiments exposés ou des idées exthétiques.
Quelques uns appellent rhythme intérieur celui de la mélodie, et rhythme extérieur celui de la mesure.
Le rhythme est donc la symétrie de plusieurs groupes d'entières successions de sons, d'une plus ou moins grande valeur. Cette symétrie rhythmique rend une composition musicale beaucoup plus claire, et s'appelle ordinairement carrure des phrases (Voy. Periodologia).
Il est utile cependant de faire remarquer qu'une trop stricte observance de la car rure engendre souvent la monotonie. On peut assurer que le rhythme a été le premier moyen dont on s'est servi dans l'enfance de la musique, pour rendre agréable à l'oreille une succession de sons qui, par elle-même, n'était qu'insignifiante. Le degré de sensation agréable produit par cette répétition rhythmique, se trouve en partie confirmé par l'usage des tambours introduits dans la milice. La seule
différence des coups rhythmiques rend plus facile le mouvement des pas, détermine leur degré de vitesse ou de lenteur, et inspire même dans le cœur des guerriers un sentiment de courage et de bravoure. On ne peut donc révoquer en doute les effets du rhythme ; on sera même convaincu de sa puissance si l'on considère que tous les peuples à demi sauvages et à demi civilisés, pour rendre plus variée et plus agréable leur musique primitive, c'est-à-dire leurs sons simples et leur bruit ne se servirent point de modification des sons , mais bien du rhythme : ce qui est bien suffisamment prouvé par l'usage des instruments de percussion qui, sans l'observance du rhythme, fatigueraient et ennuieraient même les peuples sauvages. Les anciens Grecs, à l'époque de leur plus haute civilisation , attribuaient au rhythme une grande puissance esthétique, et le considéraient comme la partie la plus sublime de la musique ; c'est pourquoi ils attachaient une plus grande importance à la forme extérieure des phrases musicales qu'à leur contenu. Du reste , sans même accorder au rhythme de trop nombreuses prérogatives , il faut cependant convenir que dans la musique , ainsi que dans la poésie , le rhythme embellit les pensées et les parties mélodiques, et ajoute surtout à leur degré de clarté et de vivacité. Une des principales beautés de la musique de Joseph Haydn, c'est le rhythme.
RITMOPEA = RHYTHMOPÉE, s. f. — Partie scientifique de la mélodie qui apprend l'arrangement des parties mélodiques relativement à leur extension , afin qu'elles puissent avoir entre elles un rapport agréable et conforme à notre sentiment (Voy. Greci antichi).
RITORNELLO , s. m. = REPRISE, s. f. — Toute partie d'un air, laquelle se répète deux fois sans être écrite deux fois, s'appelle reprise. On appelle encore reprise le signe qui indique cette répétition; il se figure par une double barre perpendiculaire qui traverse toute la portée , avec deux ou quatre points en dehors de chaque côté. Cette reprise ainsi