‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 289 sur 364 · SI · texte numérisé non relu

SI

marquée dans l'exécution de la musique, et où l'intensité des sons est augmentée graduellement.

SFORZAR LA VOCE m FORGER LA VOIX. — C'est excéder en haut ou en bas son diapason, à force d'haleine ; c'est crier au lieu de chanter. Toute voix qu'on force perd sa justesse : cela arrive même aux instruments où l'on force le vent ou l'archet ( Voy. l'art, suivant ).

SFORZO = EFFORT, s. m. — - Défaut de la voix qui dérive de la contraction violente de la glotte. L'air poussé hors des poumons, s'élance dans le même temps, et le son semble alors changer de nature, parce qu'il perd la douceur dont il était susceptible et acquiert une dureté fatigante pour l'auditeur.

L'effort défigure les traits du chanteur, le rend vacillant dans l'intonation et souvent l'en écarte.

Les personnes qui ont des voix faibles ou voilées, celles qui remplissent des rôles écrits dans un diapason plus élevé que celui de leurs voix, sont sujettes à faire des efforts en chantant. L'exécution de la plupart de nos opéras exige de la part des chanteurs des efforts de voix, attendu que certains compositeurs, se souciant fort peu de la poitrine de l'exécutant, tendent trop à l'aigu , surtout dans les strates, où ils font prodigieusement crier les chanteurs, peut-être en considération de ce proverbe qui dit : Chi grida, ha ragione (celui qui crie a raison).

SFUGGITO = ÉVITÉ, adj. — Cadence évitée.

SGRISCIARE= CANARDER, v. n. — C'est en jouant du hautbois ou du basson , tirer un son nasillard et rauque, approchant du cri du canard. C'est ce qui arrive aux commençants, surtout dans les sons bas, pour ne pas serrer assez l'anche avec les lèvres.

SHARP. — C'est le nom anglais du dièse.

SI. — Septième syllabe du solfège moderne, pour éviter les anciennes muances. On ne sait pas précisément quel est l'in- Tomb n. 1 8

27/i SIA

venteur de cette syllabe. Burmeister, dans un ouvrage publié en 1599, appelle cette syllabe adventitia. Il paraît donc qu'à cette époque elle n'était pas encore beaucoup en usage.

SIAMOIS (musique chez les ). * — Les Siamois paraissent avoir fait plus de progrès dans la musique que les autres nations de l'Asie. Ils l'aiment beaucoup, et leurs mélodies, généralement vives et brillantes, ne sont pas dépourvues de charme , même pour l'oreille cultivée d'un Européen. Leurs instruments, disent-ils, et même une partie de leur musique, dérivent du Birman, du Pégu ou de la Chine, et cependant ces nations considèrent les Siamois comme plus habiles qu'eux en musique, et leur attribuent l'invention de leurs principaux instruments. Il y a beaucoup de douceur, d'agrément et de simplicité dans la musique des Siamois ; elle diffère de celle des autres nations orientales barbares en ce qu'elle est en général dans le mode mineur. Grawfurd assure que la plupart de leurs mélodies ressemblent à la musique des Ecossais et des Irlandais. L'oreille n'est point choquée par des sons durs et criards, ni par des transitions trop subites. Le but des musiciens siamois est de toucher l'ame, d'intéresser l'esprit et d'exciter les passions; pour y parvenir, ils ont plusieurs espèces d'airs qu'ils emploient selon l'effet qu'ils cherchent à produire. Leurs morceaux de musique sont en très grand nombre.

Les principaux instruments de ce peuple sont : une flûte semblable au flageolet appelé klani. Le %ak-kay, ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec un lézard. Il est fait de bois dur, garni tout autour en nacre de perle. Le corps est creux, et par derrière se trouvent trois ouvertures sonores. Trois cordes, une de fil de cuivre et les deux autres en soie, sont tendues sur l'instrument d'un bout à l'autre; elles sont accordées au moyen de longues chevilles; l'exécutant appuie

• Ajouta par le Traducteur.

Page 1