SIS
ployés en musique dans un ordre connexe. A l'article Tempérament , il est parlé du système moderne divisé en octaves, qu'on appelle aussi système tempéré; à l'article Grecs anciens , il est question du système divisé en tctracordes , et à l'article Soimisation , du système divisé en hexacordes.
Le système d'harmonie est l'ordre et la connexion de tous les intervalles et de tous les accords employés dans la musique. Au moyen de ce système nous pouvons nous rendre raison de leur génération et de leurs rapports réciproques, suivant les diverses alternations opérées dans l'harmonie. Ce système est pour ainsi dire l'arbre généalogique de tous les membres composant la famille entière des sons, engendrés seulement par peu de sons fondamentaux ; c'est une espèce de table musico-étymologique , à l'aide de laquelle on peut reconnaître l'origine, la connexion et la formation «des intervalles et des accords.
Rameau fut le premier qui, dans son traité d'harmonie, publié en 1722, réduisit les accords en un système fondé sur la sympathie des sons et sur la détermination de différents accords fondamentaux d'où, au moyen des renversements, les autres découlent.
Après Rameau, les systèmes les plus remarquables sont ceux de Tartini, de Riccati , de Rirnberger, de Vallotti , de Vogler et de Momigny.
SISTEMATICO = SYSTÉMATIQUE, adj. — Intervalle systématique (Voy. Composto).
SISTRO = SISTRE, s. m. — Instrument de percussion ; il est ovale et fait d'une lame de métal sonore, dont la circonférence est percée de divers trous opposés, par lesquels passent plusieurs baguettes de métal. On agite le sistre en cadence pour lui faire rendre un son.
Le sistre était l'instrument favori des anciens Egyptiens , et il est encore en usage en Egypte et dans lAbyssinie. Les
SMO 281
Européens l'emploient quelquefois dans la musique militaire.
Sistre est aussi le nom d'une espèce de guitare montée de quatre cordes en métal et inventée par les Allemands. Cet instrument a été abandonné à cause de sa complication (Voy. Chitarra tedesca).
SISTRO DE' NEGRI = SISTRE DES NÈGRES. — Morceau de fer garni de clochettes qu'on agite pour indiquer le rhythme.
SITICINES. — On appelait ainsi chez les anciens Romains ceux qui , dans les funérailles , jouaient des instruments à vent.
SMANICARE = DÉMANCHER, v. n. — C'est, sur les instruments à manche , tels que le violon , le violoncelle , etc. , ôter la main gauche de sa position naturelle pour l'avancer sur une position plus haute , afin de tirer des sons plus aigus sur les mêmes cordes, et qu'on ne peut obtenir avec la position naturelle de la main.
SMORZANDO (en diminuant). — Diminuer graduellement, dans l'exécution, la force de la voix ou du son des instruments (Voy. Decrescendo).
SMORZATORE = ÉTOUFFOIR, s. m. — C'est, dans les instruments à clavier, une petite pièce de bois garnie de drap à son extrémité , que le mécanisme de l'instrument fait tomber sur la corde vibrante pour en étouffer le son. L'étouffoir tombe toutes les fois que la touche se relève, n'étant plus retenue par le doigt.
On a adapté au piano une pédale qui fait lever en même temps tous les étouffoirs. Son emploi produit un grand effet dans un crescendo, un fortissimo , si l'on a soin de la quitter promptement toutes les fois que l'harmonie change ; autrement les vibrations des sons d'un accord , se prolongeant sur l'accord suivant, donneraient des résultats désagréables.
JPour former sur e piano ej eu qu'on appelle cêfeste, on
prend en môme temps la pédale qui lève les étoulToirs et la pédale céleste.
A l'article Sourdine il est parlé des différentes sortes d'étouffoirs des instruments à cordes et à archet.
SOCIETE FILARMONICA = SOCIÉTÉ PHILHARMONI- QUE. — (Voy. Accademia).
SOFFOCAMENTO DI BAÏTUTA — SUPPRESSION DE MESURE. — (Voy. Periodologia).
SOGGETTO = SUJET, s. m. -- Cantilène qui forme le motif principal d'un morceau de musique (Voy. Fuga).
On dit aussi que le sujet d'un drame est tiré d'un fait historique ou fabuleux, etc.
SOL. — Cinquième degré de la gamme diatonique moderne et des hexacordes (Voy. Solmisazione).
SOLENNE = SOLENNEL, adj. — (Voy. Sublime).
SOL Fx\. — Désignait dans l'ancien solfège le changement de ces deux syllabes sur le son de do (Voy. Solmisazione).
SOLFA ou ZOLFA, s. f. — haltère ta zoifa signifie en italien battre ta mesure.
SOLFEGGIARE o SOLMIZZARE = SOLFIER ou SOLMI- SER, v. n. — Chanter un morceau de musique sans paroles, composé seulement pour exercer les organes de la voix, prononçant les syllabes correspondant aux sons de la gamine.
Quelques auteurs prétendent que les verbes solfier et solmiser ont tous les deux pour but d'indiquer le sol comme note initiale du système des hexacordes. Il semble cependant que solmiser cadre mieux que l'autre, attendu que les notes sot mi constituent les deux extrêmes de ce système. Quelques autres partagent l'opinion que le mot solfier a été formé à l'époque où le système musical avait pour base la gamme sol la si ut ré mi fa ( Voy. Solmisazione).
SOLFEGGIO = SOLFÈGE, s. m. — Collection d'exercices destinés à faire faire aux élèves qui apprennent la musique
l'application de toutes les règles élémentaires de cet art.
Le solfège est aussi avantageux que nécessaire. Il force l'élève à réfléchir sur l'essence du son, attendu que celui qui apprend le chant différemment de celui qui apprend un instrument, n'a aucun indice certain ou approximatif pour saisir tel ou tel intervalle. Les monosyllabes du solfège , prononcées avec netteté, font acquérir à l'élève une articulation des paroles du chant pure et bien distincte. Le solfège le rend en outre propre à déchiffrer d'un coup-d'œil un morceau de musique quelconque , et à écrire correctement toute mélodie ou toute idée musicale que son imagination pourrait lui suggérer.
SOL LA. — Désignait dans l'ancien solfège le changement de ces deux syllabes sur le son ré (Voy. Solmisazionc).
SOLMISATIO BELGICA. — (Voy. l'article suivant).
SOLMISAZIONE = SOLMIS ATION , s. f. — Action de solmiser ou solfier.
Quand on parle de la solmisation ancienne, on entend les six syllabes ut, ré, mi , fa, soi, la, qu'on employait alors pour la dénomination des six premiers sons de l'échelle musicale. On prétend que cette invention est due à Guido d'Arezzo.
Cet homme célèbre naquit, à ce qu'il paraît, vers 1010, et entra fort jeune au monastère de Pomposa, dans le duché de Ferrare ; ce fut là qu'il imagina ses nouveaux procédés pour écrire et enseigner la musique. Voici, d'après quelques auteurs, ce qui lui donna l'idée de cette échelle.
Un prélat, nommé Paul d'Aquilée, qui vivait peu de temps après Boèce , voulant consacrer un cierge pascal , chanta avec tant d'énergie pendant la consécration qu'il gagna un enrouement. Afin d'obtenir une prompte guérison il adressa des prières à saint Jean-Baptiste , appelé dans la Bible vox clamantis, et composa en son honneur l'hymne Ut qucant (axis, dans laquelle il demandait instamment que la voix lui
28k SOI.
fût rendue , et l'histoire ajoute que ses vœux furent exaucés. Cette hymne fut placée par les pères de l'église dans l'office du soir, et les musiciens de cette époque la chantaient comme un remède efficace contre l'enrouement. On y ajouta une mélodie combinée de telle sorte , que le chant de la première syllabe de chaque vers commençait par un son différent exprimé par une des lettres grégoriennes, savoir : la première syllabe par C, qui répondait à ut (ut); la deuxième par D, à ré [resonnare) ; la troisième par E, à mi (mira); la quatrième par F, à fa (farauli); la cinquième par G , a sot (solvc); et la sixième par A, correspondant à ta (labiï).
Ut queant Iaxis
Rçsonare fibris
Mira gestorum
Famuli tuorum
Solve polluti
habii reatum