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grande influence sur l'état de notre ame ; Pluton et Gicéron partagent la même opinion. Assentior Piatom, nihit tant facile in animos teneros algue moites influer e, quant varios canendi sonos, quorum vix dici potest , quanta sit vis im, utramque partem, namque et incitât tanguentes, et ianguefacit excitai os , et tum remittit, tum contrahit animos ( Cic. de Leg.). Dans un autre endroit {de Orator., cap. 53), Cicéron appelle l'organe auditif le messager de l'ame, et Aristote (Lect. 19, Quœst. probL) l'appelle même le sens de la morale , attendu que les couleurs, la saveur, les odeurs n'exercent pas une influence aussi puissante sur nos mœurs que les sons de la musique. Bacon soutient l'opinion d' Aristote. Auditus magis immédiate commovet, quam cœteri sensus 9 magisque incorporaiiter quam odoratus. Visus enim et tactus organa habent, quœ tam obvium et immediatum ad spiritus accessum haud pr estant , ut auditus (Bac. de VeruL, p. 784). Montesquieu, dans son ouvrage intitulé : Y Esprit des lois (liv. IV, chap. 8), dit qu'il n'y avait pas de meilleur remède que la musique pour civiliser les Grecs. Plusieurs autres auteurs modernes s'accordent à dire que rien n'est aussi capable d'agir sur le cœur humain et d'y exciter aussi puissamment des sentiments moraux que le sens auditif. On pourrait même expliquer cette opinion physiologiquement, si, comme le célèbre anatomiste Sœmmering , on voulait chercher l'organe du sensorium commun dans l'humidité des cavités du cerveau. Parmi tous les nerfs, dit-il, il n'en est aucun qui soit aussi nu et dans un contact aussi immédiat avec cette humidité que l'extrémité de la septième paire de nerfs, c'est-à-dire le nerf auditif. C'est pourquoi les sourdsnés sont plus malheureux que les aveugles; c'est pourquoi la musique est de tous les arts celui qui nous fait goûter les plus pures et les plus suaves jouissances. Le plaisir que nous trouvons dans les sons est basé sur la nature humaine, et
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c'est cette nature qui nous oblige d'éclater en certains sons, suivant les divers sentiments qui affectent notre ame. La douleur nous fait crier, telle autre disposition de l'ame nous fait émettre involontairement des soupirs. Cette langue naturelle est la même dans toutes les régions du globe ; l'humanité tout entière la comprend, car c'est l'ouvrage de la nature; l'éducation et les usages n'ont sur elle aucun pouvoir, ni ne peuvent la changer. Nous pouvons entendre parler cent nations en autant de langues qui nous seront inconnues, et nous nous apercevrons aussitôt si celui qui parle est triste , gai , humble, courroucé, tendre, etc., et nous nous sentirons mus par les mêmes sentiments. Et si la force du son seul est si grande, combien ne doit-il pas l'être encore plus le pouvoir du langage parfait de la musique , qui représente les affections de l'ame suivant ses innombrables modifications?
Comme donc l'organe auditif est la voie principale , au moyen de laquelle nous éprouvons les charmes de la musique, et que l'influence de cet organe se fait sentir si puissamment sur nos sens moral et physique, nous croyons nous rendre agréables à nos lecteurs en leur offrant une courte description de l'organe de l'ouïe, d'autant plus qu'il constitue une branche de l'acoustique, c'est-à-dire de la science physique du son.
L'organe auditif est très compliqué et se compose de l'oreille externe, moyenne et interne.
V oreille externe contient le pavillon, le conduit auditif externe et la membrane du tympan. Le pavillon présente cinq éminences, savoir: Y hélix, Y anti-hélix, le tragus , Yanti-tragus, le lobule, et trois cavités qui sont celle de Y hélix, celle de la fosse naviculaire et la conque. Le pavillon est formé d'un fibro-cartilage mou et élastique, recouvert d'une peau mince et sèche , au dessous de laquelle on voit un grand nombre de follicules sébacés, qui lui donnent son lustre et en partie sa souplesse. Le pavillon possède gn outre ses muscles qui, dans les hommes, ne produisent
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cependant pas un mouvement bien remarquable. Le conduit auditif externe , diversement recourbé, s'étend de la partie inférieure de la 'conque jusqu'à la membrane du tympan , dont il est parlé plus bas.
h' oreille moyenne est composée de la caisse du tympan, qui renferme la chaîne des osselets , des cellules mastoïdiennes et du conduit guttural, ou trompe d'Eustache. La caisse du tympan est une cavité irrégulière, presque toute osseuse, qui sépare l'oreille externe de l'oreille interne. Sa paroi interne présente en haut le trou ovale qui communique dans le vestibule et se trouve bouché par une membrane. Immédiatement au dessous du trou ovale est une saillie appelée promontoire , et derrière celui-ci se trouve une légère excavation qui renferme un filet nerveux. Au dessous du promontoire on voit une ouverture qu'on nomme trou rond, qui correspond à la rampe externe du limaçon et qui est également bouché au moyen d'une membrane. La paroi externe présente la membrane du tympan : elle est tendue, très mince, transparente, revêtue en dehors d'un prolongement de la peau et en dedans d'une membrane muqueuse qui tapisse la caisse du tympan ; elle est en outre de ce côtéci recouverte du nerf qu'on appelle la corde du tympan, La circonférence de la caisse offre sur le devant l'ouverture du conduit d'Eustache, au moyen de laquelle elle communique avec la bouche et le nez. En arrière on voit la fente des cellules mastoïdiennes , existant dans la substance de l'apophise mastoïdienne, constamment remplie d'air. La chaîne des osselets se compose du marteau, de Y enclume, du lenticulaire et de Yètrier , qui s'étendent de la membrane du tympan jusqu'à la fenêtre ovale où est fixée la base de l'étrier. Quelques petits muscles sont destinés à mouvoir cette chaîne, à tendre et même à relâcher les membranes auxquelles elle correspond.
V oreille interne, qui se trouve au delà du tympan et