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inique qu'une véritable musique. Le gros tambour, qui excite tant d'enthousiasme chez les Turcs, observe une mesure exacte, et il est certain qu'au fond il y a une certaine méthode dans tout ce vacarme. Tous les morceaux de musique se ressemblent en ce sens, que si l'on n'y apporte l'attention la plus soutenue, on croirait entendre éternellement la même chose, comme dans la musique des montagnards écossais.
Il existe chez les Turcs et les Perses un singulier usage, auquel se mêle une douce musique. Il y a une espèce de derviches, appelée mewiewi (tourneurs) ; ils sont chargés de hurler sans cesse, avec de terribles grimaces, Âtla-hu, Alla-hu (Dieu Jéhovah). Les plus dévots accomplissent cet acte en tenant entre les dents un morceau de fer rouge , et ils soufflent en dehors la braise avec une telle force, qu'il en jaillit des étincelles, et en même temps ils tournent sur un pied avec une incroyable rapidité. Pendant cette sainte cérémonie, les derviches chantent à l'unisson quelques chœurs, avec l'accompagnement d'une flûte ou d'un petit tambour. Gette musique douce et pieuse rend les forces au tourneur, s'il vient à les perdre, jusqu'à ce qu'enfin le malheureux tombe épuisé et souvent évanoui. Alors on accourt avec grande vénération ; il est estimé bien heureux. On cherche à le restaurer, à le fortifier, jusqu'à ce qu'il se trouve en état de recommencer ces preuves de sa crainte de Dieu.
Outre les instruments dont il a été déjà parlé, on emploie encore plus ou moins, en Turquie, le keman , violon semblable au nôtre ; Vajakati keman, espèce de violon avec un pied , et qui se joue comme la contrebasse ; le sine keman, ou viole d'amour ; le rebab, instrument à archet avec deux cordes; le tambuv, dont il a été déjà question ; le mescat, instrument à plusieurs roseaux inégaux, gradués de façon à former plusieurs octaves , comme la flûte à Pan ; le santur, ou psaltérion à cordes métalliques, qui se joue avec de petites baguettes ; le canun , espèce de psaltérion \\ Tome ti. 25
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cordes en boyaux, dont les femmes du sérail jouent avec des dés en écaille de tortue, armés de pointes en coco ; le daïre, c'est un cercle de trois pouces , sur lequel est étendue une peau , mais seulement d'un côté ; dans cinq endroits sont fixées sur de petites barres de fer de petites lames en cuivre, dont le bruissement accompagne le jeu de celui qui frappe ; enfin la pandura.
Un trait de l'histoire de Turquie (V. Cantimir, liisî. OU. , t. 3, p. 101) prouve bien quels grands effets cette nation attribue à la musique. Amurad IV prit d'assaut la ville de Bagdad, en 1637, et fit passer au fil de l'épée un grand nombre de prisonniers. Déjà il avait arrêté qu'on n'épargnerait personne, qu'on égorgerait tous les habitants, lorsque Scliah- Culi, l'Orphée de la Perse, trouva moyen de se présenter devant le farouche Sultan , en chantant avec le scsckta, ou psallérion (espèce de harpe à six cordes) , la tragique destruction de Bagdad et le triomphe du vainqueur. La mélodie fut si insinuante et si merveilleuse, qu'il parvint à ramollir le cœur dur de ce barbare, et à lui arracher des larmes de pitié. Le massacre fut suspendu, et ainsi le grand musicien sauva la vie à un peuple immense. Amurad l'emmena avec lui à Conslantinople avec quatre autres habiles musiciens, et , ajoute l'historien , la musique perse, que l'on croyait ensevelie sous les murs de Bagdad , se répandit par lui dans toute la Turquie.
TUTTA FORZA. — Expression introduite depuis quelques années dans la musique moderne, pour indiquer un degré de force plus grand que le superlatif fortissimo !
TUTTI (abrév. T.). — Indique la reprise de tout le chœur après l'exécution d'un solo, ou bien la reprise des voix de ripiène après une suspension de ces mêmes voix, pendant le chant d'une ou plusieurs parties obligées.
Dans les tutti, le compositeur déploie ordinairement toute la puissance de l'harmonie pour établir des contrastes entre
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les mélodies gracieuses, les traits élégants et rapides de l'instrument qui récite, et les effets brillants de l'orchestre.
TYPOTONE, s. m. * — Nouveau diapason inventé par M. Pinsonnat, à Amiens. Ce diapason est formé d'une petite plaque en nacre, percée d'une ouverture en biseau, sur laquelle est appliquée une petite lame métallique. Cette plaque se met entre les dents , en tournant le côté de la lame vers l'intérieur de la bouche , et le moindre souffle suffit pour en tirer un ia assez semblable à celui que produirait un hautbois. Placé dans cette position le Typotone peut donner le ia aussi souvent qu'on veut, jusqu'à ce qu'on ait trouvé l'unisson parfait sur l'instrument qu'on accorde. M. Pinsonnat a adopté pour son diapason le ia de l'École royale de musique.
Le principe sur lequel est basé le Typotone est celui de la résonnance des lames métalliques mises en vibration par l'action de l'air; c'est le même dont on entend l'effet dans les tuyaux d'orgue de l'espèce qu'on nomme jeux d'anches.
TJDITO, 5. m. = OUÏE, s. f. — L'ouïe est ce sens qui, selon l'expérience et le témoignage unanime de presque tous les philosophes anciens et modernes, produit en nous les sensations les plus vives. Le seul organe auditif peut calmer une grande agitation de l'ame ( Jrislid. Quintit, pag. 66, Edit. Meibomii). Plutarque dit que l'ouïe exerce une
* Ajouté parle Traducteur.