‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 343 sur 364 · UT · texte numérisé non relu

UT

une roue et une pédale. Les sons de l'uranion sont fort doux et s'obtiennent par le frottement du bois, et non pas d'un métal ou du cristal. Il produit aussi un assez beau crescendo du piano au forte.

UT. — Première note de la gamme française de ce nom. (Voy. S otmisazione). On la remplace souvent par do (Voyez cette syllabe).

UT FA. — (Voy. fa ut).

UT QUE ANT LAXIS. — Dans l'article Sotmisation il est parlé de cette hymne et de son application en musique. Et là vient se placer à propos une des belles inventions musicales.

Quelques auteurs veulent nier entièrement que l'échelle musicale dérive de cette hymne. Ils prétendent qu'il est évident que les noms monosyllabiques, qui indiquent les sons, furent mis tout exprès dans cette hymne par un chrétien zélé, pour sanctifier en quelque sorte les noms profanes des notes. Ils tiennent donc pour certain que les noms de l'échelle musicale sont tirés de l'ancienne langue celtique , qui est presque toute monosyllabique. Ils affirment de plus que Pythagore lui-même y a puisé son système physico- planétaire et le dogme de la métempsycose, qui était particulier aux Druides.

Il faut consulter à ce sujet l'ouvrage de M. Poinsinet de Sivry, intitulé : Origine des premières sociétés.

Ut vient de theut, ou theiUates des Celtes, ou de thawJ, des Egyptiens; c'est le même personnage que Saturne

Ré de Ares, qui correspond à Mars.

Mi de Ogmi, qui signifie Mercure.

Fa, du mot arabe fa (bouche, entrée), par extension Vénus, qui est l'entrée de la vie.

Soi, c'est le soleil.

La correspond à la lune , ta étant l'article par excellence

VAR /i()l

chez les Celtes, et la lune le seul grand astre de la nuit, au moins pour nos yeux, comme le soleil est le grand astre du jour.

UT RÉ. — (Voy. Ré ut). -

UT SOL. — (Voy. Sot ut).

V. — Cette lettre est une abréviation des mots violino, voiti; W indique violini; V uni à S (V» S. ) signifie volti subito.

VALOR DELLE NOTE = VALEUR DES NOTES. — Durée du son, déterminée par la figure différente des notes (Voyez Notes).

VALZ. — (Voy. IVaizev).

VARIARE == VARIER, v. a. — Ajouter à un chant simple des ornements, soit en divisant les notes d'une plus grande valeur en notes d'une valeur moindre, soit en changeant quelque chose dans l'accent, dans la force , etc. On emploie particulièrement cette méthode quand une cantilène revient plus d'une fois, ou qu'on répète un morceau de musique. Pour cela il faut connaissance de l'harmonie, facilité d'exécution, imagination, goût et sentiment.

Il n'est permis en aucune façon de varier dans un tutti, fieno, ou dans les parties d'accompagnement; la partie concertante est la seule qu'il soit permis de varier ; et encore ne peut- elle l'être qu'après avoir fait entendre la mélodie TOME II. 2(5

Zi02 VAR

simple; autrement l'auditeur ne pourrait reconnaître si c'est un thème ou une variation.

VARIAZIONI = VARIATIONS, s. f. pi. — C'est une composition musicale clans laquelle une cantilène, appelée thème, est successivement ornée de différentes manières ( Voy. l'article précédent).

Il n'est pas besoin de dire qu'une telle cantilène, ou thème, doit être simple, mais il n'est pas également d'une nécessité absolue qu'elle soit belle. Les grands maîtres choisissent quelquefois par caprice une cantilène très triviale ou quelques sons détachés, sans aucun sens par eux-mêmes, mais qu'ils varient de manière à en faire un des tableaux les plus beaux et les plus magnifiques. En général, cependant, les thèmes pris dans les airs connus et en vogue plaisent plus dans leurs variations que ceux qui sont composés exprès. Ils font en effet une impression plus vive sur les auditeurs, qui s'y attachent et les suivent plus facilement dans le labyrinthe des figures et dans les brillantes folies des variations.

Rien de plus facile que de composer des variations à la manière commune ; il suffit de s'emparer d'un thème inventé par un autre , et de lui faire subir toutes les transformations d'usage, tantôt sous la figure de croches, doubles-croches, tantôt sous la figure de triolets, de sextolets, tantôt avec quelque basse figurée , des arpèges , des octaves , sans oublier l'adagio dans le mode relatif et le Temps à la polonaise. On pourrait dire qu'il n'y arien de moins varié que de semblables variations. Mais quelque stérile qu'il soit de sa nature , un thème cesse de l'être entre les mains d'un habile compositeur, d'un savant contrepointiste. Les trente variations de Jean Sébastien Bach seraient des titres suffisants pour faire inscrire son nom au panthéon musical. C'est ainsi que Haydn , Vogler, Beethoven, Mozart, Cramer, en ont donné des exemples qui sont autant de chefs-d'œuvre.

VARIICTA = VARIÉTÉ, s. f. — La beauté d'un travail

VAU UOZ

d'art se manifeste dans sa variété; mais c'est du sein de l'unité que doit sortir la variété.

Une composition musicale aura de la variété si elle est riche d'idées et d'images. Cependant cette qualité dépend souvent de la différence des formes données aux éléments de la principale cantilène (Voy. Condotta, Unità).

VAUDEVILLE, s. m. — Petit poème le plus souvent d'un caractère plaisant et satirique auquel on adapte des mélodies connues, soit analogues à la situation soit en opposition avec elle; mais, dans l'un et l'autre cas, la musique doit ajouter à l'effet imaginé. Le sujet du vaudeville est la parodie d'une pièce jouée avec succès ou tombée , un événement remarquable du temps qui donne prise à la satire et promet du plaisir à l'auditeur. Peu de jours après l'exécution de la Création d'Haydn, il parut un vaudeville sous le nom de la Récréation. La première représentation de la Vestale de Spontini fut suivie d'une parodie , ia Marchande de modes, qui dévoila tous les défauts du poème. Le nom de l'auteur demeura inconnu pendant quelque temps; et ce ne fut pas sans une extrême surprise que l'on apprit que Jouy, l'auteur des paroles de la Vestale, était aussi l'auteur de la parodie.

Selon Rousseau le vaudeville appartient exclusivement aux Français, et il prétend que la mélodie en est peu musicale et ordinairement sans goût et sans rhythme. Cependant, dans ce jugement comme dans d'autres, Rousseau semble trop déprécier la musique française ; car il y a des vaudevilles qui ne méritent pas un tel reproche.

C'est une opinion générale que l'inventeur du vaudeville fut un certain Basselin, foulon à Vire, en Normandie. Ces chants servaient aux danses du Val-de-Vire; de là ils furent, dit-on, appelés dans l'origine vaux-de-vire, et plus tard, par corruption, vaudevilles.

kÛU VEL

YELCHES ( musique chez les ). — * Les Velches Cambio-Bretons , qui de temps immémorial habitent le pays de Galles, surent mieux que les autres anciens habitants de l'Angleterre proprement dite, se défendre contre l'invasion de tous les peuples qui conquirent ce royaume, et ne se mêlèrent ni aux Saxons, ni aux Normands, ni aux Danois : de là la conservation pure de leur langue primitive, de leurs usages et de leurs arts. Ces Velches, ou Walches, ou Galles, passent pour être les descendants de ces Celtes qui ont tant et si inutilement occupé les savants des xvir et xvnr siècles, et dont on a cru retrouver les traces chez les Bas-Bretons de France. On ne peut nier un fait fort singulier, c'est que le langage des Bas-Bretons et celui du pays de Galles ont de tels rapports , que les habitants des deux pays s'entendent sans aucune difficulté , tandis qu'il n'y a pas la plus légère analogie entre ce langage du pays de Galles et celui des autres provinces anglaises. Un autre fait non moins digne de remarque , est que la langue velche , ou galloise , ou cambrienne, s'est conservée jusqu'aujourd'hui dans toute sa pureté, et que le pays de Galles possède encore des poètes qui écrivent avec facilité dans cette langue.

La musique du pays de Galles a la même originalité que la poésie, soit sous le rapport des formes de son chant, soit sous ceux du rhythme et du mode d'exécution , soit enfin sous ceux de la forme des instruments et des modulations. La plupart des pièces de chant des Gallois sont des stances qu'ils nomment fenniiions. On ne connaît rien dans la musique d'aucun peuple moderne qui puisse donner l'idée du chant de ces penniUons; il faut l'avoir entendu pour s'en faire une idée , car il dépend autant de la manière dont il est exécuté que de la composition. Les pennillons sont fort difficiles à chanter, parce que le chanteur est obligé de suivre l'ac-

' Ajouté par le Traducteur.

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compagnateur qui module de fantaisie sur sa harpe velche, et qui s'arrête dans le ton qui lui plaît. Il faut que le chanteur puisse suivre ces modulations'sans changer le caractère de l'air. C'est à cause de cette difficulté que le chanteur ne commence presque jamais les couplets avec le premier Temps de la mesure, afin de pouvoir juger le ton ; c'est au second ou au troisième Temps qu'il commence ordinairement. Un bon chanteur est aussi capable d'adapter des vers de mesures très différentes à la même mélodie ; et cependant tous ces chanteurs n'ont pas la plus légère idée des règles de la musique. Aucuns de leurs chants ne sont écrits ; tout est de tradition chez eux, mais leur intelligence est parfaite.

Deux instruments sont particuliers au pays de Galles : l'un est la harpe à triple rang de cordes ; l'autre est une espèce de viole d'une forme très bizarre, qu'on appelle cruth. On pense bien que la harpe velche ou cambrienne n'a point de pédales ; cependant elle est pourvue de demi-tons, comme nos harpes modernes, au moyen de ses divers rangs de cordes. Nous avons dit qu'elle en a trois. Les deux rangs extérieurs sont montés à l'unisson, ce qui a probablement pour objet de produire des effets particuliers de doubles cordes. Le rang de cordes intérieur est celui des notes diésées ou bémolisées. Cette disposition offre de grandes difficultés dans l'exécution. Cependant les harpistes [gallois jouent sur cet instrument des passages compliqués dans des mouvements rapides. Il est à remarquer qu'ils se servent de la main gauche pour le dessus, et de la droite pour la basse.

Le cruth est un instrument à/ archet, qu'on croit avoir donné naissance aux différentes violes et aux violons. Il a la forme d'un carré long*, dont la partie inférieure forme le corps de l'instrument. Deux montants placés aux côtés de la partie supérieure se rattachent dans le haut avec un manche isolé dans le milieu. Cet instrument est monté de quatre cordes, et se joue comme le violon, mais avec plus de difli-

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