‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 344 sur 364 · VER · texte numérisé non relu

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culte, parce qu'il n'y a point d'échancrure pour laisser passer l'archet. *

VELATO = VOILÉ, adj. — (Voy. Voce).

VENTILABRO. — Nom italien des soupapes au moyen desquelles s'ouvrent et se ferment les canaux du sommier pour donner passage à l'air (Voy. Organo).

VERBUNKOS. — (Voy. Ungheria).

VER1TA D'ARTE = VÉRITÉ D'ART. — Voici comment s'exprime à ce sujet l'auteur de YEssai sur {'expression en musique : « Ce n'est pas la vérité, mais une ressemblance em- »bellie que nous demandons aux arts; c'est a nous donner «mieux que la nature que l'art s'engage en l'imitant; tous les » arts font pour cela une espèce de pacte avec l'ame et les sens «qu'ils affectent; ce pacte consiste à demander des licences »et à promettre des plaisirs qu'ils ne donneraient pas sans » des licences heureuses. »

La poésie affectionne le langage des vers; elle répand les images et se soutient à un ton plus élevé que la nature. La peinture élève également le ton de la couleur et corrige ses modèles. La musique, elle aussi, se permet de semblables licences. Elle soutient la voix par des accompagnements , fait des cadences, etc., toutes choses qui ne sont pas dans la nature. Assurément la vérité de l'imitation en est altérée, mais sa beauté y gagne , et de là résulte dans la copie un charme que la nature refuse à l'original. Et ce charme est encore bien plus grand lorsque la poésie se trouve unie à la musique.

VEBRILLON. — Ancien instrument composé de huit a dix verres choisis d'après l'échelle diatonique, ou bien accordés d'après cette même échelle, en les remplissant d'eau; on pose cet instrument sur une planche recouverte de drap , et on en joue avec un petit bâton aussi enveloppé de drap.

* FétU.

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VERSETTO == VERSET, s. m. — Ordinairement on divise le Gloria, les Psaumes, etc., en différents morceaux d'ensemble, et en solo, duo, etc. Ce sont ces derniers, qui ne sont du reste que des espèces d'aiçs et en ont la forme, que l'on appelle versets.

A la messe , aux vêpres et dans les autres cérémonies on morcelle le Kyrie, le Gloria, le Dixit, etc., de manière qu'alternativement une partie est chantée par le chœur, et que pour l'autre c'est l'orgue qui répond. Ces réponses se nomment versets ; et ce ne sont que de petites cadences, de petites périodes musicales, de petites fugues, etc., improvisées ou composées et imprimées sous ce nom.

VESPERO = VÊPRES. — Une des sept heures canoniques. Ce nom vient de l'étoile Fesper, parce que c'est vers le coucher du soleil qu'on a l'usage de chanter ces prières.

VIBRATO = VIBRÉ , adj. — Fortement marqué.

VIBRAZIONE = VIBRATION, s. f. — (Voy. Suono).

VIELLE, 6. f.> — Très ancien instrument à corde ; on enjoué au moyen de touches et d'une roue faisant fonction d'archet, que l'on fait tourner par une manivelle. Instrument favori des petits Savoyards, la vielle sert d'orchestre aux représentations de la lanterne magique et à la danse des marmottes.

VIELLEUR, VIELLEUSE. — Celui ou celle qui joue de la vielle.

VILLANCICO, s. m. — Espèce d'ode sacrée que les Espagnols chantent dans les églises pour la fête ds Noël.

V1LLANELLA = VILANELLE, s. f. — Ancienne danse champêtre accompagnée de chant.

VIOLA = VIOLE, s. f. — Cet instrument, dont l'usage est si étendu , et qui dans la musique à grand orchestre fait une des quatre parties principales, ne diffère pas du violon , quant à son doigté. Il en diffère cependant par sa dimension qui est plus grande, et par l'accord de ses quatre cordes, dont les deux dernières sont recouvertes de fils de métal; ces

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cordes sont accordées en do, clé" de basse second espace, puis par quintes sol, ré, ia; mais c'est surtout la qualité du son qui est différente , précisément à cause de sa grandeur et de ses cordes moins tendues. Cette manière d'accorder fait que l'on écrit la partie de la viole en clé d'alto, et de là lui vient encore le nom d'alto , d' atto-viola (Voy. Viola Tenorc).

Il est parlé des parties constitutives de la viole à l'article Instruments.

La viole fut toujours négligée par les compositeurs de l'ancienne école; ils se bornèrent à lui faire redoubler les parties de la basse à l'octave, en lui confiant quelquefois quelques notes perdues de simple ripiène , sans dessin et sans mouvement. Haydn et Mozart, convaincus de l'importance de cette partie , lui donnèrent de la dignité en l'introduisant d'une manière essentielle dans leur mélodieuse et savante musique. La viole obtint enfin le rang qui lui appartenait et qu'elle occupe aujourd'hui dans les ouvrages des compositeurs distingués. Ses sons tendres et mélancoliques font un excellent effet dans la marche des parties intermédiaires , et s'accordent assez bien avec la clarinette, le cor, le basson. Ses arpèges harmonieux se lient à ceux du second violon, et si celui-ci joue à l'unisson ou à l'octave avec le premier violon , la viole est là naturellement pour le remplacer. Elle ne craint pas non plus de se montrer en première ligne dans des solos, dans des accompagnements soignés. Quelquefois elle usurpe tout à fait le rôle du violon. Ainsi , dans Uthal , opéra de Méhul, la viole est l'instrument principal.

VIOLA = VIOLE , s. f. — Jeu d'orgue de tuyau à bouche, ouvert de quatre pieds, qui sert d'unisson à l'octave.

VIOLA BASTARDA = VIOLE BATARDE. — Très ancienne espèce de basse de viole; elle avait six cordes accordées en do clé de basse au dessous des lignes fa, do, mi , la, ré; elle avait le corps plus long et plus étroit que la viole,

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VIOLA DAMORE = VIOLE D'AMOUR. — Cet instrument est plus grand que la viole ordinaire , et a un manche plus long. Il en diffère encore dans l'accord de ses sept cordes en sol clé de basse première ligne, do, sol, do, mi, sol, do, ou sol, do, mi, la, ré, sol, do. D'autres montent la viole d'amour de six cordes accordées en do clé de basse second espace mi, sol, do, mi, sot.

La viole d'amour, outre ses cordes ordinaires, en avait anciennement cinq ou six autres, qui passaient sous la touche et sous le chevalet , pour produire une espèce de sons concomitants, et renforcer le son. Elle a des cordes un peu faibles et peu tendues, ce qui en modifie le son d'une manière toute particulière.

VIOLA BORDONE == VIOLE DE BOURDON. — (Voyez Baritono).

VIOLA DI GAMBA = BASSE DE VIOLE. — Cet instrument , extrêmement rare , diffère du violoncelle par son accord de six et quelquefois sept cordes en ré clé de basse au dessous des lignes sol , mi, la, ré, et par ses sons criards et nasillards.

On donne aussi le nom de Viola di Gamba à un jeu d'orgue de tuyaux à anche.

VIOLA DI SPALLA. — On faisait usage de cet instrument dans les premières années du siècle dernier, avec les instruments à vent les plus grands. Elle servait dans la musique instrumentale à l'exécution de la partie principale. Elle tient le milieu entre la viole et le violoncelle. Ceux qui en jouaient se l'attachaient avec une lanière passant sur la poitrine , et la rejetaient sur l'épaule.

VIOLA POMPOSA. — Instrument à archet en usage vers le milieu du siècle dernier, inventé par Jean Sébastien Bach. Elle était plus grande que la viole ordinaire , et avait des cordes plus élevées , et cinq cordes accordées en do clé de basse au dessous des lignes, et sol, ré. (a, mi.

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VIOLA TENORE. — Anciennement on employait dans la musique vocale deux espèces de violes ; celle en clé d'alto . qui marchait à l'unisson avec la voix d'alto, et celle écrite en clé de ténor à l'unisson avec la voix de ténor.

VIOLICEMBALO. — Instrument inventé en 1609 par Jean Haydn à Nuremberg. Il voulait faire participer le piano à l'avantage qu'ont les instruments à archet ou à vent , de soutenir plus long-temps le son et de le modifier dans sa force ou sa faiblesse. Il inventa donc le vioiicemhalo (Geigen- Claviecymbel) qui a la forme du piano. Sous les tangentes se trouvent dix à douze petites roues , mises en mouvement par une roue plus grande au moyen d'un cordon à plusieurs poulies. Ces petites roues sont garnies en côté de parchemin frotté de colophane. La grande roue est mise en mouvement par le joueur lui-même, au moyen d'une pédale, ou bien par une autre personne. Lorsque les touches se baissent, les tangentes serrent les cordes, qui sont métalliques, contre les petites roues ; c'est l'effet que produirait l'archet passant sur les cordes. Ainsi le son dure tout le temps que la touche est abaissée , et le degré de sa force dépend de la plus ou moins grande pression de la touche.

De semblables instruments furent ensuite fabriqués par Hohlfeld, Garbrecht, Greiner, Poulleau et autres (Voy. l'art. Cembaio cla Arco). L'abbé Trentin, à Venise, attira de nouveau l'attention sur cet instrumeni par les réformes qu'il y fit il y a quelques années. En voici la description :

« La forme extérieure est celle d'un piano à queue avec le clavier ordinaire de six octaves. Les cordes sont toutes harmoniques, c'est-à-dire en boyaux; elles sont seules, c'est-à-dire qu'il n'y en a qu'une par touche. Leur grosseur est différente et graduée selon leur emploi ; seulement les six premières dans la contrebasse sont tordues. Elles portent parfaitement l'accord , sans recourir à une extrême tension ; et ainsi elles ont l'avantage de rester long-temps d'accord,

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sans avoir l'inconvénient de se briser facilement. Un levier sur l'extrémité de la touche, qui s'élève horizontalement , et qui estcoulant et obéit à la main, fait l'office d'élever la corde et de la présentera l',archet; il la presse entre sa tête d'ivoire et une barre garnie d'une grosse peau de cerf étendue horizontalement au-dessus. Il faut observer ici: 1° que l'ivoire du levier et la peau de la barre représentent la touche du violon, du violoncelle, etc. , et le doigt du joueur ; 2° que ce levier fixe le point de l'accord convenable à la corde, en diminuant son étendue naturelle , car cet accord ne pourrait être fixé dans l'état horizontal de la corde elle-même , comme dans les pianos; 3° que le levier, en tournant sur un point fixe, affermi par un ressort qui cependant le laisse libre lorsqu'il commence à se mettre en action, annule l'inconvénient de donner plus d'étendue à la corde, qui détonnerait, et de l'user par une même action trop souvent répétée. L'archet, qui dans \evioticembalo tire les sons des cordes, est composé île fils de soie cousus à leurs extrémités sur un tissu de laine, et un peu élevé vers le milieu. Cet archet, étendu horizontalement sur les cordes d'un côté à l'autre de la table d'harmonie, tourne continuellement autour de deux petits cylindres de métal placés aux deux extrémités. Le mouvement de l'archet est imprimé par le pied droit du joueur qui agite une pédale élevée de terre d'environ quatre pouces ; cette pédale est en communication avec l'archet au moyen d'une roue en bois placée en bas à la gauche du joueur. La roue n'est pas apparente, la partie antérieure de l'instrument étant renfermée dans toute sa hauteur pour ne pas être disgracieuse. »

VIOLINISTA = VIOLONISTE ou VIOLINISTE. — Musicien qui joue du violon.

VIOLINO = VIOLON , s. m. ^ Le plus petit des instruments à archet , et celui de tous les instruments le plus important dans la musique à grand orchestre, car non seulement on exécute avec lui deux parties essentielles , mais encore la

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mélodie principale des morceaux de musique Instrumentale à grand orchestre.

On a déjà parlé du mécanisme du violon à l'article Instruments. Ses quatre cordes , dont la dernière est couverte de iil de métal , sont accordées en sol, re, la, mi.

On ne sait pas précisément l'époque de l'invention du violon. Selon beaucoup d'auteurs il y avait un peuple indien qui jouait d'un instrument, dépourvu de cordes cependant, avec un archet en crins , et la connaissance nous en aurait été rapportée en Europe par les Croisés. Cette opinion fait donc remonter l'invention du violon au xn° siècle, et l'adoption de sa forme actuelle au xvr. Winkelmann et IMengs ont démontré que le petit Apollon que l'on voit à Florence dans la tribune du grand- duc, jouant d'une espèce de violon, avec quelque chose qui ressemble à un archet, est moderne. De sorte que cette unique figure, crue antique par d'autres savants et particulièrement par Addison , ne sert plus aujourd'hui de texte à aucune controverse.

Les bonnes qualités d'un violon sont une voix claire , sortant facilement , forte sans crudité , de l'égalité dans toutes les cordes, un son agréable sans aigreur, sans être sifflant, sans être nasillard.

Les meilleurs violons sont sans contredit ceux fabriqués par les Stradivarius, les Amati, les Guarnerius, Bergonzi. Steiner, Cappa de Saluées. Ce n'est pas cependant du nom du facteur qu'un instrument doit tirer son prix, mais bien de sa perfection intrinsèque ; car tout ce qui sort de la main des meilleurs artistes n'est pas excellent , et tout ce que font les artistes médiocres n'est pas à dédaigner. « On trouve du bon. » disait Horace, dans le mauvais poète Chérilus, et le divin » Homère sommeille quelquefois. » De même on peut dire que quelquefois il n'est sorti des mains de Steiner et d'Amati qu'un détestable instrument, tandis que le hasard a permis que quelque obscur facteur on ait produit un excellent.

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