‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 345 sur 364 · MO · texte numérisé non relu

MO

Il faut que le vioion soit vieux, car l'âge l'adoucit et lui fait perdre cette âpreté désagréable qu'il a quand il est neuf.

Autrefois on distinguait en Italie le violon de concerto et le violon (l'orchestre ; on appelait le premier voix humaine , et le second voix argentine.

Dès la renaissance des arts le violon fut le seul instrument consacré à l'exécution de la musique dramatique. Il a dans l'orchestre une telle prééminence sur les instruments à vent, qu'on ne pourra jamais les considérer comme ses rivaux. Dans la symphonie, comme dans les accompagnements, le violon soutient toujours le discours musical ; et si , pour varier les effets , il cède pour un instant l'empire de l'harmonie , c'est pour reparaître aussitôt dans toute sa splendeur. Ses quatre cordes suffisent pour donner plus de quatre octaves et pour offrir toutes les ressources que réclament le chant et la variété de la modulation. Au moyen de l'archet * qui met les cordes en vibration et en fait parler plus d'une à la fois, il réunit le charme de la mélodie et celui des accords. La qualité de sa voix, qui joint la douceur à la vivacité, lui donne la supériorité sur tous les autres instruments, et, avec le secrets qu'il possède de modifier les sons et d'exprimer les accents des passions, il rivalise même avec la voix humaine.

Cet instrument, destiné par sa nature à régner dans les concerts et à seconder tous les élans du génie', a pris les différents caractères qu'ont voulu lui donner les grands maîtres. Simple et mélodieux sous les doigts de Gorelli;

" Dans ces dernières années M. Vuillaume, luthier, à Paris, a apporté quelques améliorations dans la construction des archets de violon, alto et basse. Par un procédé fort ingénieux M. Vuillaume a trouvé le moyen de déterminer la longueur des archets en rendant la hausse immobile, et de disposer les crins de manière à ce que tout musicien puisse les remplacer sans le secours du iuthier.

Aote du Trad.

kik VIO

harmonieux et touchant sous l'archet de Tartini ; noble et grandiose sous celui de Pugnani ; aimable et suave sous celui de Rolla ; pathétique et hardi-dans les mains de Viotti; gracieux et sublime dans cellea de Rovelii ; plein de feu et d'audace sous les doigts de Paganini; énergique, majestueux et tendre dans les mains de Baillot, de Beriot et de Lafont, le violon est allé jusqu'à peindre les passions avec l'énergie et la noblesse qui conviennent autant au rang qu'il occupe qu'à l'empire qu'il exerce sur l'esprit.

VIOLINO = VIOLON, 5. m. — Jeu d'orgue de tuyaux à bouche, ouvert de deux pieds, qui sert d'unisson au principal.

VIOLINO PICCOLO. — Accordé en do ( au-dessous des lignes) , sot , ré, ici. Il n'est plus en usage.

VIOLISTE = VIOLISTE , s. des 2 genr. — Musicien qui joue de la viole.

VIOLONCELLISTA = VIOLONCELLISTE , 5. des 2 genr. — Musicien qui joue du violoncelle.

VIOLONCELLO = VIOLONCELLE, s. m. — Cet instrument, le plus difficile des instruments à archet, doit son origine à quelques changements faits à la basse de viole. Il fut inventé par le P. Tardieu, de Tarascon, au commencement du dernier siècle; il avait alors cinq cordes: do , soi, ré, ia,ré. Aujourd'hui il n'en a plus que quatre, dont les deux dernières sont revêtues de fil de métal; elles sont accordées en do clé de basse au dessous de la portée, soi, ré, ia.

On trouvera à l'article Instruments les parties constitutives de celui-ci.

Le violoncelle a un caractère grave et sensible ; son chant touchant et majestueux élève l'ame vers des régions supérieures. Il se prête à tous les jeux de l'harmonie, de la double corde et de l'arpège. Dans les accompagnements il sert de base pour déterminer l'effet de l'harmonie, où il occupe une place particulière. Le violoncelle figure en-

VOG 415

core tour à tour dans le solo, la sonate, le concerto, l'air varié, le quatuor et le quintette.

VIOLONE, s. m. — Instrument de grande dimension, qui servait autrefois de contrebasse aux différentes espèces de violes.

VIRTUOSO, VIRTUOSA = VIRTUOSE. —Ces mots s'appliquent en musique à ceux qui possèdent un talent parfait d'exécution dans le chant comme dans le jeu des instruments.

VIRTUOSO DI CAMERA = VIRTUOSE DE CHAMBRE. -— Nom qu'ont ordinairement dans les cours ultramontaines les chanteurs et les exécutants de concerto attachés à leur service, et exemptés de celui de l'opéra.

VITALIANI = VITALIENS. — Nom du chœur de musiciens romains , institué par S. Vitalien , pour l'usage de la musique sacrée.

VIVACE (vivement). — Epithète souvent jointe au mot allegro, et qui indique une exécution pleine d'entraînement, analogue au sentiment dominant du morceau de musique.

VOCALE = VOCAL, adj. — Ce qui appartient aux voix: chant vocal, musique vocale.

VOCALI PROHIBITE = VOYELLES PROHIBÉES. — Dans le solfège italien, les voyelles défendues sont i, u.

VOCALIZZARE == VOCALISER, v. a. — Chanter sur une voyelle en ne se servant que de Va. Cet exercice est nécessaire au perfectionnement du chant, après l'étude du solfège. Pour cela il faut : 1° savoir bien attaquer le son ; 2° passer d'un registre à l'autre d'une manière insensible ; 3° porter la voix ; l\° exécuter tous les agréments avec grâce, légèreté et précision ; 5° phraser le chant musical.

VOCALIZZO, s. m. == VOCALISATION, s. f. — Espèce de solfège qui ne se chante que sur la voyelle a.

VOCE = VOIX, s. f. • — Cette expression signifie en musique : 1° le son formé dans la glotte moyennant une expira-

UM voc

tion un peu forcée (V. plus bas) ; 2° une partie quelconque d'un morceau de musique vocale, en tant qu'elle entre dans l'harmonie du tout; voix solo, voix principale, voix de ripiène, à cinq voix, etc.

Les hypothèses des physiologistes sur la formation du chant dans la voix humaine varient beaucoup. Les uns prétendent que la réunion des organes contribuant au chant a une parfaite ressemblance avec les parties de l'orgue pneumatique, et que l'homme en chantant représente le joueur de cet instrument. Les autres comparent la voix humaine aux instruments à vent et à cordes. Selon d'autres, l'homme chante comme il siffle. Les considérations suivantes , en partie hypothétiques elles-mêmes, donneront quelques idées sur cet objet.

La voix humaine , comme on vient de le dire , prend naissance dans la glotte moyennant une expiration un peu forcée.

L'air chassé des poumons s'achemine d'abord par un canal assez large, mais qui bientôt se resserre, et doit enfin traverser une étroite fente. Les bords de cette ouverture sont deux lames vibrantes qui , semblables à celles des anches, permettent ou interceptent de temps en temps le passage de l'air; et ainsi, par ces alternatives, elles doivent déterminer des ondulations sonores dans le courant d'air qui les frappe. Outre le palais, la langue, les dents, les lèvres ( tous organes utiles au mécanisme de la voix), concourent aussi à sa formation, la trachée-artère , le larynx, les poumons, les sinus frontaux et maxillaires, les fosses nasales, etc.

L'acuité, la force, l'agrément et le caractère individuel de la voix dépendent de l'organisation et de l'altération de l'organe principal de la voix, qui est le larynx.

De la voix humaine la plus grave à la plus élevée on compte ordinairement trois octaves. La cause prochaine de la voix la plusàiguë est dans le plus grand nombre de vibrations de l'organe de la voix , et celle de la voix la plus grave dans le moins grand nombre de vibrations.

Page 1