BAT
BATON. — Sorte de barre qui traverse perpendiculairement une ou plusieurs lignes de la portée , et qui , selon le nombre des lignes qu'elle embrasse, exprime une plus grande ou moindre quantité de mesures qu'il faut passer en silence.
Ces hâtons ne sont plus en usage et l'on marque le nombre des pauses avec des chiffres placés au-dessus de la portée.
BATON DE MESURE. — C'est un bâton fort court ou môme un rouleau de papier dont les chefs d'orchestre français se servent pour marquer la mesure.
BATTAGLIA = BATAILLE, s. f. —On donne ce nom à une sorte de composition musicale dans laquelle on cherche à imiter, avec des sons , le bruit de guerre et les divers résultats d'une bataille. Il y a une grande quantité de ces inepties arrangées pour piano, pour deux flûtes , etc. Cependant une composition musicale de ce genre peut parfois produire quelque effet si elle est exécutée à grand orchestre.
BATTERE LA MUSICA, BATTERE LA SOLFA= BATTRE LA MESURE. — C'est en marquer les Temps par des mouvements de la main ou du pied , qui en règlent la durée , et par lesquels toutes les mesures semblables sont rendues parfaitement égales en valeur chronique dans l'exécution.
Dans la plus grande partie de l'Italie on frappe les deux premiers Temps de la mesure et on marque les autres par un mouvement de la main en l'air. Les Français et les Allemands ne frappent que le premier Temps et marquent les autres par des mouvements de la main à gauche , à droite et en haut.
Rousseau affirme que les anciens battaient la mesure dans un ordre inverse, c'est-à-dire, en frappant de la main ou du pied pour le Temps faible, et en les levant pour le Temps fort.
m BAT
A l'article Tempo nous parlerons de la manière de battre les différentes mesures.
BATTIMENTO = BATTEMENT, s. m. — Espèce de mordante , ou, selon quelques uns, de trille qui , au lieu de commencer par une note plus élevée, commence par la note plus basse que la note principale.
BATTITORE DI MUSIGA = B4TTEUI\ DE MESURE. — Celui qui bat la mesure (Voy. l'article Batte^e la musicu).
Le batteur de mesure était appelé chez les anciens Grecs coryphée, xopvjKwoç, parce qu'il était placé au milieu de l'orchestre dans une situation élevée pour être plus facilement vu et entendu de tout l'orchestre. Comme on battait ordinairement la mesure du pied, ces coryphées se nommaient aussi 7rodV/.TV7rot etnooo-poyoi; les Romains, qui avaient adopté cet usage grec, les appelaient pcdarii, podarii etpedicularii. Pour rendre la percussion rhythmique plus éclatante, ils garnissaient leurs pieds de certaines chaussures ou sandales de fer, nommées en grec xoou7rs£ry., xponrkx, «ovwra, et en latin pedicuia, scabelia ou scabiiia, parce qu'elles ressemblaient à de petites escabelles.
Les Grecs battaient la mesure non seulement du pied , mais encore de la main , et celui qui marquait ainsi le rhythme s'appelait Manuductor. Ils employaient aussi, pour battre la mesure , des coquilles d'huitres , des ossements d'animaux en les frappant les uns contre les autres.
Quelques nations ont des manières particulières pour battre la mesure. Les Chinois se servent de tambours ; les Hongrois, dans leurs danses nationales, marquent la mesure en dansant avec les éperons de leurs bottes, qu'ils frappent l'un contre l'autre; les Portugais, dans leurs danses, la battent en faisant claquer leurs doigts ( Voy. a Chu fa) , et les Espagnols avec les castagnettes , etc.
Dans les églises d'Italie , les maîtres de chapelle battent