‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 48 sur 364 · C2 CAN · texte numérisé non relu

C2 CAN

Ces tiges furent évidemment les premiers tuyaux dont l'homme chercha à tirer des sons. La flûte n'était d'abord qu'un simple roseau grossièrement façonné en instrument; aussi les anciens lui avaient-ils conservé son nom de fistxila, roseau. Depuis bien des siècles, le roseau ne sert plus à la fabrication du corps des instruments à vent, on l'emploie maintenant a celle de leurs anches.

Pour cet usage, l'essentiel est de ne pas couper les roseaux avant leur parfaite maturité. Un roseau lisse et luisant est ordinairement bon. La couleur verdâtre désigne un roseau qui n'est pas mûr, dont la fibre molle et spongieuse s'imbibera d'eau, et ne donnera, par conséquent, que des sons sourds et désagréables à entendre.

CANNE D'ORGANO = TUYAUX D'ORGUE. — Tubes, ou canaux de bois , d'étain , ou d'un mélange métallique appelé étoffe, de forme carrée , cylindrique ou conique , dans lesquels on fait entrer le vent qui produit le son de l'orgue.

Les plus grands tuyaux d'orgue ont trente-deux pieds de haut; les plus petits n'ont que de deux à trois lignes.

Les tuyaux ouverts par les deux bouts rendent le même son que les tuyaux bouchés par un bout, qui n'ont que la moitié de leur longueur; ainsi un quatre pieds bouché sonnera l'unisson du huit pieds ouvert (Voy. Organo).

Les instruments à vent sont de véritables tuyaux. Ils sont de deux formes et de deux espèces : cylindriques et bouchés par un bout comme la flûte, coniques et ouverts par les deux bouts, comme le hautbois et le cor. Lorsqu'on souffle dans un tuyau ouvert par les deux bouts, la colonne d'air se partage en deux parties égales , et chaque partie vibre séparément selon une même loi. C'est à cette première division de la colonne d'air qu'est due la propriété qu'ont les tuyaux ouverts de rendre le même son que les tuyaux bouchés , qui n'ont que la moitié de leur longueur. Cela posé, si par le moyen de la pression des lèvres on parvient à rendre un son ,

ce n'est qu'en réussissant a couper chacune des deux parlies de la colonne totale en ses aliquotes. Aussi remarquet-on que les instruments qui jouent de cette manière , tels que le cor, le cornet et la trompette, ne peuvent par euxmêmes rendre que le son des aliquotes , et que si on leur en fait rendre d'autres en introduisant la main dans le paviUon, c'est que, par-là, on change la longueur de la colonne vibrante.

CANONE = CANON, s. m. — Du mot grec tk**$4 règle; c'était dans la musique ancienne une règle ou méthode pour déterminer les rapports des intervalles. Les anciens Grecs, pour mesurer le son , se servaient d'un instrument ayant une seule corde, divisée par des chevalets mobiles ou immobiles à des distances fixes, de manière qu'en pinçant la corde on en faisait vibrer tantôt la moitié , tantôt la troisième ou la quatrième partie, etc. Cet instrument, auquel on donnait le nom de cation , est appelé aujourd'hui monocorde. Ptolomée a donné aussi le nom de canon au livre que nous avons de lui sur les rapports de tous les intervalles harmoniques. En général , on appelait sectio canonis la division du monocorde par tous ces intervalles, et canon universaiis, le monocorde ainsi divisé , ou la table qui le représentait.

CANONE = CANON, s. in. — En musique moderne, ce mot est quelquefois pris par les écrivains dans le sens grec , c'est-à-dire pour règle ou précepte. Ainsi on appelle canon la prohibition de faire succéder progressivement et d'une manière directe deux quintes ou deux octaves dans l'harmonie.

Le mot canon, autrefois rota, puis fuga, et même fuga in conseguenza, indique principalement une composition musicale, dans laquelle les différentes parties qui la composent se font entendre successivement, de façon que chaque partie imite sans cesse celle qui la précède. Il y a des canons à deux, à trois, à quatre voix et davantage; et comme le canon est basé sur l'imitation, il y a autant de

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