GAIN
genres et d'espèces de canons qu'il y a de sortes d'imitations (Voy. cet article).
L'entrée des voix respectives est distinguée par des signes de convention , comme dans le canon à trois parties de la fig. 37. Dans les canons à plusieurs parties on marque autant désignes d'entrée ou de reprise qu'il y a de voix, ou l'on indique dès le commencement le nombre des parties. Par exemple, l'inscription canon à six de la fig. 38 signifie qu'on peut l'exécuter avec six parties, et en ce cas on ne met qu'un signe pour indiquer leur entrée. Ce canon , représenté par une seule voix, se nomme canon fermé, et si l'on joint toutes les voix consécutives à la voix principale , en le mettant en partition, on l'appelle canon ouvert ou résolu. A la figure 39 on trouve un exemple de la manière de marquer quelquefois le canon fermé. Le signe NJ indique l'endroit où doit entrer la réponse , tandis que les pauses désignent le moment où doivent entrer les différentes parties marquées des clés respectives.
Toutefois du canon contenu dans la fig. 37 , il résulte que les voix ne s'unissent jamais à un point commun de clôture, mais que chaque voix, après avoir fini son chant, le recommence de nouveau : on appelle ce canon , perpétuel (infmito), différemment de celui qui a une queue , composée de quelques notes ajoutées au chant principal, pour faire finir en même temps avec toutes les parties. Ce canon se nomme non perpétuel (finito).
Le P. Martini , dans son Saggio fondamentale di Contrappunto, donne les trois signes suivants comme ceux qu'on trouve le plus fréquemment appliqués aux canons fermés : 1° le guide ou la prise § (guida o presa), indiquent aux parties répondantes quand elles doivent commencer les réponses ; 2° le point d'orgue ^ ( corona ) , sert à marquer la note où doivent s'arrêter les parties qui répondent; 3° la ritournelle '• \\ \ (ritornello) ou reprise, réplique (ri presa,
replica ) , signifie que le chant étant fini, il doit être recommencé tant par la partie qui a proposé le canon que par les parties qui répondent.
Dans le canon de la fig. 37 les voix s'imitent à l'unisson. Si l'on voulait faire cette imitation dans un autre intervalle, comme à la tierce supérieure ou inférieure , il faudrait alors y joindre les parties, ou que l'exécutant transposât le ton dans une autre clé.
Il y a des canons composés de manière à ce que l'imitation module dans un autre ton ; le chant est ainsi produit douze fois, en parcourant les douze transpositions du ton. On appelle ce canon , canon fer tonos , ou canon circulaire ( fig. 40 ).
Quelquefois, pour mettre à l'épreuve la connaissance des contrepointistes , on compose des canons sans inscription ou signes ordinaires. Ces canons se nomment ènigmatiques , et la découverte de la reprise, solution. Pour les rendre très difficiles les anciens maîtres employèrent des mots ènigmatiques, des phrases latines, des saillies, proverbes, sentences qui en renfermaient la clé. Le P. Martini s'est donné beaucoup de peine pour recueillir ces mots ènigmatiques dans les ouvrages de Pierre Aaron, d'Herman Fink, Glarean, Cerone, Bontempi, etc. , et pour les expliquer d'après les travaux pratiques de Josquin, Mouton, Isaak, etc. Nous croyons nous rendre agréables aux amateurs de la musique ancienne, et à tous ceux qui désirent connaître le génie des premiers maîtres de l'art, en reproduisant ici ces explications, au moyen desquelles il y aura peu de canons ènigmatiques dont le sens ne se révèle pas à celui qui apportera de l'attention dans l'étude de la musique.