‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 58 sur 364 · CAS · texte numérisé non relu

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de contralto, qu'on a privé dans son enfance des organes de la génération , pour lui conserver une voix aiguë comme celle d'un enfant; car la voix se conserve telle qu'elle se trouve au moment où l'on fait cette opération.

L'origine de cet horrible usage de la mutilation des hommes est très ancienne. Ammien Marcellinus assure que la reine Sémiramis fut la première à introduire une opération si cruelle.

« Sémiramis teneros mares castravit omnium prima. »

( L'b. XIV, 6. )

Il paraît cependant qu'on ne doit pas attribuer au chant la cause de l'orchotomie des premiers temps , mais plutôt à la jalousie, au fanatisme religieux, et peut-être même à quelque avantage thérapeutique. On employait les eunuques comme gardiens de chasteté, chargés de veiller sur la fidélité des jeunes épouses. Les prêtres de Cybèle, mutilés à l'imitation d'Atys, l'amant de cette déesse, guérissaient la folie par la castration (fVithoffdc castratis).

On ne connaît pas précisément l'époque où l'on commença à faire usage de l'orchotomie au profit du chant; mais , d'après l'opinion de quelques auteurs, il paraît qu'elle est antérieure au xvr siècle. Socrate (Liv. VI, chap. 7), et Sozomène (Liv. VIII, chap. 8) , parlent d'un certain Brisus, eunuque d'Auguste, qui était le maître et le préposé des chanteurs [qui tum hymnorum cantoriùus erudiendis trat prœpositus). Quoiqu'il ne soit pas certain qu'il ait été mutilé à cause de la voix , il est cependant probable que la beauté de cet organe a contribué pour beaucoup à l'élever à cette place. Saint Cyprien rapporte , en outre, qu'à Rome les pantomimes étaient sujets à ce genre d'opération , pour conserver dans tout leur corps une souplesse qui manque à un homme entier.

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11 parait que 1 introduction des castrati dans la chapelle pontificale pour chanter les parties de soprano, n'eut lieu qu'au commencement du xvne siècle. Adami , dans son Cauilogo de'nomi, cognomi e patria de' cantori pontificj , pag. 189, cite le père Géraume Rosini, de Pérouse, comme le premier qui fut admis dans cette chapelle en 1601. Avant cette époque, les parties de soprano étaient exécutées par des voix de fausset, qui, d'après ce que l'on dit, n'appartenaient qu'aux Espagnols. Ceux-ci ne voulant pas du père Rosini à côté deux, le chassèrent pendant les répétitions, ce qui n'empêcha pas Clément VIII de le prendre à son service. Adami puisa ces renseignements dans un manuscrit d'Antoine Liberati, intitulé : Raguagiio deiio stato det coro de' cant&ri delta Cappella pontificia antico e moderno \ éd. avvisi per la sua conservazione; il crut cependant devoir ajouter ces paroles : creda ognuno quetlo che piu gti place. D'après cela, on ne sait pas si Rosini a été le premier soprano de la chapelle papale, ainsi que Burney l'affirme. Fornari , dans sa Narrazione storica delta cappella pontificia, assure que Jean de Sanctos, mort à Rome en 1625 , a été le dernier fausset espagnol de la chapelle des papes.

Les voix des castrati , dans la musique sacrée , produisaient un effet si merveilleux, qu'on ne tarda pas à les employer dans les théâtres lyriques, dont l'origine remonte à la fin du xvrr siècle. Les parties de soprano, chantées d'abord par des enfants, laissaient presque toujours à désirer, soit à cause de la mutation de la voix , soit à cause de la difficulté qu'on éprouvait à faire exprimer convenablement par des enfants des idées musicales. Peu à peu le nombre des castrati devint très considérable, et les plus célèbres d'entr'eux firent d'immenses fortunes. Ces exemples poussèrent à la spéculation ; et il se trouva des parents assez barbares qui cherchèrent à s'enrichir par un sacrifice qui fait frémir la nature.

Fn considérant l'état actuel de la science physiologique, il

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est difficile et peut-être même impossible d'expliquer par quelle raison les organes génitaux exercent une si grande influence sur la structure , le développement et l'action de plusieurs autres organes. Cette influence est pourtant si claire et si évidente qu'elle ne peut admettre aucun doute. Pour nous , qu'il nous sulfise de savoir que la petitesse du larynx , l'exiguité de la glotte et la voix aiguë coïncident avec l'état d'inaction dans lequel se trouvent les testicules avant la puberté. Lorsque cette époque est arrivée, et que les organes séminaux ont pris du développement et se sont mis en action, le larynx se développe rapidement et se dilate ; la voix prend alors ce ton fort et grave qui constitue un des caractères de la virilité. Mais si les parties de la génération sont amputées avant cette époque, les organes de la voix restent dans le même état où ils se trouvaient auparavant.

Plusieurs auteurs sont d'avis que les forces intellectuelles doivent beaucoup souffrir de l'orchotomie, et que les mutilés sont incapables de parvenir à un haut degré dans les sciences et dans les arts. Cette assertion, si elle n'est pas tout-à-fait mal fondée, est du moins sujette à des exceptions. On sait que dans les siècles reculés , chez les Babyloniens , les Égyptiens et les Persans , les places des premiers hommes d'État étaient occupées par des eunuques. Dans les temps modernes nous avons vu des castrati, qui, sans être des capitaines ou des ministres d'État , ont su , dans des circonstances scabreuses , se conduire avec beaucoup de prudence et une véritable sagesse , ce qui n'aurait pas été possible avec de faibles forces intellectuelles. Il est pourtant singulier qu'aucun castrato n'ait eu la fantaisie de composer de la musique.

CATABASIS. — Ce mot, chez les anciens Grecs, signifiait une progression de son descendante.

CATACHORETJSIS. — Cinquième et dernière partie du nome pythien, exécuté par les concurrents dans les jeux pythiques (Voy. Certamimusicaii).

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