‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 65 sur 364 · GHI · texte numérisé non relu

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La guitare est le dernier rejeton de la famille du luth autrefois si nombreuse. Elle a succédé au luth , au théorbe , au sistre, à l'angélique, à lamandore, à la pandore, au colachon, à la mandoline, aux lyres de toutes les espèces.

Le corps de la guitare est une boîte à peu près ovale , ayant deux dépressions latérales à peu près comme une caisse de violon, excepté qu'U n'y a point d'angles , tout étant arrondi ; l'ovale un peu resserré vers le milieu, forme deux ventres dont celui qui tient au manche est un peu plus petit. Les deux tables sont planes et parallèles ; les côtés ou éclisses ferment la boîte tout à l'entour, en suivant les sinuosités dont on vient de parler. La grandeur du corps de la guitare tient le milieu entre le violon et le violoncelle ; son manche est large et divisé par cases qui marquent les tons différents que l'on peut prendre. A l'extrémité supérieure du manche il y a une petite tablette percée de trous ou entrent les chevilles. Sur la surface de la table supérieure vers le bas, est fixé le chevalet; c'est une barre transversale en bois très dur, collée sur la table; elle est percée de trous, où l'on introduit le bout de la corde.

La guitare a ses arpèges particuliers , et c'est un de ces instruments pour lequel on ne peut pas composer sans savoir en jouer. Quelquefois pour rendre l'exécution de certains tons plus facile, on se sert d'un capotasto, écrivant dans un autre ton , avec l'indication de la position du capotasto. Par exemple : un morceau écrit en do avec le capotasto à (a troisième position, se trouve en mi bémol, et écrit en sot, il passe en si bémol.

Une cavatine , un nocturne, une romance, un duettino, accompagnés par la guitare , feront un bon effet ; ses sons voilés et d'un diapason grave; donnent des masses d'harmonie très favorables à la voix qu'ils soutiennent sans la couvrir ; mais cet instrument est presque silencieux quand on le fait chanter. Sa force consiste dans les vibrations multipliées de

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plusieurs cordes pincées tour à tour ou simultanément. Dès que l'on est obligé de laisser les arpèges pour l'unisson, et de passer des basses sonores à l'octave aiguë qui n'est composée que de tons obtenus sur une corde raccourcie et qui ne vibre plus, le chant faible et languissant, privé du secours de l'harmonie, n'est plus qu'un pizzicato maigre, sec et dépourvu de toute espèce de charme.

La guitare , il y a quelques années , a été améliorée par Ji. de Villeroy, à Tréguier, département des Côtes-du-Nord (en produisant les sons harmoniques), par J. Georges Staufer et par J. Ertl , à Vienne.

L'art de jouer de la guitare est porté aujourd'hui (1838) à un très haut point de perfection ; dans ces derniers temps , MM. Sor, Aguado, Huerta et Garcassi, en ont fait un instrument de concert, et sont parvenus à exécuter de la musique très compliquée à plusieurs parties.

La partie droite et inférieure de la table d'harmonie de cet instrument, a été munie , par un artiste allemand, à Londres, d'une espèce de clavier avec six touches dont les tangentes sortent du trou de résonnance au moment où les touches s'abaissent, et frappent les cordes en guise de petits marteaux, comme dans le piano. Cet instrument s'appela , à cause de sa construction, guitare à piano, dont le doigté pour la main gauche est le même que dans une guitar eordinaire , mais la main droite joue comme sur un piano.

La guitare , instrument favori des Espagnols qui l'ont reçu des Maures, est aussi fort en usage chez les Turcs et les Persans qui la reçurent de l'Arabie, où elle était connue dès l'antiquité la plus reculée.

CHIT ARRA FRANCESE= GUITARE FRANÇAISE.— C'est un sistre allemand perfectionné, qui a quelque ressemblance avec la guitare espagnole. Le son de cet instrument est agréable et convient parfaitement à l'accompagnement de la voix. Cette guitare est fort en usage en Italie.

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