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Naples, en 1799, le Conservatoire de Sainte-Marie de Lorette fut supprimé et incorporé à celui de Sant'-Onofrio qui existait comme succursale de celui de la Pietà ; ceux-ci furent conservés jusqu'au 21 février 1800, époque où ils furent réunis sous le titre de : Real Coilcgio di Musica, dans le local du monastère supprimé de Saint-Sébastien. Ce collège de musique existe encore aujourd'hui.
Les Conservatoires de Naples furent une source de célèbres compositeurs et de chanteurs ; il suffit de citer Scarlatti , Porpora, Vinci, Durante, Léo, Sala, Pergolesi, Jomelli, Piccini , Fenaroli , Sacchini , Païsiello , Zingarelli , Cimarosa , Farinelli, Caflarelli, Gizzielli, Matucci, Aprile, Millico, etc. ; mais les plus beaux jours de ces établissements sont malheureusement passés. Leur réunion en une seule école fut préjudiciable aux progrès de l'art, et l'on vit s'éteindre la noble émulation qui existait entre les élèves des divers Conservafoires.
Après les Conservatoires de Naples venaient ceux de Venise , qui étaient entièrement consacrés aux femmes , comme ceux de Naples l'étaient aux hommes. On en comptait quatre, qui étaient : L'Os pédale delta Pietà , le Mendicanti, le Incurabili et t'Ospedatetto di sari Giovanni e Paoio. Ces quatre Conservatoires existaient encore en 1771. Furlanetto fut maître de chapelle du premier, Bertoni du second, Gahippi du troisième et Sacchini du quatrième. C'était une chose curieuse pour les étrangers qui assistaient aux concerts de ces élèves, que de voir un orchestre composé déjeunes filles, jouant du violon, de la basse, de la flûte, et même du cor et de la contre-basse. Deux de ces Conservatoires cessèrent dans les dernières années de la république. Celui des M endicanti exista jusqu'à l'époque de la révolution, grâce au zèle de quelques personnes et à lhabileté de la célèbre Bianca Sacchetti. Celui de la Pietà , où sont les enfants trouvés , existe encore aujourd'hui.
Parmi les (Conservatoires existant eu Europe, celui de Paris fut fondé en 1793, celui de Milan en 1807, celui d'Espagne en 1830, ceux de Vienne et de Varsovie en 1821; quelques autres Conservatoires ont été fondés dans ces derniers temps sous divers titres , à Prague , Berlin , Londres et Bruxelles.
CONSERVATORIO DI PARIGI = CONSERVATOIRE DE PARIS. * — En 1784, le baron de Breteuil établit aux Menus-Plaisirs l'école royale de chant et de déclamation pour former des élèves pour le grand Opéra, qui jusqu'alors avait fait le recrutement de ses chanteurs dans les maîtrises des cathédrales. La révolution de 1789 renversa cette école assez mesquine ; mais elle créa, quelques années plus tard, le Conservatoire de Paris. Quarante-cinq musiciens, attachés aux gardes françaises, formèrent, en 1789, l'élite de la musique de la garde nationale de Paris. M. Sarrette les avait assemblés. Au mois de mai 1790 , le corps municipal prit à ses frais ce corps de musique, le porta à soixante dix-huit exécutants, et le chargea du service de la garde nationale et des fêtes publiques. Plusieurs artistes d'un grand talent se réunirent à ce corps , à la sollicitation de M. Sarrette qui, après plusieurs circonstances qu'on ne peut pas détailler ici, sollicita et obtint, en 1792, de la municipalité de Paris , l'établissement d'une école gratuite de musique pour remplacer les maîtrises détruites. Les musiciens réunis par M. Sarrette devinrent la plupart maîtres à cette école , et fournirent les corps nombreux de musiciens qu'exigeaient quatorze armées manœuvrant alors sur les frontières de la France.
Le gouvernement sut apprécier les services de l'école et fixa les fonds nécessaires pour le traitement des professeurs. En novembre 1793, la Convention nationale adopta le prin-
1 Ajoute par le Traducteur
cipe d'organisation du Conservatoire de Paris , sous le titre d Institut national de musique. L'Institut des sciences et arts lui ayant confisqué son nom , on lui donna celui de Conservatoire de musique en 1795. La loi du 16 thermidor an m fixa le nombre des professeurs à cent quinze , celui des élèves à six cent, et la dépense de l'établissement à 240,000 francs par an. Cette somme fut réduite à 100,000 francs en 1802 ; le nombre des professeurs et des élèves subit par conséquent une grande diminution. Trois inspecteurs , Gossec , Méhul et Chérubini, dirigeaient le Conservatoire. Il est à préseut régi par un seul directeur, M. Chérubini. Tous les élèves étaient externes; on établit ensuite un pensionnat, gratuit aussi, de douze garçons et de douze filles, élèves pour la partie vocale. Celui des garçons subsiste seul , les filles donnaient trop de soucis ; on les renvoya bientôt chez leurs parents.
Presque tout ce qu'il y a en France de plus habile en compositeurs, en chanteurs, en instrumentistes, professe au Conservatoire de Paris. C'est de tous les établissements de ce genre celui qui est conçu sur le plan le plus vaste ; il a rendu des services immenses à la nation et formé des milliers d'instrumentistes quï, pour l'ensemble, la vigueur, l'élégance de leur exécution , n'ont pas de rivaux au monde.
Les bâtiments du Conservatoire renferment une salle de spectacle, où l'on donne des concerts, où l'on joue des opéras par fragments et même en entier. Une seconde salle plus petite, avec théâtre, loges et parquets, sert pour les exercices particuliers de l'école. Une bibliothèque déjà très nombreuse , mais qui réclame encore beaucoup d'ouvrages essentiels en théorie comme en pratique, est ouverte chaque jour aux élèves comme au public, dans l'enceinte de l'établissement. Les meilleurs chanteurs français ont été formés par le Conservatoire , et les orchestres de Paris sont peuplés de symphonistes excellents qui ont le précieux mérite d'avoir puisé à une même école une même doctrine. Le Conserva
toire a rendu d'éminents services à Fart en publiant un corps d'ouvrages élémentaires , rédigés par les professeurs les plus habiles en chaque partie. Les méthodes du Conservatoire de Paris ont fait le tour du monde : on les a traduites dans toutes les langues de l'Europe musicale. *
Voici le Tableau du personnel dont se composait V École (U Chant au 1" avril 1784.