‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 86 sur 364 · COU · texte numérisé non relu

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do devenant successivement un ré , un mi , un fa , etc. , tout le système des aliquotes change en même temps que la tonique. L'exécutant voit sans cesse do mi soi sur le papier, et l'oreille entend ré fa la, mi sot si, fa ta do , si ré fa, selou que l'instrumenta été disposé d'après les indications qui se trouvent en tête des morceaux de musique.

Le système harmonique du cor est pareil en tout à celui de la trompette ; mais ses tuyaux , du double plus longs et terminés par un grand pavillon , donnent l'octave basse de cet instrument. Ce pavillon est disposé de manière à recevoir la main, qui réunit son artifice au pouvoir de l'embouchure pour maîtriser la colonne d'air et la forcer à articuler les tons que la résonnance multiple ne fait point entendre , et que l'on nomme vulgairement tons bouchés (colla mano) ; c'est ainsi que l'on parvient sur cet instrument à parcourir toute la gamme diatonico-chromatique.

Comme la partie des cors est toujours mise en ut (do) majeur, il est nécessaire d'indiquer en tête de chaque morceau le ton dans lequel ils doivent jouer. Par exemple : corni in B ou cors en si b, in C ou en ut, in D ou en ré, in E ou en mi, in E, in Es, in E la fa ou en mi b, etc.

Les plus beaux sons du cor sont ceux que l'on obtient avec la proportion moyenne des tuyaux ; c'est pourquoi les compositeurs qui connaissent l'effet de cet instrument se servent quelquefois de tout autre ton que celui dans lequel est écrit le morceau. Par exemple : les cors en mi b , fa et ré remplacent très bien ceux en si b, do et la, surtout lorsqu'ils s'adaptent mieux aux modulations qui s'éloignent du ton primitif.

Le cor de chasse fut inventé en France en 1G80 , mais il ne servit d'abord que pour l'exercice dont il porte le nom. Transporté en Allemagne , il y fut perfectionné et fut appliqué à l'usage de ia musique. En 1730 , on commença à s'en servir en France , mais il ne fut introduit dans l'orchestre de l'Opéra qu'en 1757. Les sons qu'on en pouvait tirer alors étaient en

petit nombre ; mais en 1760, un allemand, nommé Hampl, découvrit qu'il était possible de lui en faire produire d'autres en bouchant en partie avec la'main le pavillon. Cette découverte ouvrit la carrière à d'habiles artistes qui se livrèrent à l'étude du cor. Un autre allemand , qui se nommait Haltenholf, compléta les améliorations de cet instrument en y ajoutant une pompe à coulisse , au moyen de laquelle on en règle la justesse lorsque les intonations s'élèvent par la chaleur.

D'après un passage d'une lettre de lady Montague , on peut conjecturer que le cor a été d'abord anciennement employé dans la musique de danse et de chambre. Voici ce passage : « They (les salles de danses) are very magnificentty furnished , and the musik very Good, if they iiad not that détestable custom ofmixing hunting-horns with it, that aimost deafen the company. But that noise y so agreea- Mehere, they never make a concert without it. n (Voy. Letters of the rigth honourahieLady Montague. Lett. XX, Vienne, Jan. 1717). C'est bien ici le cas dédire : tempora mutantur et nos mutamur in illis. Il y a cent ans, on criait que les cors de chasse assourdissoient les oreilles , et aujourd'hui on souffre patiemment tout le cortège de la musique bruyante.

Le cor est un instrument précieux par la variété de ses effets. Tour à tour énergique ou suave , il se prête également bien à l'expression des passions violentes et à celle des sentimens tendres. Ses accents simples et pleins de candeur, cette fraternité constante qui règne entre les deux cors , ces tierces et sixtes , ces quintes riches , harmonieuses et redondantes , ont des charmes toujours nouveaux. Nous les avons entendus mille et mille fois ces traits , et quand on nous les offrira de nouveau nous éprouverons les mêmes sensations.

CORNO = COR, s. m. — Jeu d'orgue (Voy. Flutone).

CORNO BASSETTO = COR DE BASSET, (en allemand Basset-horn). — On croit que cet instrument, qui unit à la

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douceur de ses sons quelque chose de sérieux et de sombre, a été inventé, en 1770, à Passaw, en Bavière. En 1782, M. Lotz, a Presbourg, a beaucoup contribué à son perfectionnement.

Le cor de basset est de la nature de la clarinette et n'en diffère qu'en ce qu'il est un peu plus grand et en ce que sa forme est un peu recourbée ; mais il ressemble à la clarinette non seulement dans les parties constitutives et dans le son , mais encore dans ce qui regarde l'intonation, l'embouchure, le doigté , de façon que tout clarinettiste peut jouer de cet instrument sans difficulté.

Le diapason du cor de basset comprend quatre octaves pleines , c'est-à-dire il s'étend du do de basse second espace, au do le plus aigu, pour toute la gamme diatonico-chromatique. A cause de la difficulté du doigté, on ne joue cependant que dans les tons de fa, sib , do majeurs, et fa, soi, ré, et do mineurs. La musique destinée au cor de basset s'écrit en clé de violon , et se transpose à la quarte ou à la quinte. Ainsi le ton de soi et de fa, qui sont les plus usités sur cet instrument, s'écrivent l'un et l'autre en do, soit pour le cor de basset en sot ou en fa. Les arpèges , etc. , de l'octave la plus basse, se transposent pour une plus grande facilité à une octave au dessous en clé de basse.

CORNO BASSO — Instrument de cuivre inventé , dit-on, par Frichot, anglais, et qui n'est autre chose qu'un serpent ayant la forme d'un basson. Il a six trous, dont deux sont armés de clés, une pour le petit doigt , et l'autre pour le pouce. En Allemagne on en a fait en ébène qui ont un son plus clair et plus égal.

CORNO BASSO CROMATICO. — C'est un cornobasso perfectionné il y a quelques années par M. Streibwolf, à Goettingue.

CORNO INGLESE = COR ANGLAIS. — Cet instrument à vent, qu'on appelle aussi en italien voce umana, tient, dans la famille du hautbois, la même place que la viole dans celle du violon.

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Le cor anglais a été inventé par Joseph Ferlendis, de Bergame, et il n'y a que soixante ans environ qu'il est en usage dans les orchestres. Le cor anglais a la forme du hautbois , dans des proportions plus fortes ; il est un peu recourbé , et son pavillon se termine en boule au lieu d'être évasé comme celui du hautbois. Le cor anglais sonne une quinte plus bas que le hautbois, à cause de la longueur de son tube; ainsi les morceaux de musique en fa se notent en do pour cet instrument.

Le cor anglais est toujours joué par un hautboïste : l'embouchure et le doigté sont les mêmes dans les deux instruments.

Les sons du cor anglais , propres à l'expression de la tendresse, de la mélancolie et de la tristesse, ne le font admettre de temps en temps dans l'orchestre que pour l'exécution de quelques solos.

CORNO INGLESE = COR ANGLAIS. — Jeu d'orgue de tuyaux à anches, ouvert de deux ou de quatre pieds, à trompe ou à cylindre , qui sert d'octave basse au prestant.

CORNO RUSSO = COR RUSSE. — Les Russes ont une musique de cor d'un effet étonnant; vingt, trente, quarante musiciens ont chacun une espèce de cor qui ne donne qu'une seule note ; ces cors sont accordés de telle manière qu'ils fournissent, comme les tuyaux de l'orgue, toutes les noies nécessaires pour exécuter un morceau de musique avec les accompagnements. Par exemple , un des exécutants fait tous les do, de quelque octave que ce soit, qui se trouvent dans un morceau ; un autre fait tous les ré , etc. , et la précision de leur exécution est telle que ces différents sons semblent provenir du même instrument. Comme il y a des notes qui sont d'un usage peu fréquent , un musicien se charge quelquefois de deux ou trois cors pour diminuer le nombre des exécutants.

Cette espèce d'orchestre rend un son plus fort, plus nourri que nos instruments à vent. Par un temps calme on entend cette musique d'une lieue et demie et même de deux lieues.

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