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lorsqu'on l'exécute pendant la nuit et sur un lieu élevé. De près , ces cors produisent l'effet d'un grand orgue , sur lequel ils ont l'avantage de pouvoir augmenter ou diminuer le son. De loin , on croit entendre un harmonica. Un habile orchestre russe peut exécuter des quatuors , des symphonies , des concertos , des fugues , etc. , et faire les traits et les trilles avec la plus grande netteté. Il existe à Saint-Pétersbourg et à Moscou plusieurs chapelles dans lesquelles se trouvent des orchestres de ce genre. Pendant le séjour de Sarti, dans la capitale de la Russie , on y exécuta une messe de Requiem . un oratorio et plusieurs autres morceaux de musique sacrée avec ces instruments.
En 1817 , ce genre de musique s'introduisit en Allemagne. On exécuta dans cette année , à Manheim , sur la place publique, un Te Deum qui fut accompagné du haut d'une tour par un orchestre composé de cors de chasse et de seize trompettes; cela produisit un effet difficile à exprimer.
L'inventeur de cette musique de cors russes se nommait J.-A. Maresch; il était né en Bohême, en 1719; il s'en occupa en 1751, de concert avec le maréchal Narischkin, intendant suprême des forêts. Les chasseurs russes de cette époque avaient un cor de cuivre jaune , dune forme à peu près semblable à un cône parabolique; ce cor n'avait qu'un seul son. Maresch , joueur de cor de chasse au service impérial, fit fabriquer trente-sept cors de différentes grandeurs, lesquels donnaient entre eux une étendue de trois octaves. Les plus graves avaient environ sept pieds de longueur, et les plus aigus, un pied. Il les distribua à un nombre égal de chasseurs et les fit répéter long-temps avec une sévérité extrême. Enfin, en 175.3, il put pour la première fois les faire entendre en présence de la cour impériale , réunie à la maison de chasse Ismaïlow, à peu de distance de Moscou.
CORO » CHOEUR, s. m. — Ce mot signifie : 1° un morceau de musique vocale à trois, quatre , huit voix ou plus.
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redoublées, exécuté avec accompagnement d'orchestre, ou sans accompagnement. Le chœur a pour objet d'exprimer le sentiment d'une grande multitude dépeuple; mais comme ce sentiment peut varier, le chœur n'a pas un caractère déterminé , et il peut revêtir celui qu'exige la circonstance ou la situation; 2° on donne aussi le nom de chœur à la réunion des musiciens qui doivent chanter les chœurs, et qu'on appelle choristes pour les distinguer des principaux chanteurs ; 3° par ce nom on désigne , en outre, la partie de l'église où l'on chante l'office divin et qui est séparée de celle qu'on appelle la nef.
Chez les Grecs anciens, le chœur était dans l'inaction, et l'on considérait cette troupe de chanteurs comme un seul personnage ; c'est pourquoi ils n'exprimaient jamais des sentiments opposés. Ce qui prouve que le chœur était même inaccessible aux grandes passions , c'est que les modes hypo-dorien et hypo-phrygien consacrés à leurs expressions, n'étaient pas employés dans la mélopée des chœurs , mais seulement dans les monologues ou dialogues des héros et des premières parties. Aristote dit à ce sujet que les acteurs qui composent le chœur, sont censés être des hommes d'une condition ordinaire et dont les passions ne doivent jamais avoir sur la scène le même caractère que celles des héros.
Lorsque les Italiens entreprirent au xve siècle de faire renaître la tragédie , ils y joignirent des chœurs, à l'imitation des anciens; et dans les premiers essais du mélodramme, basé sur le système fabuleux, les chœurs formèrent une partie importante du spectacle. Mais lorsqu'Apostolo Zeno et Métastase substituèrent l'histoire à la mythologie et la peinture des passions à celle des objets physiques , les chœurs trouvèrent moins de place et ne furent plus employés que dans quelques occasions solennelles, comme pour un sacrifice, une fête, un triomphe, etc. C'était à Gluck quêtait résené l'heureuse invention d'animer cette troupe immobile et de
placer le chœur à ce poste éminent qu'il occupe encore aujourd'hui dans les œuvres des grands compositeurs. « C'était à ce grand maître , dit Ginguené , en parlant de Gluck , qu'était réservée cette heureuse révolution. Il eut besoin non seulement du génie nécessaire pour concevoir des chœurs plus dramatiques et plus actifs qu'ils ne l'étaient auparavant, mais de tous les moyens que lui avait donnés la nature pour les faire exécuter. Il faut l'avoir vu à ces répétitions , d'un bout du théâtre à l'autre , pousser, tirer, entraîner par les bras, prier, gronder, cajoler tour à tour les choristes, hommes et femmes, surpris de se voir mener ainsi , et passant de la surprise à la docilité, de la docilité à une expression, à des effets qui les échauffaient eux-mêmes et leur communiquaient une partie de l'ame du compositeur; il faut l'avoir vu dans ce violent exercice , pour sentir toutes les obligations que lui a notre théâtre , et quelle réunion de forces physiques et morales lui était nécessaire pour y répandre, comme il l'a fait , le mouvement et la vie. »
Soit que le chœur exprime par des images contrastées le tumulte d'une sédition où les partis se défient mutuellement , où l'un demande ce que l'autre refuse et défend ce que son adversaire veut attaquer; soit que, réunis par un même intérêt, les personnages témoignent leurs craintes , leur effroi , leur joie innocente ou féroce, leur reconnaissance, adressent des vœux au ciel , se lient par un serment solennel ; soit que dans une fête triomphale un peuple entier élève jusqu'aux cieux les chants de la victoire , le chœur est un des plus beaux ornements de la scène lyrique , et le résultat le plus magnifique de l'union de la mélodie a l'harmonie , et des voix à l'orchestre.
On peut diviser les chœurs en chœurs concertés (concertati) qui forment d'eux-mêmes un morceau de musique, tant dans les opéras que dans les compositions d'église, et en chœurs d' accompagnement qui sont accessoires dans un
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air, et qui quelquefois n'entrent qu'aux dernières cadences.
Il y a aussi des cfueurs de femmes , des chœurs d'hommes et des chœurs mixtes des deux sexes ; il y a des chœurs à trois parties : soprano, contralto et ténor ; des chœurs à quatre parties : soprano, contralto, ténor et basse , ou deux sopranos , ténor et basse ; à cinq parties : deux sopranos , deux ténors (ou ténors et contralto) et basse; à six parties : deux sopranos, deux ténors et deux basses, etc. Leur forme musicale peut se réduire à deux espèces. Des sentiments durs, féroces , belliqueux , impétueux , qui agitent avec une égale force une multitude , sans qu'il y règne aucun désordre , demandent un morceau de musique avec un chant simple , mâle et grand , peu de repos ou point. Si au contraire les sentiments qui dominent les personnages sont mêlés a l'inquiétude; s'ils ne sont pas les mêmes dans tous les cœurs; si le désordre s'empare du peuple ; si la terreur, la fureur, ou quelque autre affection terrible planant sur les esprits, n'agissent pas également sur tout le monde , alors on peut écrire un morceau composé de plusieurs motifs, une espèce de duo, de trio, de quatuor, divisé en deux, trois ou quatre groupes. Dans cette occasion, il ne faut pas que le compositeur oublie que le chœur doit avoir une plus grande vigueur et un chant beaucoup plus simple et plus énergique que celui des duos et des trios ordinaires. Si les sentiments qui dominent les personnages sont plus doux et plus paisibles, le compositeur peut suivre les mêmes principes. Les invocations, les hymnes se distinguent en outre par une mélodie suave , une harmonie pleine et quelques traits de contrepoint , qui leur donnent le caractère sévère et solennel des chants d'église.
CORO REALE == CHOEUR RÉEL. — C'est le nom que 1 on donne à un chœur où l'union harmonique des quatre voix humaines est telle que chacune d'elles a une mélodie qui lui est propre et qui est différente des autres. Les auteurs aiment
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souvent à faire des compositions à huit parties réelles, et alors ce sont deux chœurs. Il y a aussi des compositions à deux et à trois chœurs, avec l'accompagnement des instruments redoublés, et il y a même des morceaux de musique à douze chœurs réels, tels que ceux de Ballabene et de Pittoni.
Comme nous l'avons fait observer dans l'article précédent, il arrive quelquefois au théâtre que deux ou trois chœurs se répondent alternativement.
CORON A = COURONNE, s. f. — (Voy. Fermata).
CORPO D^RMONIA = CORPS D'HARMONIE. —C'est ainsi qu'on appelle quelquefois un accord complet, tel que la triade ou accord parfait , l'accord de septième.
CORPO DI VOCE = CORPS DE VOIX. — Les voix humaines ont différents degrés de force et d'étendue. Le nombre de ces degrés, lorsqu'il s'agit de la force, se nomme corps de voix , et volume lorsqu'il s'agit de l'étendue. Ainsi de deux voix semblables qui forment le même son, celle-là aura plus de corps qui se fera entendre davantage et à une plus grande distance.
CORPO SONORO = CORPS SONORE.— On donne ce nom à tout corps qui rend ou peut rendre immédiatement un son. Il ne suit pas de cette définition que tout instrument de musique soit un corps sonore ; on ne doit appeler ainsi que la partie de l'instrument qui sonne elle-même , comme chaque corde dans un violon , violoncelle , etc. , sans laquelle il n'y aurait pas de son.
CORRETTO = CORRECT , adj. —Se dit de cette perfection qu'on apporte dans le travail d'un ouvrage, où l'on a suivi avec la plus grande exactitude possible toutes les règles de l'art, c'est-à-dire celles qui servent de base dans l'emploi des matériaux de l'art. Une composition musicale est correcte toutes les fois qu'on observe les règles prescrites par la mélodie et par l'harmonie. Dans une composition, le défaut de correction blesse le sentiment et l'oreille du connaisseur,