‹ Dictionnaire de musique; (volume 3)Chapitre 113 sur 183 · SOT · texte numérisé non relu

SOT

SORTITA =5: ENTRÉE, ê. f. (Vof. cc mot), -r- AcUon tf un peraonnage qui entre sur la scène. Il faut que la mnilqiie qui signale $on entrée soit d'une eouleur décidée, et présente de grands rapports avec le caractère du personnage que l'on attend; autrement c'est un contresens.

SOSPENSIONE== SUSPENSION,*, f. (Voy. RUardo). — Suspension se dit aussi quand on arrête le mouvement d'un morceau de musique, en interrompant le chant par un ou plusieurs silences, point d'arrêt, ou par ce qu'on appelle cadence suspend'ue.

SOSPIR0 = SOUPIR, *. m. — (Voy. Pauta).

SOSTENUTO {soutenu). — €e mot, qu'on sjoute à iargo ou à adagio^ marque une exécution d'un mouvement et d'un caractère laiiges et décidés.

SO'ITO « SOUS , prép. — (Voy. Sopra).

SOTTO DOMINANTE = SOUS DOMINANTE. — (Voy.

SOTTO MEDIANTE = SOUS MÉDIANTE. - (Voy. M^ (Liante)*

SOTTO VOCE. — Celte expression, écrite dans la mosique , correq)ond à peu près au mot italien piano, ou aux expressions françaises à demi-voix, k demi-jeu.

SOTTRAZIONE DE' RAPPORTI »: SOUSTRACTION DES RAPPORTS. — Au moyen de la soustraction des rapports des intervalles, on trouve la différence de deux intervalles, c'est-^-dire de combien un rapport est plus on moins grand qu'un autre. En retranchant, par exemple, du rapport de la quinte natnrelle(3 : 2), le rapport de la tierce mineure (5 d A)» on aura pour reste ou différence le rapport de la tierce mineure (6:5), attendu qu'une tierce majeure et une tierce mipeure font ensemble une quinte naturelle.

Voici comment on procède dans cette opération: on place les deux rapports l'un au dessous de l'autre, de manière à ce que le nombre le plus élevé du premier rapport et le nombre

le moins élevé du seooiid soient placés au preiplef rang; pu lire ensuite une ligne et Ton multiplie les nombres entre eux en mettant le produit aq dessous de la ligne ; ce produit réduit à ses nom)>Fes radicaux donnera le rsu[)port que roqt cherclie. Par exemple :

En retranchant de la quinte naturelle doêût==^ Z i% la tieioe mineure do ms «= A : 5

la dUTérence sera 6 :

; 5 tierce

Pioureanx exemples :

Octave <(o<(0 =

mineure.

Quinte do sot =

Reste la quarte $oldo =

Octave dodo =^ 2 : | Tierce majeure do mi =3 4 : 5

Reste la sixte mineure fnido= S : h

Ton msjeur ^9:8 Ton mineur = 9 : 10

Reste le comma syntonlque ==81 : 80

SPAGNA = ESPAGNE (notices historiques sur la musique en Espagne et en Portugal). — Ce furent les chanteurs et les danseurs de Bagdad qui répandirent la connaissance de la musique dans toutes les contrées qui avaient quelques re-^ lations avec TArabie. On rapporte que l'un de ces chanteun^ instruit dans la ville de Moussoul^ vint dans l'Andalousie sous le règne de Holon-Ren-Hecham-Ben-Abdorahman, qui l'accueillit avec distinction et l'accabla de présents. Formés par lui , une foule de chanteurs surgirent en Andalousie et survécurent à la dynastie des Omniades en Espagne.

A une époque postérieure à celle dont nous venons de

parler, les Gotbs apportèrent en Espagne leur poésie et lear musique, et, dans les prOTinces qu'ils subjuguèrent, elle se mêla avec les mélodies arabes. Leur musique nationale s'introduisit aussi dans les premières églises cftrétfettiies de cette contrée.

En 1068, sous Alexandre n, ou commença à faire usage du chant grégorien dans TAragon et dans la Catalogne. Les habitants manifestaient cependant plus de penchant pour le service religieux des Goths ; mais Grégohre YII réussit à persuader aux rois d'Aragon et de Gastille qu'il fallait l'abolir et le remplacer par le service romain. On dit que deux cbam* pions combattirent pour les deux liturgies, qui furent ensuite soumises à l'épreuve du feu. Celle des Romains fut consumée et celle des Goths demeura intacte ; cependant l'autorité du pape prévalut, et le chaut grégorien triompha avec la religion romaiue.

La réputation des chansons espagnoles est établie dans tout le monde civilisé; elles sont appelées par les habitants, can^ eûmes, romanzes et copias; les plus anciennes sont nommées Im copias (U la zaraéanda. Ce sont des chansons joyeuses qui roulent le plus souvent sur l'amour, et dont la musique est vive et légère. Leur origine remonte, dit-on, au xir siècle.

En Espagne , la musique tarda peu à être classée parmi les sciences. Dès le milieu du xir siècle, Alphonse, roi de Castille, créa une chaire de professeur de musique à l'université de Salainanqne. Ce prince lui-même cultivait la poésie et la miBique avec ardeur, n existe, dans la bibliothèque de Tolède « u» manuscrit qui contient des chansons écrites par lui et notées de sa main , avec des caractères de musique qui venaient de s'introduhre dans les écoles.

Dans les xn* et xv* siècles, les Espagnols eurent aussi leurs dccidorts OU troubadours. A la requête de Jean rs roi d'Aragon , deux troubadours furent envoyés du collège de Ton-

loose à BaFcelonne , où ils fondèreat iioe école de musique qui soMsta Jusqu'à la mort de Martin, successeur de Jean. Le marquis de Salnt-Sulllane (vulgairement appelé Sandllana) qui écrtrll un traité sur la poésie castillane veis 14&0, parle . avec éloge d'un ccmpositeur nommé don Jorge âaint-Sorde, de Valence, qui florissalt vers cette époque. Il cite aussi plusieurs autres musiciens , qqelqnes uns par leurs noms, et les autres par leurs ouvrages ou par les circonstances de leur vie.

Nous avons Uen peu de données certaines sur l'état de la musique en Espagne avant le xvr siècle ; ce qu'il y a de cer* tain 9 néanmoins , c'est qu'U se trouvait à la chapeUe du pape beaucoup de chanteurs et de compositeurs espagnob, ce qui fait présumer que l'art musical était cultivé avec succès dans leur pays.

Ce ftit an commencement du xviT siècle que le mélodrame fut introduit en Espagne par Lopes de Yega, Dans ce temps* )à les chanteurs placés derrière la scène chantaient des romanzessaifi» aucun accompagnement

Naharro de Tolède obligea les exécutants à sortir des couUsses et à 9e présenter devant le public. Berrio , l'un des restaurateurs du genre dramatique , augmenta l'orchestre de plusieurs instruments et redoubla leur nombre. Jean et François de la Gueva forent les premiers qui hitroduirirent l'usage de chanter dans les taitermèdes. Dans les premières années du règne de Philippe IIj on intercalait déjà des duos et des trios dans les comédies, et le mélodrame eût été connu beaucoup plus tôt en Espagne si d'abord la dévotion de Philippe m, et ensuite la préférence accordée aux comédies nationales, n'eussent dirigé vers un autre point Tattention du public Ce fut à cette époque que Galderon, Montalban, SoUs et plusieurs autres se distinguèrent en marchant sur les traces de Lopez de Vega, leur prédécesseur.

Le drame ne fut exécuté en Espagne que sous le règne de Charles IL A l'occasion du mariage de ce prince avec Mari^-^

Anne de Neuboarg , on représenta pour la prendère fois VArmiiU de Lulii. Peu de temps après des chanteurs Italiens furent appelés de Milan et de Naples; la musique Italienne » importée par eux en Sspa^ne» y a toq|ours été cultivée depuis cette époque. Les meilleurs chanteurs de l'Italie sont engagés chaque année pour le théâtre de Madrid. Barcelonne^ Séville, Malaga^ Gadix^ Sarragosae ont aussi leur opéra Italien.

La musique nationale eqMtgnole consiste dans les fandangoêy baUraa, êegutdiUas, UmadiUas et tiranas. Ces deux derniers ne se dansent pas; les autres se dansent et se chantent avec accompagnement de guitare , de castagnettes, eta En parlant de la musique espagnole 11 est impossible de ne pas faire aussi mention de la danse^

Les sayniHc^ sont une espèce d'hitermèdes très agréables qui commencent par un chœur et contiennent aussi des tona^ dillas. Les Espagnols ont en outre la zarzuHa, sorte de drame lyrique qui ressemble beaucoup à l'opéra-comique français.

La musique d'église est excellente en Espagne , mais son entretien coûte des sommes immenses. On a calculé que la seule dépense des cathédrales et des églises collégiales de l'Espagne s'élevait à 400,000 ducats avant la révolution, sans compter les gratifications accordées aux professeurs à chaque fête, ce qui, à Madrid seulement, coûte 20,000 pesas. .

Parmi les compositeurs de musique d'église on compte; Charles Patigno, Juan Noldan, Vincenzo Garcia, Mathias-Juan Viana (qu'on croit aussi l'inventeur de la basse continue), François Gherrero, Louis Vtttoria, Mathias Ruiz, Christophe Morales, Sébastien Duron, don Antoine Literes , don Joseph de San Giovanni , don Joseph Nebra, etc.

Vincenzo Martin estestimé comme compositeur lyrique, surtout pour les opéras : IdiCosaRara et VAibcro di Diana.

Les littérateurs espagnols qui ont écrit sur la musique sont peu nombreux. Oo distingue cependant Siodonis Hispalensis

(du vu* siècle) , Barthélémy Ramo de Pareja^ Âris ftarbosa^ François Salinas (le plus célèbre) ^ Dominique Marc Duran^ Antoine Exîmeno, Etienne Ârteaga^ Thomas Yriarte et quelques autres.

Parmi les compositeurs espagnols contemporains on remarque Doygnë, de Salamanqrie^ Nielfà^ de Madtld, Sor, Aguado et Ochoa, professeurs de gidtare i Gomls et Caitiicer, les seuls partni les Espagnols qui aient consacré leurs talents à des compositions dramatiques.

Le diant parait être inséparable de la nature d^uii Espagnol Ce peuple possède une oreille délicate^ et ses chansons simples et nalyes portent l'empreinte de son caractère et de la situation dans laquelle 11 se trouve. C'est par des chants que FEspagnol exprime ses senisatlons. Depuis Pelage Jusqu'à Blina, depuis la conquête de Grenade jusqu'au dernier moment de la sanglante lutte contre Fnsurpation française, l'habitant de l'Ibérie a souphré des chants d'amour^ ou bien, en marchant au combat, il entonnait des airs guerriers pour défier l'ennemi et célébrer sa victoire.

Il est bien peu d'Espagnols qui ne sachent joder de la guitare; à Madrid et dans les autres villes de l'Espagne, des Jeunes gens chantent le soir sous les fenêtres de leurs maitresses en s'accompagnant de cet instrument; et, dans les provinces, lorsqu'un artisan a fini sa Journée, il prend sa guitare et se rend sur la place publique où il se délasse de son travail en jouant des boléros et des seguidlllas.

Les paysans andalous, après avoir labouré leurs champs tout le Jour, se réunissent le soir, plaçant à leur tête l'orchestre , c'est-à-dire l'intniment national ; chaque personne de l'assemblée chante son couplet, toujours sur le même air. Quelquefois ils improvisent, et si quelqu'un est capable de chanter une romance, ce qui arrive fréquemment, on l'écoute dans un profond silence.

La musique des Portugais, dérivant de la même source,

.^02 St»0

participé de» qualités et desdéfiiuts delà musique espagnole. Ce peuple possède un grand nombre d'airs assez beaux et fort anciens ; ces airs nationaux sont les tadunes et les mo* dinhas. Ceux-ci ne ressemblent point aux airs des antres tiatioDs ; la modulation en est totit-à-fait originale. Les mélodies portugaises sont simples,' nobles et très expressives.

De Costa, ftanchi et Scbiopetta sont les meilleurs compo* siteurs portugais de Tépoque actuelle. Il y a à Lisbonne un opéra italien originairement établi par JomellL

SPASSAPENSIERO, «. m. = GUIMBARDE, s. f.— Instrument de fer avec une languette en acier qu'on fait vibrer avec la main, tenant l'instrument entre ses dents et produisant des sons avec le soufSe (yoy« l'art Aura).

SPAZIO ==» ESPACE, s. m. — Intervalle blanc ou distance qui se trouve entre les lignes de la portée musicale. Quand une note est placée au dessus ou au dessous de la portée, elle est considérée comme étant dans un espace, et de même si elle se trouve au dessus ou au dessous d'une ligne accessoire^

SPHERINSMOS. — Nome grec pour la flûte.

SPICGATO.— -Motitalien qui équivaut à«tooca^(V. cemot}^

SPINETTA = ÉPINETTE, $. f. — Espèce de petit clavecin qui n'est presque plus en usage, oii les cordes sont pincées par des morceaux de plume introduits dans les languettes des sautereaux. Cet instrument, qui en Angleterre s'appelle virginal, a une corde pour chaque touche et n'a qu'une étendue d'environ trois octaves.

SPIRITOSO (avec feu). — Ce mot italien, placé à la tête d'un morceau de musique, indique qu'il doit être exécuté avec un mouvement vif et un peu rapide^

SPONDAULES , «. m. pi. — Joueurs de llAte pendant les sacrifices.

SPONDEIASAiOS = SPONDÉASME, s. m. ~ Accident de l'ancienne musique grecque, qui élevait le son de troi» quarts de ton.

Page 1