‹ Dictionnaire de musique; (volume 3)Chapitre 131 sur 183 · TAR · texte numérisé non relu

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fait jQsqpi'à soixante ceufe qu'elle retient attachés à sa poitrine Jusqu'à ce qu'ils soient éclos. Le sont-ils, elle choie ses petits sous son ventre jusqu'à ce qu'ils soient assez forts pour marcher et pour travailler. Considérons maintenant les symptômes et la gnérison de la maladie qu'on attribue à la morsure de cet insecte.

Baglivi, célèbre médecin d'Italie , et professeur également célèbre en anatomie, à Rome, a donné un traité ou une dissertation très curieuse sur cette matière.

Il parle d'abord de deux femmes mordues par la tarentule. Nous ne parlons que 'de la prendère ; elle fût mordue dans une cave, mais elle ne sentit point cette morsure à l'instant, et elle revkit chez elle sans s'en être aperçue. L'après-midi , dit^U, il lui vint à la Jambe une petite tumeur, grosse comme une lentille, accompagnée de défaillance et d'une difficulté de respirer. Elle se jeta sur un lit et commença à trembler si fort que deux hommes vigoureux pouvaient à peine la tenir. Elle sentit ensuite une douleur aux mains et aux pieds. On alla chercher un médecin qui fit ouvrir la tumeur et employa quelques emplâtres. Ce remède n'opéra rien. La malade perdit l'usage de la langue ; elle éprouva une grande soif, du dégoût et un serrement de cœur. Tous ces symptômes se suc* cédaient dans l'espace de trois heures. Le père et la mère , soupçonnant d'abord que leur fiUe avait été mordue de la tarentule, envoyèrent chercher des musiciens, quoique la malade s'y opposât et qu'elle prétendit ne pouvoir pas danser à cause des douleurs vives qu'elle sentait aux pieds et aux mains. Cependant les musiciens arrivèrent et demandèrent à la malade de quelle couleur et de quelle grosseur était la tarentule dont elle avait été mordue, afin de pouvoir préluder dans un ton convenable. La malade répondit qu'elle ne savait pas si elle avait été mordue par une tarentule ou par un scorpion. Les musiciens > dans l'incertitude, essayèrent deux ou trois airs sans le moindre effet ; mais au quatrième la ma- TOMBn. 22

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la4e parut atteoUve. Elle soupira d'abord et fit quelques sauts. Ensoite elle commença à danser d'une manière si extrayagante et d'une telle force, qu'elle fut bientôt déllTrée de tout mal. Depuis cette guérison, ajoute BagliW» elle jouissait de la meilleure santé ; mais tous les ans, vers le temps de la morsure, elle avait de nouvelles attaques^ quoique plus faibles, qu'on guérissait de la même manière , par le moyen de la musique.

Ce célèbre médecin fait mention d'un paysan, lequel, ayant été mordu par le même insecte « employa contre cette morsure tous les topiques bnaginables et plusieurs remèdes intérieurs qui l'affaiblirent extrêmement. Dans le temps de sa plus grande faiblesse il demanda de la musique , et lorsqu'il l'eut entendue il travailla beaucoup des pieds et des mains; mais il ne put se relever ni danser. Il mourut quelque temps après , tandis qu'on lui faisait de la musique.

Le docteur Ricbard Mead, aussi célèbre que Baglivi par sa profonde érudition , vient à l'appui de ce dernier dans un essai particulier qu'il nous a donné sur la même matière, n convient cependant qu'il y a beaucoup d'impostures dans la maladie qu'on attribue à la tarentule, et qu'un grand nombre de mendiants , sous prétexte d'avoir été mordus par cet insecte , obtiennent d'abondantes aumônes, n ajoute qu'il se glisse souvent sous ce nom beaucoiq) d'accidents hystériques et d'autres symptômes inconnus. Malgré cela il ne nie point l'existence de cette maladie et de sa cause, et il dit formelle-ment qu'il n^est pas croyable qu'une maladie qui n'aurait jamais existé pût être regardée conune réelle.

Malgré l'opinion de Baglivi, de Richard Mead et d'un grand nombre d'auteurs anciens qui ont écrit sur le tarenUsme, on ne croit plus maintenant à l'origine de cette maladie; on a même recherché si l'affection elle-*même n'était pas une fable, comme sa cause productrice. Les uns n'ont vu dans le tarentisme qu'une maladie nerveuse, mentale , produite par l'ar-

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