‹ Dictionnaire de musique; (volume 3)Chapitre 168 sur 183 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

gaments supérieurs de la glotte , en renfermaut Tair respiré dans ses cliambres, non seulement se tendent ^ mais encore se rapprochent Tun de l'autre, et resserrent en même temps la glotte.

Il y a cependant un auteur dont la théorie est opposée à celle de Ferrein. D soutient que la tension et le relâchement des ligaments inférieurs de la glotte qui , selon lui , constituent Forgane propre de la voix , influent seulement sur son acuité et sa gravité, en tant qu'ils resserrent ou dilatent la glotte, mais non pas à la façon des cordes (puisque l'augmentation de tension de ces Ugaments abaisse le son en agrandissant la glotte i et réciproquement, et suit par conséquent des lois opposées à celle de la corde), mais à proportion de la i^us ou moins grande ampleur ou capacité qu'ils font prendre à la glotte. La vibration de ces ligaments n'est donc pas la cause, mais l'effet de la voix.

D'autres pensent que l'acuité de la voix n'est pas la conséquence de la contraction de la glotte , mais que l'une et l'autre sont la conséquence de la plus grande tension des ligaments, qui produit des vibrations plus rapides, non cependant dans le sens de Ferrein, à la manière des cordes libres vibrantes, mais à raison du rapide échange de contact et d'éloignement entre les ligaments. *

4° L'expérience nous apprend qu'en donnant plus de vitesse au volume de vent qui anime la flûte, on obtient un son plus aigu. On observe le même effet lorsque le vent souflle à travers les fentes des portes et des fenêtres; selon qu'il y passe avec plus ou mohis de violence, il rend un son plus aigu on plus grave. La même chose a lieu dans l'organe de la voix-

" G. Weber» en rejetant la comparaison de la voii avec les instrumenls à vent, par la raison qa*on ne peut expliquer comment est produit le do défasse de huit pieds, pense qu'elle agit an moyen de petites lames ou mein> branes de la glotte, à peu prés comme les tuyaux A anches dans Torgue.

humaine , dans lequel Taîr peut être à volonté chassé par la glotte plus rapidement ou plus lentement

L'intensité de la voix dépend d'une poitrine développée, de poumons larges , de la force des muscles travaillant à la respiration^ et particulièrement des muscles du ventre. £lie dépend encore de la largeur et de l'élasticité de la trachéeartère, de la force et de FélasticUé du larynx et des ligaments de la glotte , non moins que de la grande cavité du larynx » du nez et de la bouche, qui donne à la voix plus de force par la résonnance. De là on comprend facilement pourquoi les femmes et les enfants ont en général la voix plus faible que les hommes, et pourquoi les maîtres de chant recommandent à leurs élèves de bien ouvrir la bouche*

La qualité et l'agrément de la voix dépendent: i* de l'humidité convenable et de l'onctuosité de la trachée, du larynx, de la bouche et du nez ; car, en parlant trop, le larynx devient sec et la voix rauqne ; 2* de la flexibilité et de l'élasticité des muscles, des cartilages et de toutes les parties de l'organe de la voix; voilà pourquoi la voix est plus agréable dans la jeunesse que dans la vieillesse ; S"" d'une Juste proportion des parties de l'organe de la voix ; ainsi, dans le gonflement des glandes, dans le rhume, dans les maux de gorge, la voix éprouve subitement un changement, comme lorsque la luette est mal conformée, ou dans d'autres dérangements d'organisation.

Nos devanciers, fort prodigues de divisions dans la musique en général, le furent aussi pour la voix, sans avoir égard à la chose principale. Ainsi, par exemple, le chanoine Berardi, dans sa MUctUanea muncaU, Bologne, 1689, donne la division suivante de la voix : sonore et parfaite, flexible , de poitrine, de tête, inégale, épaisse, voix quimonte, qui baisse, faible, dure, âpre, mystique, voix de plusieurs registres, voix de bœuf, nasale , qui chevrotte, voix obtuse et gutturale, et enfin voix fausse et mal organisée.

On pourrait diviser la voix : 1" relativement ans quatre principales voix de Thomme, en voix de soprano y û!alto, de ténor et de hasst. Celte division ^ adoptée anciennement , l'est encore ai^yourd'hui pour dijOTérents instruments de musique^ relativement à leurs dimensions^ comme on a pu l'observer dans les articles qui traitent de chacun de ces instruments ; 2° relativement au registre^ en voix de poitrine , de têtCj et même du médium, comme le veulent quelques uns (Voy. Registro) ; 3" relativement à sa qualité en voix bonne, c'est-à-dire claire^ sonore ou argentine^ pleine, juste^ agile, flexible, vigoureuse, forte, agréable, douce, souple, riche« étendue, etc., et au contraire en voix mauvaise, c'est-à-dire faible, mince, criarde, trop forte, nasillarde^ gutturale, lourde, voilée , etc.; un son de voix voilée donne cependant quelquefois de la grâce au chant déclamatoire ; à" relativement à son acuité et à sa gravité en voix grave, moyenne, aiguë.

Quelques auteurs distinguent dans la voix : 1* le crt on voix native; T la voia; proprement dite ou voix acquise, voix sociale; o" la parole ou voix articulée; tc le chant ou voix modulée et appréciable. La parole et le chant ne sont que des modifications de la voix sociale.

La voix humaine est le plus beau moyen d'exécution que possède la musique. Les instruments ne servent qu'à l'imiter ou à l'accompagner. Semblables « pour ainsi dire> aux esclaves qui précèdent ou suivent leurs maîtres, les instruments ne font entendre leurs accents sur le théâtre que pour annoncer le chanteur et lui servir de cortège.

Chaque espèce de voix ayant une quantité propre , eUes fournissent au compositeur les moyens de varier les effets; la chose essentielle est de ne point les forcer en les jetant hors de leur étendue naturelle. A la richesse des moyens, aux ressources de la science et du travail se joint encore, chez certains individus, la magie d'une remarquable sonorité

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