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jMde. De toat cela il rémlte cpie la mélodie constltaé la partie essentielle de toute composition musicale, et que rbarmonie, quels que soient ses avantages et ses qualités, lui est toujours subordonnée.
La mélodie appartient tout entière à Timagination; eUe est le résultat d'une heureuse inspiration, mais elle n'exclut pas loi^urs le calcuL Nous en avons des exemples dans les canons, dans les fugues et dans plusieurs morceaux d'une conduite très régulière; il faut cependant avouer que les hommes de génie peuventse passer de ce calcul qui leur est tellement naturel, qu'il est, pour ainsi dire, le compagnon de l'inspiration.
Avec de l'imagination et du goût, tout homme peut former des mélodies. Le laboureur, le pâtre, le gondolier chantent des airs qu'ils composent quelquefois à l'instant même. Dans ces mélodies irrégulières et peu variées, on rencontre souvent des traits de caractère, des tours originaux, des passages dont le charme frappe si vivement le musicien qu'il s'empresse de les recueillir. Les campagnes et les forêts, les montagnes et les eaux ont leur compositeur; les airs napolitains , vénitiens, provençaux, espagnols, écossais, tyroliens, helvétiens, russes, morlaques, ont presque tous été trouvés par de rustiques chanteurs. Il n'est cependant pas de pays auquel la mélodie soit aussi naturelle qu'en Italie. Favorisés par une langue qui est toute mélodie et par un beau climat qui influe puissamment sur l'organe de la voix, tous les Italiens chantait en général; il n'est donc pas étonnant qu'en musique ils apprécient la mélodie plus que tout autre chose.
Cette faculté de créer ne s'étend pourtant pas au-delà du cercle rétréci de la romance et du petit air. Celui qui compose d'instinct serait aussi embarrassé dans la conduite de ces mélodies et dans les diverses modulations qu'exige un cadre plus étendu, que s'il s'agissait de les ajuster sur une harmonie régulière; la modulation appartient déjà à Fart; l'harmonie est toute dans son domaine. L'oreille peut faire
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deviner la première ; la secûnde est un niyslère imféttttraUe à celai qui n'est point initié à la science.
La mélodie est, à proprement parler, le discours musIcaL Chaque partie a sa mélodie, son chant ou son discours à part, qui concourt selon ses moyens à Teffet du discours principal , que Ton nomme le chant, qu'on place ordinairement au dessus des accompas^ements. Il est pourtant des cas où ce chant non seulement passe tour à tour d'une voix ou d'un instrument à un autre , mais où il est placé au dessous des iostru*ments, comme dans la voix de basse.
La mélodie concourt avec l'harmonie à tous les effets de la musique, et la réunion de ces deux pulssanees musicales forme l'objet de la composiUon.
Les successions mélodieuses des sons diflèrent : 1* par rapport à leur acuité ou gravité; 2* par rappwt au Um (V. les articles Coior de' Su&ni et Temperamento) ; 3* par rapport aux taitervalles rapprochés ou étendus, ou procédant pardegré conjoint ou par saut ; 4" par rapport à l'émission forte ou faible du son , et 5* par rapport au lié on détaché des sons successife, etc. La joie et l'allégresse s'expriment par des sons plutôt aigus que graves, tandis que la tristesse et l'aflUction s'expriment au contraire par des sons plutôt graves qu'aigus: les premières aiment de préférence le mode majeur, les secondes le mode mineur; les premières marchent par saut, les secondes par degré conjoint ; enfin la joie et l'allégresse s'expriment d'une voix forte et joyeuse, la tristesse et l'alHction d'une voix faible et plaintive, etc.
À l'artide Grammaire nous avons indiqué les parties de la composition qui appartiennent à la mélodie.
MELODIGA ,ê.f. — Instrument à clavier, dans la forme d'un clavecin, avec un jeu de flûte et une étendue qui arrivait dans les sons graves jusqu'au «o<, clé de violon deuxième ligne. La melodica a été inventée dans la seconde moitié du xvin* siècle, par Jean André Stein, d'Augsbourg.
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MBLODIGON5 «.m. — Instrument à davier, inventé par le mécanicien Pierre Rlefltelsen, à Copenhague. Le son était pro*dnit dans cet instrument par le frottement de pointes métalliques sur un cylindre d'ader.
Un autre instrument» entièrement composé ûediapoêOTiê et inventé antérieurement par le même Rieffelsen^ a servi d'origine au meiodican.
MÉLODION, s. m. — Instrument inventé par M. Diez en Allemagne. Le mélodion a la forme d'un petit piano, long de quatre pieds à peu près , et sur deux pieds de largeur et de profondeur ; ayant , comme un harmonica^ des pédales qui servent à faire mouvoir une roue. On en tire des sons par le frottement de petits bâtons en métal, posés perpendiculai*rement et successivement comme an piano. Chaque son en a un muni d'un ressort; en enfonçant la touche, on fait vibrer le ressort qui touche au cylindre.
Cet instrument imite très bien la plupart des instruments à vent, tels que la flûte, la clarinette, le cor de basset, le basson, et on l'adopte comme l'harmonica, pour les morceaux de musique à expression tendre , parce qu'il fait sentir aussi les plus imperceptibles degrés du forte, du piano , du crescendo, du diminuendo , du staccato , etc.
MELODÏOSO = MÉLODIEUX, adj. - Ce qui a de la mélodie. Ordinairement on dit cela des cantUènes douces et agréables, des voix sonores, etc. Quelquefois on donne cette épithète à ce qui est harmonieux , et vice ve^sd on donne cette dernière expression à ce qui est méiodieux. On fait, également abus des deux mots mélodie et harmonie, et cet abus est ordinaire aux poètes.
MELODISTA = MÉLODISTE, s. des 2 genres. — Compositeur doué naturellement du talent d'hiventer de belles mélodies , ou amateur passionné de mélodies.
Le plus fécond mélodiste ne fera jamais rien de bien sans l'harmonie. L'harmoniste, dépourvu de la faculté d'i-
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maipiner» ne mérite pas non plus , à proprement parler^ le nom de compositeur ; mais un seul moment d'inspiration, et un seul morceau écrit dans ce moment , où la suavité de sa mélodie est accompagnée d'une savante harmonie» le placera bientôt au rang des premiers maîtres de cliant.
MELODRÀMMA = MÉLODRAME, s. m. — Genre de spectacle où, à la déclamation simple soit en vers ou en prose , on a joint du accompagnement de musique instrumentale, qui contribue à renforcer l'expression des sentiments renfermés dans le drame. On l'appelle manodrame, s'û n'y a qu'un interlocuteur; duadrame, s'il y en a deux. On attribue à Rousseau l'invention du mélodrame moderne, n est douteux que ce genre de musique puisse avoir un mé*rite esthétique; cependant il semble devoir produire de l'effet dans certaines situations.
MELOFÂRO = MÉLOPHÂRE , s. m. — Fanal à trois , quatre ou six petites fenêtres à grillages, auxquelles au lieu de verres on met des feuilles de papier où est écrit de la musique. Le mélophare est monté sur un grand pied comme un pupitre; la lumière étant renfermée au milieu et frappant l'œil à travers les feuilles de papier, procure la facilité à chaque exécutant de lire sa partie lorsqu'il fait noir. Les mélophares servent pour les sérénades : comme les morceaux que l'on y joue sont fort courts, chaque feuille en contient plusieurs de caractères différents, arrangés de manière à former un petit concert nocturne. On change la feuille de papier à chaque sérénade. Il est essentiel de choisir un papier fort et rayé avec de l'encre très noire. On écrit d'un seul côté, que l'on humecte ensuite avec de l'huile.
On veut que le mélophare ou fanal ait été inventé en Provence: il est certain qu'U y a été perfectionné par les amateurs de musique, et qu'en France on s'en sert beaucoup dans les belles nuits d'été.
BIBLÔMâNIA = MÉLOHANIE, 9. f. -- Manie, passion excessive pour la mnsiqpe.
MELOMANIAGO = AIÉLOMANE, s. m. — Celui qui a cette passion pour la musique.
MBLOP£A= MÉLOPÉE yi.f. — (V. Fart Grtci antichi.)
MELOPLASTO = MÉLOPLASTE % ». m. — Tableau composé des dnq lignes de la portée avec quelques lignes additionnelles au dessus et au dessous. €e tableau, sur lequel le professeur de musique promène une baguette terminée par une petite boule, sert à représenter, par une notation mobile, des cbants qui sont chantés par les élèves au fur et à mesure que la baguette leur indique de nouveaux sons, ce • qui les dispense d'apprendre à lire les signes ordinaires de la musique, de connattre les clés et tous les accessoires de la muHiqQe écrite. Cette métbode de méloplaste a été inventée vers 1817, par Pierre Galin, de Bordeaux.
MELOS. — Gantilène, ebant doux.
MELOS ORGANIGUM. — Sonate.
MENATZACH. — Nom hébraïque de celui qui dirigeait la musique.
MESfESTRKRI«sMÉN£STfUSLS. — Les premières nattons chrétiennes de l'Europe avaient, en outre du chant sacré, une espèce de musique prolame Aécntée presque exclusivemrat par une classe spéciale d'hommes qui probablement tirent teur orlgkie des anciens bardes, ou des comédiens latins, dont l'occupation était à peu près la même. Ceux qui composaient cet ordre de musiciens ou ménestrels, s'en allaient errants, n'ayant pas de lieu fixe, de cité en cité, de château en château, en troupe plus ou moins considérable, avec leurs femmes et leurs enfants, tâchant partout d'amuser les grands et les riches par des éloges , les femmes vaines par des flatteries, et la basse classe du peuple par des bouffonneries.
Cette espèce de tribu était répandue dans toute l'Europe.
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Bn ÀUemagiie on les appelait SfpMUnu ( jomems) ; en Angleterre Minestrets ; en France on leur donnait le nom de trou/vèrcê, traubad&urs, romanciers 9 conteurs, chan^ teur^, jongleurs, ménestriers , selon les diverses occupations qu'ils avaient embrassées» On parie seulement ici de ce qui a rapport à la musique.
Celui qui voulait dans ce temps-tà être un liabile ménestrel, devait être à même de faire le récit des événements en langue romane et latine, savoir et chanter par coeur une grande quantité de chansons appelées Lais et jouer de plnsieurs instruments alors en usage. On distinguait les chansons de gesu ou héroïques, les romans d' aventures , où Ton chantait les Isdts mémorables des chevaliers errants; les plus en usage étaient cependant les iais , ou chansons sur des sujets gais, tristes, héroïques ou pieux, toujours accompagnés de laharpe.
Les Rotruenges étaient une espèce de chansons que Ton chantait en ronde et s'accompagnant de la rote. Les servant- Uns ou sirventes, étaient des chansons historiques, et les pastourelles roulaient sur des sujets champêtres.
Les ménestrels .avaient, outre la harpe, une grande quantité d'autres instruments dont on se servait dans les grandes occasions, et quand ils étaient appelés à la cour cfaes les grands ou chez les riches, ties instruments, tels que la vielle, lamii«e, la chiphonie, la gigue, Varmonie, le sai^ teireeilai rote, se trouvent mentionnés dansiesvers suivants:
Ge (Je) sa! Juglere (Jouer) de viéle,' Si sai de mase et de frestelo , Et de harpe et de chiphonie , De la gigoe, de rarmooie , £t el (du) saltelre. et en la rote.
Plusieurs de ces noms, comme gigue, armonie, ne semblent pas désigner des instruments de musique. La g^ue est, d'après les plus anciens vocabulaires français, une danse exécutée sur la corde; Varnumie semble aussi indiquer tout
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autre cliose qu'un instroment (Voy. Hawkins^ Hist. of Mus* y vol. II9 pag. î8A). Quelques nus croient que la gigue est une espèce de flûte. Le dictionnaire italien de la Crusca le dépeint conïme un instrument à cordes. Il y a des auteurs qui donnent au mot viéte la signification de notre violon moderne» ce qui n'est pas très vraisemblable « car en France l'instrument secondaire qui porte ce nom , se joue par le moyen de touches et d'une roue en guise d'archet
Le mot rote ou roctay rotta parait avoir parmi tous les autres une plus ample signification. Tantôt on donna ce nom au p9a4$érion, tantôt à un instrument à clochettes, tantôt à un canon (Voy. V^riïcle Armonia). Enfin on l'employait aussi comme diminutif pour désigner une espèce de chant en l'honneur de la naissance que Ton appelait encore au commencement du xvn"* siècle rotuiœ.
La muse est le même instrument que les paysans nomment cornemuse ou musette. On croit que le mot frestete, ou fretci ou frétiau, est la flûte pastorale formée de sept roseaux. On ne sait pas d'une manière certaine ce ^ue c'était que la ehiph&nie, cyffonie, symphonie, etc. Les anciens entendent par le mot symphonie une espèce de tambour, quelquefois la lyre, le sistre, la trompette. Les instruments dont nous venons de parler, employés par les ménestrels, sont en petit nombre en comparaison de ceux dont les anciens écrivains et les poètes du moyen-âge parlent dans leurs ouvrages. Ducange cite encore ceux qui suivent, d'après un ancien poète français appelé Molinet :
Tobes . taboors , tympans et trompettes , Lacs etorgacttes, harpes, psaltérions.
Bedons, clarons . cloquettes et sonnettes , Cors et musettes, symphonies doucettes , Chansonnettes et manicordes. etc.
Mais c'est dans un poème du moyen-âge que Ton trouve la nomenclature la plus considérable d'instruments de musique.
Od le conserve à la UbUothèque royale de Paris parmi, les manuscrits, n*" 7221, foL 75 ; 11 renferme la description d'oa concert complet Cette description imprimée dans iea poéries du Ray de Navarre, 1. 1, p. 229, est dans Tordre qui suit :
Car Je yig tout en un cerne
Viole, riibèbe, gulterne ,
Ueninorache, le micanion»
Ci tôle et psaltérion ,
Harpes , taboors, trompes . nacaires.
Orgnes, cornes plus de dh paires .
Cornemuse, flajos et ehevretlts»
Doucelnes, simbales, clochettes,
T7mb^e , la flaoste brehalgoe ,
Et le Rrant cornet d*AIIemaigne,
FliÛos de saus, fistule, pipe ,
Muse d* Aussay, trompe petite ,
Buisines , èles, monocorde.
Où il D*j a qu*UDe seule corde.
Et muse de blet tout ensemble;
Et certainement 11 me semble
Qu'oncques mats tèle mélodie
Ke fenst oocqnes veue ne o je ;
Car chascun d'eus ( des musiciens ) , selon Taccort
De son Instrument sans descort ,
Viole, guiteme. citole,
Harpe , trompe, corne, flajolc.
Pipe, souffle, muse, naqualre,
Taboure, et quanqae on puet faire
De dois, de penne et de l'archet ,
Ois et vis en ce porchet.
En supposant que les mélodies de ce temps ne fussent qu'un plaln-chant grégorien , sans harmonie aucune, quel concert devaient former tous ces instruments?
Au reste, les ménestrels furent méprisés partout, soit à cause de leur vie errante, soit parce qu'ils se réunissaient souvent à des charlatans de toute espèce , dont les talents, loin d'être nobles , n'étaient même bons à rien d'utile. £n Allemagne, l'église les excommunia et les lois les déclarèrent
ittégithnes et tuDEfames; leurs enftmts ne pouvaient apprendre aucun métier, étant regardé» comme des biltardsw Diiinsles autres pays de l'Europe, surtout enFranee^ib eurent pendant hpsf^temps le même sort. Les hommes les accueilltrent partout , mais toujours ils furent persécutés par les> lois et traités comme les gens les pflt«s méprisables; tel fut leur sort tant qu'Us menèrent une vie de désordres et qu'ils avilirent la noblessje de leur art en l'associant à d'infâmes mi&Uers: cependant les progresse la musique allant toijems croissant , le goût étant devenu plus délicat, on diercha des plaisirs qui le satisfissent^ auàsl s'opéra-Ml peu à peu une grande réforme; Les ménestrels, voyant que cette vie errante était un -obstacle au perfeclionneitient de lemr art, prireM des demeures fiies, se ménagèrent les loisirs de perfection-^ ner leur talent Ils ne tardèrent pas.à s'apercevoir, en de^ venant plus babiles , combien il était absurde de profaner la musique en la mêlant à des plaisanteries et aux bouflbnerles des cÉKirlatans; la persuasion de l'incompatibilité de choses si hétérogènes produisit une scission complète. Les ménes-^ trels firent place & des artistes jcmant de toutes sortes d'instruments, qui, ayant adopté un genre de vi)e commmv^ fiirent employés soit pour la musique d'église ^ soit dans les fêtes pnbttques et les dans^. Les charlatans firent remplacés aissi pardespoètesquin'att^gnireiitpastoutde^uitfela perfection, mais ouvrirent la voie à une poésie vraie et parfaite. Voilà de quelle manière/Ces deux arts sublimes ont été tirés de la fimge où ils croupissaient, et se sont élevés à un barit point de perfeetion; grâce au génie des hottunes^ entre les mains desquels ils tombèrent , ils ne servirent plus de passe-temps à la multitude seulement , mais on les destina à procurer les plus agréables Jouissances de l'esprit et du cœur. De là se sont forufées les classes de vrais poètes, e'est«ài<lirs lès tribus ou compagnies de musiciens, ée poètes erotiques^ chevaleresques, etc. ,etc. Ces corps demu^ctenscommëncèteht k
TOlffB II. il