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Il est Bécesiaire d'établir dans la musique une aatre espèce de divisioii^ qui distingue la musiqae voeaU de la musique instrumentâtes que les ancleiis Grecs disUngnaient par les
mots fAtXOÇ et |C£f AOf KAt XO'yOÇ.
Nous consignons d-dessous, par ordre alpliabétique, plusieurs termes de musique consacrés par Tusagé :
Musique eh&raU (musica corale). — (Y. Ca/nto caraie, tnusica fyvrata).
Musique de éai (musica da ballo). *- Nom général que Ton donne à cette espèce de musique destinée à aid^ mer les pas et les mouvements du danseur. La musique de bal est divisée en musique de danse de société et de danse de théâtre qui ont chacune leur caractère propre ; les airs de la première se nomment contredanses', etc. ; ceux de la seconde, ballets, et servent aux pantomimes. Nous avons parlé de cette dernière à Farticle Baiiety et des autres airs de danses dans différents articles séparés.
Musique de chambre (musica di caméra). — La musique de ciiambre proprement dite, est celle que l'on exécute dans les cours, aux fêtes de famille des princes. Autrefois on admettait à entendre cette sorte de musique , non seulement les personnes attachées à la cour, mais encore les étrangers. A présent ces exécutions sont nommées coHoerts de cour, et par les expressions muêiqtie de chambre on entend les morceaux desttaiés à éire exécutés dans une salle de concert , tels que les sfi^m^honies, les concertas, les quatuors, les sonates, les airs âdtachés, les noetumes, les fantaisies, les cano0is, les variaHons, les soios pour divers instruments, ete.
Musique d*égiise (musica da cMesa]. ^ Les messes, tes graduels, les antiennes, les offeritrtres, les psamnes, tes moMB, etc., et même certains oratorios, composent ee qae Ton appelle la musique sacrée ou d'église. Elle est destinée à manifester Tadmiratlon et & célébrer les
louanges dues à la sagesse^ à la tovie puissance et à la bonté de Dieu.
La musique d'église n'a la phyatoi^oniie qui M est propre qu'aux conditions suivantes : l"" il faut que le cbant y domine et soit toiQoars simple, grave et dépouillé de tout ornement frivcde ; comme le caractère y triste ou gai , en doit toujours être noble, on aura soin d'éviter dans cette sorte de compo*sition les figures propresii la musique de danse. 2*L'karmonie en doit être combinée de manière à prodwe des effete nobles, solennels 5 sublimes; les transitions y seront rapides et propres à imprimer la surprise ; les digressions fortes ne pourront avoir lieu que dans le cas où les contrastes frappants se trouveraient dans le texte, et alors elles devront être empreinles d'une vigueur correspondante. Le style lié est celui qui con*vient le mieux à la musique sacrée, par le double caraotdte de variété et de gravité dont il est marqué; il doit donc y régner de préférence. Les choeurs et les morceaux à plusieurs voix seront d'un effet d'autant plus agréable qu'on y aura mieux traité le contrepoint dont la f^igue forme la partie ivi plus intéressante (Voy. Fuga), 5* Le chant doit être simple, dépourvu de passages difficiles et recherchés ainsi que d'i*nuUles ornements. Ix* L'instrumentation doit être assortie au caractère de la musique qu'elle est destinée à accompagner; ainsi elle sera brillante lorsqu'elle exprimera la joie, bien que toujours sérieuse, moins vive lorsqu'elle peindra la tristesse.
Essayons maintenant d'établir un parallèle entre la musique d'église et la musique de théâtre : i* le mjêê de là première est générai , puisqu'elle exprime les sentiments de la multitude réunie dans le temple, tandis que celui de la seconde est relatif aux senthnents particuliers quifbnt le sujet d'une scène. 2"* Vobju de la musique sacrée porte le camo* tère de l'infini , c'est la divinité elle-même; celui de la rau*slque de théâtre est l'homme selon ses qualités et ses actions;
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s* Leéut de la mu^ue sacrée est de concentrer tous tes sentiments des fidèles en un seul, la piété ; aussi les mouyements lents 9 la musique artifieiclU et tout ce qui peut porter à la méditation , en forment la base ; la musique profane , au contraire, a pour but de produire une variété de sentiments qui lui permet de traiter avec plus de liberté les mélodies et les rbytbmes.
Musique des sphères ou Harmonie des sphères (musica délie sfere o armonia délie sfere). — L'antique école pytagoriqne enseignait que les corps célestes avaient la propriété de produire entre eux une sorte d'harmonie musicale; c'est d'après cela que les poètes de nos jours se servent encore de cette expression quand ils veulent parier de Tordre et de l'harmonie qui r^ent dans l'univers.
Musique d'hamumie (musica d'armonia). — (Yoy. Musica islrumentaie)»
Musica ficta. — (Voy. Fa fictum). Tinctor explique ainsi cette expression : Ficta musica est caoïtus pr&pter regutarem manus traditiatum asditus.
Musique figurée (musica flgurata). — La musique figurée est composée de notes diflérentes les unes des autres par leur valeur et leur mouvement y au lieu que la musique chorale procède par notes de valeurs homogènes.
La musique figurée fut inventée dans le siècle de Guido (Voy; l'art Note). Auparavant on observait les syllabes loq* gués et brèves, et la longue durait dans le chant deux fois le temps que durait la brève. Par suite de l'invention des valeurs différentes, la musique secoua le joug de la poésie et de la prosodie, et devint un art indépendant, propre à exprimer les sentiments de l'ame.
Musique instrumentaie ( musica istrumentale ). — On appelle ainsi les compositions musicales destinées à être exécutées par des instruments de musique , quels qu'Us soient; on appelle ordinairement musique d'harmonie
celle qui doit être Jouée par des instnuneiitsà veat, teisqne hautbois, clarinettes, bassons et cors.
Musique militaire (musica militare).. — Le but prindpai
de la musique uiilitaire est d'exciter lliéroîsmc du guerrier.
Sa pcrfecUon consiste à être: 1' populaire^ parce qu'elle t^t desUnée particulièrement i% des oreUles peu musicales; T sM€nf%f4it^ et pour cela elle demande des înstrumeuts à vent ou de percussion dont le son soit fort et édatant ; y wnrquét par un r4ît/thme fortetnent acctnlné^ l\*£mn* posil'c dans des UnM hrUimts, tels que mi, mi [7, do^ r*i, etc.
Musique- tuitionatc (musica nazjonale), — On qualifie ainsi la musique propre aux dilTérentes nations ; chacune a des caractères qui la distinguent de celles des autres nations (Voy. les art. Cantott Canzouc), A rarilcle iS^iï^a (école) nous parlerons particulièrement de ce qui distingue et caractérise la musique rrançajse,. ia musique Italienne et ta musique allemande.
Musique ûtffaniqut (musica orga nie a). — SignlOait autrefois musique inst ruai eu taie*
Mttsîjjuc thmtiude (musica teatrale ). — Elle comprend les opérai et les orato^ri&s^ ainsi que les différentes parties qui les composent, telles que les ouvertures, le» récilaLifs, les airs, les duos, les trios, les quatuors, eic*
Mu&ique. vocale (musica vocale), — Cesl celle à laquelle sont appliquées les paroles que Ton prononce en chantant , ce qui constitue la ditTérence qui existe entre cette musique et la musique instrumentale. Et c'est en raisond'une telle différence, que les Grecs distinguaient la musique vocale par les expressions jUiAo^ ao^i xoyu (chant et parole) , comme nous l' avons déJA dit en parlant de la musique pratiqtie*
L'auteur qui compose de la musique vocale ne peut paSt comme le compositeur de musique instnimenLile, s'abandonner aux élans de son imagination créatrice; il doit en sulïonlonner la vivacité à la poésie q\u sert rie hase à sa com- TOME II. 7
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posttiOD 5 et^ en outre, posséder parfaitement la langue dans laquelle est écrite cette poésie, en connaître ia prosodie, la déclamation, afin qulnstruit de la nature des sentiments et des moyens par lesquels ils sont exprimés, il soit mieux à même de choisir le ton, le rhythme,la mesure et l'accompagnement convenable à l'expression de ces sentiments. Il doit faire attention à ne pas répéter ou transposer inutilement les paroles avant que la période soit terminée, à moins qu'une raison impérieuse ne l'exige.
MUSIGA A GOLPI DI CANONS »- MUSIQUE A COUPS DE CANON. * — L'emploi du canon, canonnant en musique, date de 1788.
Ce fût un Italien qui, le premier, tenta cette innovation. C'est le célèbre Sarti qui réclame l'honneur des concerts pyrotechniques. Appelé, en 178^, à Saint-Pétersbourg, en qualité de maître de chapelle, il y organisa un orchestre formidable pour donner à sou bénéfice un grand concert spirituel. Mais ce fut surtout en 1788, lors de la fête célébrée pour la prise d'Okzakow qu'il dépassa tout ce qu'on avait entendu dans la capitale du Nord. Il composa un grand Te Dêum qui fût exécuté dans le château hnpérial par une nombreuse réunion de chanteurs et d'instrumentistes, auxquels se joignit un orchestre de cors russes. Pour augmenter l'elTet de cette musique grandiose, Sarti fit placer dans la cour du chât^u des canons de dilTérents calibres, dont les coups, tirés en mesure à des intervalles donnés, formaient la basse de certains morceaux.
Cette musique étrange, on le pense bien, fit du bndt et trouva de l'écho en Allemagne, où Charles Stamitz, célèbre par son talent sur l'alto et la viole d'amour, exécuta, à Nurenberg, une grande musique vocale et instrumentale de sa
* Ajouté par le Traducteur.