‹ Dictionnaire de musique; (volume 3)Chapitre 50 sur 183 · ORG IM · texte numérisé non relu

ORG IM

pi^ts, dd le lais8€ff s'ôebapper par d«ft owertores plus oÉ màas grandes, et de le diriger à voloalé.

Quoi donc, de pins naturel que d'a^^ cberolié à faire l'essai de ce moyen sur plusleors tuyaosi rénnis. D'abord on commença par se servir d'une outre en peau, conteiiant une certaine quantité d'air que la pression, du Iwaa poussait dans les tuyaux ; mais de cette manière l'air s'introduisait à la fois dans tous les tuyaux, et les faisant résonner en. même temps^ il n'y avait pas d'autre parti à prendre, pour éviter cet inconvénient, que d'employer un seul tuyau, disposé de manière à produire les mêmes sons que l'on obtenait avec un plus graad nombre de tuyaux. On n'ignorait pas qu'un tuyau plus long donne un son plus grave que celui qui est i^ court, et on découvrit en outre que l'on pouvait obtenir les mêmes effets en faisait plusieurs trous au même tuyau, qui, bouchés ayec les doigts ou ouverts, donnent autant de sons différents qu'il y a de trous. Ce tuyau avec des trous s'adapta donc à l'outre de peau, et à l'aide de la pression du bras pour tn faire sortir l'air, et du jeu des doigts pour ouvrir ou fermer les trous, on inyenta cet instrument, connu de tous les peuples anciens et modernes, appelé ecrtufmue, en italien ftiva, en latin tibia uiriemiariê.

. Gett€ première découverte faite, et arrivée à ce pcKint de perfecttqn, iln'y avait pas loin de là àl'invention d'une eq^èce d^instromftnt qui ressemblât à un orgue. On pouHndttransfor-* mer l'outre de peau en une caisse en bois, laisser de nouveau les tro«fi et revenir à la première disposil&on du chalumeau de Psin ; on pouvait percera caisse à l'endroit oii l'onvoiiaft placer chaque tuyau , appfiquer une soupape sur cbacmi des trous,afin de pouvoir ouvrir.etfermerrouvertuce des tuyaux, et y Caire entrer ou en cliastar Fair àvolonté. On ne doute pas ipieiees expéiiences n'aient été faites à de^ époques différent tes, puisqu'il s'en trouve des preuves non seulement dans des descriptions, mais encore dans les sculptures d'instruments Tome n. 9

iSO ORG

ée musique^ conoervées comiiie momimeiits précieux de Part.

Mais les perfectionnemenU apportés successivement dans la eonstracten dé l'orgue , ne se sont opérés qu'avec le temps H non sans beaucoup de travail; peu à peu on corrigea les défautsde diflérontes manières^ puis on compara les méthodes pour choisir dans le nombre la meilleure et la plus convenable. Plusieurs siècles s'écoulèrent, pendant lesquels on rechercha un procédé pour faire entrer Tair dans les tufaux; on employa des jets d'eau, acquedùcs^ pompes, la vapeur, tes soufflets de toutes sortes , enfin on préféra les soufflets ■ws par la force de Teau ou par des hommes.

L'usage de moyens si difiérents pour introduire l'air dans les tuyaux^ donna l'idée à nos devanciers de distinguer deux espèces principales d'orgues, hidtauiique et jnuuntaiiiqme. Mais cette division n'est pas juste. Les tuyaux ne peuvent pas résonner sans air : que cet air soit introduit par la force d6 Tean, ou par celle des hommes, ou par quelque moteur que ce soit, peu importe, puisque le but de ces moyens est toujours le même, et ne diffère qu'en ce que les uns valent mieux que les autres. C'est à cause de cela et des nombreuses significations du mot organum, qu'on a interprété si souvent d'on^ manière si fausse, qu'il règne une si i;rande confusion dans rhistoire de cet important instrument (Voyez d-deasus). Loi^a'on trouvait dans un ancien auteur le mot argana, on faisait aussitôt allusion à nos orgues, au Heu de rendre cette expression par celles de plusieurs instruments. Les mots : eantantiéus orgwni»^ dans la vie de sainte Gédle (quisfgnl* fient au sondeêinstruments), tarent interprétés dans le sens de nos orgues, et l'invention en M attribuée à œtte sainte. Que n'a-t-on pas écrit sur la magnificence des orgues des Hébreux , des Grecs et des Romains ? Cependant, en examinant la chose de plus près, et en consultant ptasieurs notices et.descripitons, on voit bien que l'on avaltetqae Ton pouvait avoir depuis longHtemps une espèce d'instrument composé

de ttf «n 9 maiS' d'une qnattté et d'oD urfcaulsme tout à fiitt dtfféreniB des orgues des siècles^ poslérieiurs.

Il parait ^'il n'a pas existé d'orgue véittable^dans les sept premiers siècles de l'ère cbrétienBe. Tout ce. «fn^on lit. dans la description de l'orgue ^tUen^ au iv* siècle ( ¥oy. IHicànge^ Giass. m^ , tt inf. tatin., moicrgunum) ^et dans ladeBCtip«> Uûn bite par Gasaiodore dans-son commemaire sur le psaume 150, n'arien decommun avec nos orgues» PiatiBa,daBBles Tics des PontiCes romains, dit que Yitatten I"* a introduit l'œage de l'orgue dansl'église cbréflenne, en ajoutant cependant: 0I quidam tM^iifU,ce qui veuldire qu'il ne le donne pas pourcertain. Nous: avons, en outre, fait observer au commence* ment de cet article, que le moiarganum signifiait quelque in* stniment de musique que ce fût L'usage de l'orgue à cette ^loqaen'est pas plus prouvé par les vers connus de Mantouanr

SiffmiusadjtmœiiinollieomfUiiarMtanù Organa , fM» f»$H$ rêsomat aà sacra dielnu.

oer>cetle dtaHon a été dénaturée.

le mot $igmusue se trouve pas dans Mantouan, qdi cqm*: menée ses vers de ia manière suivante : Àdjunxm^ eêiam tn&éH, etc. Il est donc évident que le mot aiyana signifie ici des kistrumcnls en métal fonân^

D'après quelques auteurs, l'orgue te plus ancien dont il est fiiit mentiM daas.riiistoire est celuique l'empereur Gonstan- «in Gopronyme envoya^ en 757, à Pépin, père de Cbarle* magne. Void ce qu'on troive à ce si^et dans les annales^ é'fginard : Catutmmimis imfferator Pijrini rej^i triuUm mitk muneta, mterque et Organa fuœ ad €um in 9Wfkp€ndio viUa pervtnenmt, uU $unc jMpuUsui ge- Hôraiem eanvenihim ha/bviL > {DegMU Fi/nni Régi» €ul al». 757). Il parait que cet ovgue a été placé dans l'église deSalat^Goiiieille, à Gonpiègne.

D'autres prétendent que le mot Organa j dont parle* l^ard 4ans ce passage, doit se nMdre par plosf enr» instra*

mieiits, et que si quelques historiens postériewrs comprirent par ce mot ud orgue véritable, ce ne peut être qu'un équl-^ voque. Marianus Scottus, dans sa Chronique ûd an. 756 {imPisiariiSS. ter. Qermaniear., 1 1» p. 236), se permet de snbstftuer le pluri^ au singulier, et de mettre arganum au Heu &&rgana, en ajoutant que ce fut le premier apporté en France. « Jtmo 756 organum primitus venii i$i Frànoiam , mûatim Piffino régi a Canstamtino impe-» ratcre de Grœcia, Âventin, (dans ses Annales bavaroises^ liv. S, p. 300, édition d'Ingolstadt, 1554) » donne même les détails de cette mission, ainsi que de l'orgue ; il semble, ce* pendant, qu'il ait imaginé un orgue tel qu'il en existait de son temps, où les pédales étaient déjà fanventées.

Dès le règne de Gbarlemagne, on prétend qu'il vint dos orgues de Grèce en Occident Le moine de Saint Gallj que l'on croit être Notker Balbulus, en parle au livre 2, dereôus heUicis Caroti, M. n. 10. Mais la description qu'il en fait est aussi exagérée que le sont celles des siècles antérieun, lesquelles, ea examinant les choses de près, ont pour ol^et des instruments insignifiants. U est facUe de se convahicre ûie l'exagératioB de cet auteur dans un autre passage du Mvre l*', n'^âO du même ouvrage, où il raconte que Gharlemagae, pour déployersa magnificence, fit accompagner les convives d'une grande fête jusque chex eux, par ses dianteurs etaes meHleim jouem-s d'instruments > ajoutant : De ^fuarum voeiiuê e# êonitu fbriisrima carda maUeecunt, ei iifuidiuknm Rhéni fluenta durescunti.»*é La description poétique d'im orgue, faite par Walafrid Stralus, est également exagérée; diaprés lui cet orgue existait au ix- siècle , dans l'église d'AIx^ Ift-GhapeUe. Cet auteur va jusqu'à attribuer la mort d'une femme à ses beaux sons. Un excellent auteur moderne, M"*de Genlis, parle, au quatorzième chapitre du tome n de son ouvrage intitulé : Les Chevaliers du Cygne, ou ia Cour de CéarUmagne, de l'originede l'oDgue. Le rédt de cet au(ear

OHG IM

proiifeqQ'ttaiVleiiisa an^éder la véradtéées htotoviaiis^du nofte-âgs que beaacoopcl'aatroftllttâratem. n est vrai que madame de Genlto parle amsi de la menrelUense dIsposIMa de l'orgue et de ses effets ravissants 4 cependant elle ^salt Inpoeèrà «m- rédt les bornes prescrites par la nalm« et la pobablttté, en dtsaatqae oet Instrament était tfabevd si petit, qu'il tenait dans une armoire placée près d'une^A^ nétne, et qu'on pbuvait facilement transporter d'un lltu^à un antre; Toigue construit par Glabr, et expédié à Gharlemagne par le caHfe de Bagdad, était fait eànai. t

On trouve également, après l'époque de Oharlemagne, mie iioticesnrrorgue^danslesannalesd'Ëginard,^ GesUs lAêtUhviei Più Imp. ad an* 826. Un prôtre, nommé Grégoire^ de Venise, vint à la cour deLouis-le-Pieux, se vantant du pouvoir de construire un orgue. L'empereur l'envoya à Âix-la-caïapelle, avec autorisation de demander tout ce qui lui serait nécessaire pour la fabrication de cet instrument. Ermoldos Nigellus, bistorlendu ir siècle, qui a décrit les actions mémo'vablesde Louis^le-Pleux dans un poème élégiaque , que l'on trouve dans les annales d'Italie , par Muratori, en 836 , fUt mention de cet orgue, que fiedos de Celles a cru hydraulique (Yoy. i^art du faeiewr d'orgue, U* jmrPU). ^

Il est il remarquer que les Allemands avaient d^ construit des orgues dans ce même siècle. Au livre I**, pag. Z|90 , â«s MIscellaDéesde Baluse,ontrouveune lettre du pape JeanVIH à févéque Annius de Freysing, dans les états de Bavière, par laqneUeil le prie de lui envoyer un très bon orgue et un autiste capable d'en jouer et d'en construire d'autres. Prceamur autem, ut aptissimum crganum cum artifice, qui hae moderari et faeerc ad ûmnent maduiatianis ef^oaéiam poseêt, ad ingtruâHenemtnusieœdiscifUiitœ no&iê a%U déferas , aut cum dsdem reditHus mittas. *

* Zarlln» dani ses SuppUmetUs éêMuiiquf, liv. VUir p. S80, pirlo

Page 1