‹ Dictionnaire de musique; (volume 3)Chapitre 9 sur 183 · LUD 2S · texte numérisé non relu

LUD 2S

myiîètùs et les nwraiUée ; en Kspagne les autos sacramenuUes; en Angleterre \e!& mysUries ^ niorai ptays, maraiUiêê; en Allemagne Ils étsdetA en usage dès l'année MO. Mais^ en général^ la plv grande partie de ces représentations spirttoelles on mystères étaient un mélange des plus détes-* tables absurdités 5 et souvent de vrais blaspiiémes.

Il Y avait en France une auire espèce de spectacles spirituels dits : Fête de» Fau$ et de i* Ane, d'une telle extravagance, que Ton ne conçoit pas qu'on ait pu en souffrir les représentations dans l'église; cependant ils ont continué jusqu'au xv* siècle.

On trouve à ce sujet» * à la Bibliothèque royale de Paris , un livre manuscrit (format in-12, n* 1551 ) , dans lequel est noté l'office de la fête de& Fous, tel qu'on le chantait à l'église de Sens le Jour de la CirconcislM , sons ce titre : Offldum HuUerum ad usum meirapoieosaepriinaHadis eceUriae Senonensis. Une iostÉ*uetion placée à la tête du livre porte <pMi cet ofice a été composé par Pierre de Gorbolio, archevêque de Sens, an temps du pape Sonore III, et que le livre a été transcrit sur celui qui se conserve dans les archives du chapitre de Sens, et dont la couverture est en ivoire.

Selon Moreri , une lettre circulaire des docteurs en théologie de la facuké de Paris, envoyée en ilM à tous les pr4Kats de France, pour les engager à aboUr cette fête, nousi^prend que ks ctanes et les pittres créaient un évéque ou ui^ pape qn'ik appelaient l'évéque on ie pape des Fous, entraient dans Véf^et, les mis habillés eu teunes, d'auMs en bonfftms, ou masqués de différentes manières, dansaient dans la nef et même dans le choeur, en chantant des chansons dissolues et faisant mille ioUes même à côté de l'autel pendant la céKbratlmi de la masse. Ce n'était pas seulement dans les cathédrales et Iss collégiales qu'on faisait ainsi la fête des Fous,

* AJsoté par le Tt Adueteur.

celle impiété avait passé dans les monastères de i'on et de l'autre sexe.

Noos apprenons de la plainte que Neuré écrivit à Gassendi en i6Zi5 , sur les coutumes abusives qui se pratiquaient à Aix le Jour de la Fête-Dieu à la procession du saint-sacrement , qu'en certains monastères de Provence on célébrait la fête des Innocents avec des cérémonies aussi impertinentes et aussi folles qu'autrefois dans les solennités des faux dieux.

< Ni les religieux prêtres ^ ni les gardiens ne vont point au choeur ce jour-là. Les frères laïques» les frères coupe-chou, qui vont à la quêle , ceux qui travaillent à la cuisine , les marmitons y ceux qui font le jardin, occupent leurs places dans l'église , et disent qu'ils font l'office convenable à une telle fête lorsqu'ils font les fous et les furieux. Ils se revêtent d'ornements sacerdotaux, mais tout déchirés, s'ils en trouvent, et tournés à l'envers. Ds tiennent dans leurs mains des livres renversés et à rebours, où ils font semblant de lire avec des lunettes dont ils ont ôté le verre, et auxquelles ils ont agencé des écorces d'orange» ce qui les rend si difformes et si épouvantables, qu'il faut l'avoir vu pour le croire; surtout après qu'ayant soufflé dans les encensoirs qu'ils tiennent en leurs mains et qu'ils remuent par dérision, ils se sont fait voler de la cendre au visage et s'en sont couvert la tête les uns des autres. Dans cet équipage , ils ne chantent ni des hymnes, ni des psaumes , ni des messes à l'ordinabre , mais ils marmotent certains mots confus , et poussent des cris aussi fous, aussi désagréables et aussi discordants que ceux d'une troupe de pourceaux qui grondent; de sorte que les bêtes brutes ne feraient pas mohis bien qu'eux l'office de ce jour. »

Quant à la fête de l'Ane, c'était une cérémonie qui se fidsait anciennement dans la cathédrale de Rouen le jour de NoëL Des ecclésiastiques choisis représentaient dans une procession les prophètes qui avaient prédit la naissance du messie. Balaam y paraissait monté sur une ânesse, et c'est ce

qui avait donné le nom de celte IBte. Outre jes prophètes qui ont parlé de la naissance du messie ^ on voyait lencore dans cette cérémonie , non seulement Zacharie , sainte Elisabeth , saint Jean-Baptiste 9 le vieillard Siméon, mais encore la çibylle Erythrée et le poète Virgile , à cause d'un passage de la quatrième églogue qu'on croyait regarder la sainte Vierge. Chaque acteur récitait son passage^ et l'on terminait la cérémonie par un motet» où les personnages se réunissaient tous en chœur.

On peut croire que la fête de l'Ane devait être plus ancienne que celle des Fous, puisqu'on trouve dans l'office de celleci une prose de l'âne, qui se chantait avant le DetM in adjthtarium. Le livre dont nous avons parlé commence par une antienne qui précédait la prose» et qu'on chantait à la porte de l'église {injanuis tccUsiœ). Cette antie^ne, qui était une invitation à la joie, finit par ces paroles remarquables : sku hodie proeul invu^iœ, procut omnia mœsta; iœta valv/nt quicumque coUmt asmaria festa. Vient ensuite la prose de l'âne.

Mais rien n'est plus curieux que ce qui se disait ensuite en entrant dans l'église avec cet âne honoré d'une chape.

Voici la rubrique : Conductus ad tahulam. Suivent les paroles : *

OrlenUs parUbus Adventavit aslniu Pttlcher et forllMioius SarctnU aptissimas.

Hé!fireAne,hér*

' DaD8 le secoDd registre de l'église cathédrale d*Autun du secrétaire EoUrtt 9 qui commence en 1411 et finit en 1416 , Il se voit qo'A la fdte des Foos, foUortim, on conduisait un âne, et que Ton chantait : Hé, iir& âne, hé,hé!ti que plosienrs allaient à Téglise déguisés et avec des hablU grotesques , ce qui Ait alors aboli et abrogé.

'* Celait apparemment comme le refrain.

Hic in oolUbus sic$€n Enulrllus sub Ruben , Transit per Jordanem , Saint In Bethléem.

H4, lire Ane. hé!

SaUn TincU binnuloi , Dagmas * et capreolos , Super droroedarios Velox Madianeos.

Hé, sire Ane. hé!

Auram de Arahia , Thus et mjrrbaHi de Saba Tutit in ecclesia Yfrius aslnaria.

Hé. sire Ane. hé!

Du» uahiA vahleala Mulu cttm sarcifuila .

Illius roandlbuJa Dura terit pabnia.

Hé , sire Ane , hé !

Cam Aristia bordeum Gomedit etcardnam , Trfticum a palea Segregat in area.

Hé , sire Ane « hé !

Amen dicas , asine .

Jam satur ei gramine .

Amen , amen itéra , Aspemare fitera.

Hé. sire Ane, hé!

Leda tabula ^ incipit sacerdos^ Deus in adjutarium nastrum ini&nde, etc. *^

' C'est Damas.

*' Eneyc. PU. de la Mus.

MAA ^ Î7

On peut volf , pour de plus amples uottoes sur la ftu dt$ Fou$ a de VAne , Oucange , Gioa$. med. et inf. Latin, voiù. Jtaienda, et Fonvrag^ intitulé : Mémoire$ jHmr servir à Vhfistaire de ia ffie de$ Fims, qui «e fadiOiU avitrefois dam fiHuritturs église»» par -M. de TUlot, en

Ua représentatiops ttoéfttrales tirèrent cependant leur oiigiue de celles dont noua yeuQUst de parler, ainsi que les •%-* torio^ de S9i«( piiillH^ de Néii» qui furent mis en vogue par 1(^ poésies d' Apostolo Zeno et d^ Métastase^ et qui furent composés par les pliis célèbres compositeurs d'Italie , par Haodel ep Aiigl^terre^ et pv Haydn en Allemagne.

LUNDU ou LANDU. -^ Danse portugaise dont le chant est en mesure à â 14 ou à 2 12, avec deux reprises de huit mesures chacune et d'un mouvement lent modéré.

LUGUBRE = LUGUBRE, adj. — Mot qui exprime la tristesse. Aussi on dit une marche lugubre, un chant lugubre, qne l'on confond quelquefois avec marche funèbre, chant funèbre.

H. — - Oo se sert de cette lettre en musique comme abréviation du mot mez^, et souvent on écrit mf. pour mezza

MA. — • (Voy. Solmisaziane).

MAANIM on MINAGHEGHIM {tympanon à boules). — Ancien instrument des Hébreux, qui consistait en un corps cylindrique auquel était attachée une file de boules.

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