‹ Dictionnaire de musique; (volume 3)Chapitre 93 sur 183 · RON · texte numérisé non relu

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dcale appartient aui temps des papes, à cette époque surtant à laquelle des couvents commençaient à s'élever, et où Ton sentait tous les Jours le besoin d'une réforme dans cet art , attendu que la musique formait une partie principale du culte divin.

ROMANZA == ROMANCE, s. f — Air d'un caractère simple , mélancolique» touchant, chanté sur un petit poème du même nom , dont le sujet et pour Tordinatre quelque histoire amoureuse et souvent tragique.

Le domaine de la romance s'est prodigieusement accru de nos jours : elle a maintenant tous les caractères et prend tous les tons. Paris fourmille en ce moment de fabricateurs de romances.

On donne aussi le nom de ramwnce à un morceau de musique instrumentale , qui dans sa forme ressemble aux rondeaux. 11 est ordinairement d'un caractère romantique et s'exécute avec un mouvement lent

RONPO = RONDEAU, s. m. — Sorte d'ahr à deux ou plusieurs reprises, et dont la forme est telle, qu'après avoir fini la seconde reprise on reprend la première, et ain^ de suite revenant touyours et finissant par cette même première reprise , par laquelle on a commencé. Pour cela on doit tellement conduire la modulation, que la fin de la première reprise convienne au commencement de toutes les autres, et que la fin de toutes les autres convienne au commencement de la première.

On demande avec raison que le thème du rondeau ait un caractère de nouveauté , et soit d'une beauté et d'un charme particuliers afin qu'il puisse mériter l'honneur de cette répétition conthiuelle. Il y a cependant dans les symphonies de

de Mtisiea. Aa contraire, dans le troisième chapitre du quatrième livre de cet ouvrage, ayant pour titre : Musicarum per grœccu kuifuu notarum nuncupatio {dêseripHo), on ne trouve pas de signes romains , mais bien des signes grecs eipliqués par des mots latins.

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BâjAi^ des roDâeaax dont les diêmes dans leur répétition paraissent toiqoirs pins beaux et pins nouveaux ^ quoiqu'ils ne portent pas le cachet d'une nouveauté et beauté surprenantes ; mais quel effet magique ne savait pas produire Haydn dans les choses même les plus triviales? Ses rondeaux sont des modèles d'une perfection désespérante pour tous ceux qui s'efforcent de les Imiter.

RONGO ou PONGO. — Espèce de cor de chasse en usage chez les Africains et surtout ches les naturels de Loango. Le diamètre de son pavillon n'a que deux pouces; on en fait dans différents tons, plus ou moins aigus; ces cors sont tous en ivoire.

ROSA — ROSE yS. f — Nom que l'on donne à l'ouverture circulaire pratiquée sur la table des théorbcs, des luths, des guitares, etc.

ROSALIA s= ROSALIE, s. f. ~ C'est le nom d'une phrase répétée plusieurs fois, en montant chaque fois d'un degré. Autrefois on en faisait un grand abus , mais le bon goût a banni ces répétitions défectueuses et trop facQes à prévoir, et aujourd'hui on en souffre deux tout au plus.

ROTA, s. f. — C'est ainsi qu'on appelait autrefois le canon, probablement parce qu'on l'exécutait en chantant successivement les uns après les autres (Yoy. l'art Memutieri),

ROVESao , A ROVESCIO (à la renverse). — On emploie cette expression pour hddiquer ces passages qui, après les avoir exécutés dans l'ordre dans lequel ils sont écrits, se Jouent de la lin an commencement , c'est-à-dire à partir de la dernière mesure jusqu'à la première.

Dans une symphonie de Haydn on trouve un menuet et un trio dont les premières parties s'exécutent deux fois comme à l'ordhiaire, et puis deux fois à partir de la fin jusqu'au commencement , ce qui forme leurs secondes parties.

RUNA, i. f. — C'est le nom d'une mélodie qui dès les temps les plus reculé* est en usage eil Finlande. La runa est TOME n. 16

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ordinairement composée pour un instrument appelé harjm, qui imite imparfaitement l'ancienne cithare des Grecs. Le harpu est monté de cinq cordes en métal , accordées en 4a mineur , ton favori^ des peuples du Nord ^ et ces cinq cordes constituent les cinq sons sur lesquels roulent cette mélodie qu'on chante et joue en mesure à 5/4. D'après cela il est évident que pour jouer du harpu on ne se sert pas de la main gauche , comme pour le violon ou la guitare ; on peut en outre avoir une idée de Funiformité de cette mélodie, si l'on considère qu'elle n'a que deux mesures.

RUSSIÀ :== RUSSIE (notice historique sur la musique en). — Parmi les peuples qui s'occupent de musique , et qui abondent en chants nationaux , on doit sans aucun doute placer la Russie. Là, l'artisan 5 le marinier, le soldat dans la marche , l'agriculteur, le postillon, le voiturier, enfin toute la population chante en se livrant à ses divers travaux.

L'origine de la musique d'église en Russie remonte au pape Grégoire-le-Grand, en 580; elle consiste en quatre parties chantantes, lesquelles sont souvent doublées. Les signes représentant les notes sont écrits en partie sur des lignes et en partie sans lignes, sous les paroles ; celles-ci sont en prose, tirées de S. J. Damascène et autres pères de l'Église. Dans la chapelle de la cour, on se sert de notes modernes. Le culte divin est célébré ordinairement par deux ou trois djatschki, (chanteurs d'église) à la chapeUe impériale; cependant il y a des chœurs réguliers de dix à vingt chanteors qui, principalement sous le règne de l'impératrice Elisabeth , exécutaient les motets les plus difficiles avec la plus grande précision. Os se perfectionnèrent encore sous Catherine n, qui préférait le style moderne. En 1768, la chapeUe Impériale comptait quhize soprani, treize cantratti, treize ténors et douze basses. La chapelle fut dirigée successivement par Manfiredhd et Galuppi , compositeurs italiens ; on y exécuta toutes leurs compositions , ainsi que celles de Beresosky>

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natif de l'Ukraine. Lorsque Galuppi ontendlt pour la première fois la musique d'église exécutée dans la chapelle de la cour à Saint-Pétersbourg , il avoua qu'U n'avait Jamais entendu de cbœurs aussi parfaits en Italie. En 1768 il fit exécuter sur la scène impériale son opéra d*Ifigenia in Tauride, dans lequel on entendit dix chœurs différents.

Outre leurs chants populaires, les Russes ont différents instruments nationaux , dont plusieurs paraissent être d'une origine très reculée; parmi ceux-ci sont l^paiidora, le guHiy le gudoky la paiaiaika, le duttca ou sehweran , et la waiinka ou wainika (Voy. ces mots).

Pendant que Pierre-le-^rand fut sur le trône , ses réformes s'étendirent jusque sur la musique ; U fit venir d'Allemagne toutes sortes d'histniments, institua une compagnie de jeunes Russes destinés à apprendre la musique, encourageant principalement la musique militaire.

En 1720, le duc Charles-UMc de Holstein Gottorp amena à Saint-Pétersbourg sa chapelle et sa musique de chambre allemande. Pierre-le-Grand assistait souvent à ses concerts, et faisait jouer les musiciens à sa cour presque toutes les semaines. En 1721, ce môme orchestre se fit entendre publiquement dans les fêtes données à l'occasion de la paix de Moscou. Beaucoup de jeunes Russes prirent des leçons de ces artistes allemands, et lorsque le duc retourna chez lui, les meilleurs sujets de sa chapelle furent engagés au service de Catherine P*. Pierre-le-Grand apprit d'eux à jouer du violoncelle, comme il apprit l'escrime du fameux Riedel le Saxon.

L'impératrice Anne porta sur le trOne le goût de la musique. Dans les premières années de son règne, en 1737, Araja, compositeur napolitain, mit en scène le premier opéra italien qui ait été exécuté en Russie , hdtitulé : Abijazare, et l'année suivante, Sùmitamide.

Après la mort de l'impératrice Anne, en 17 AO, lorsque J. Alb. Ristori de Bologne était maître de chapelle à la cour

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de Russie^ Piantanida et Beligradoki (de FUkraine) se rendirent à Dresde. Âraja partit pour l'Italie, d'où il ramena, en 1742, par ordre de la nouyeHe impératrice Elisabeth , le so* prano Saletti , qui avait chanté avec Farinelli en £sp2^e, le liautbois Stazzi, les violoi^i^tes Tito, Passarini, Vocari, etc. On exécuta pour le couronnement ia Citmet^a di Tito, de Basse, avec un dialogue en musique composé par Dominique Dali' OgUo, et qui avait pour titre : La RtuHa afflitta t ricanoscenU. Le nouveau théâtre de Moscou contenait cinq miljie sp^ateurs ; |a^ chœurs étaient composés de cinquante individus.

Sous le règne d'Elisabeth, dans vingt années qui forment une brillante époque pour la musique russe, Âraja composa un ppéra presque chaque année. Pour les fêtes données lors de la paix avec la Suède en 1764, on exécuta le nouvel opéra de Beiierofonu. Dans le même temps, le maître de concert Hadonis publia à Saint-Pétersbourg six nouveaux concertos de violon , et Dominique Dali' Oglio six symphonies, n parut ensuite plusieurs airs et chansons russes de Sumarkoff, Telagin et autres poètes nationaux, qui avaient été mises en musique par le conseiller Grégoire Tépiov. Le comte Rasumowsky forma dans son palais une chapelle de cinquante musiciens russes, qui se flrent entendre pour la prendère fois, en 1753, ^ Moscou.

Ce fut dans cette année qu'on fit,ei^ présence delaconr,répreuve des fameux cors russes. Le chanteur Gawrila se fit aussi alors une brillante réputation. L'impératrice ayant conçu l'idée de faire exécuter un opéra en langue russe, Sumarkoff fit les paroles de Céphai et Procris; Araja les mit en musique, et cet opéra fut exécuté avec un grand succès dans le carnaval de 1755 , parles chanteurs russes Belgradiski,Gawrila^ Marzenkowitz, Giariluska, et la cour en fut extrêmement satisfaite.

Après Saletti, qui retourna dans sa patrie comblé de biens, 01^ eut en Russie le fameux Carestini, qui ne quitta 1^ Russie

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